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Disquaire : un passionné de musique avant tout

 | par La rédaction de  LSA

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Fervents connaisseurs, au fait de l'actualité musicale, les disquaires combinent des compétences de gestionnaire et le sens du contact pour faire découvrir les talents au grand public.


Alors que les ventes de CD, prises en cisailles entre la concurrence des nouveaux loisirs et la montée du piratage, ont chuté de 40% en quatre ans, parler sans trémolos du métier de disquaire relève de la gageure ! Non protégés comme les libraires par une loi assurant un prix de vente unique, les disquaires indépendants ont quasiment disparu du paysage. Aujourd'hui, les rayons musique des enseignes spécialisées souffrent à leur tour.

Pourtant, «il y a encore de la place pour des professionnels, véritables maillons entre les producteurs de musique et le public, capables de susciter l'envie de découvrir un disque », estime Dominique Demosthène, directeur de lamusique de Virgin Stores et professionnel du secteur depuis vingt-cinq ans.

Inquiets mais heureux

Une chose est sûre, si l'avenir des disquaires ne s'annonce pas sans nuage, ce métier rassemble des gens heureux.Dans un monde du travail souvent morose, c'est assez rare pour mériter d'être signalé! «Les disquaires sont avant tout des passionnés, note Benoît Coutaz, directeur du département musique de Harmonia Mundi (44 boutiques aujourd'hui). Ils se sont formés souvent seuls, à l'écoute et sur le terrain.»

Car, faute de débouchés suffisants peut-être, il n'existe pas ou très peu de formation spécifique. L'Institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm), au Mans, prépare à des BEP, des Bacs professionnels et même des BTS spécialisés.Quelques instituts assurent des sessions de formation continue. Pas davantage. «Il n'y a pas de cursus classique, ajoute Dominique Demosthène. Ce métier constitue la preuve qu'une passion de gamin peut devenir une profession d'adulte. »

Après une école de commerce à Montpellier, lui a fait ses classes à Avignon, au rayon livres-disques-papeterie d'Auchan. À la Fnac, Jean-MarcLefevre, disquaire depuis vingt ans et fan de jazz, renchérit : «Les disquaires ont tous un lien affectif très fort avec la musique. Souvent, ils pratiquent euxmêmes, sont producteurs de petits labels indépendants ou promoteurs de spectacles.» Ce n'est pas Frédéric Lavaud, 34 ans, directeur du Mediastore du palais des congrès porte Maillot à Paris, qui le contredira : «À cinq ans, j'étais déjà fou de musique. Comme je n'étais qu'un musicien moyen, je me suis rapidement orienté vers le métier de disquaire et je me suis formédans ce but unique.»

Pour lui, ce sera un bac professionnel en alternance avec une formation chez Discobole, une enseigne de CD et jeux vidéo appartenant à l'époque au groupe BHV. «Sur le terrain, j'ai appris le métier à l'ancienne, sans informatique», se souvient-il.Car aimer la musique ne suffit pas.Un disquaire doit être curieux, toujours au faîte de l'actualité musicale pour connaître les catalogues et les nouveautés, savoir détecter leur potentiel. Le bouche à-oreille, le buzz, internet et les relations avec les producteurs constituent leurs principales sources d'informations.

Savoir vendre et gérer

Ce métier implique aussi des compétences rigoureuses en matière de gestion. «Il faut savoir exposer une offre très large, organiser les promotions et proposer une cohérence dans l'assortiment. Ce n'est pas facile, car certains disques ont peu de rotation mais appartiennent au patrimoine», note Dominique Demosthène, qui propose ainsi 100 000 références de disques au Virgin des Champs-Élysées.

Le Mediastore du palais des congrès s'est lancé dans un grand écart des plus originaux. «Nous sommes les premiers à proposer des bornes, qui permettent à nos clients de télécharger 500 000 références, explique Frédéric Lavaud. C'est un complément précieux aux 7500 références physiques présentées en rayons.»

Comme dans les autres métiers de la vente, les ruptures de stocks peuvent avoir des conséquences cruelles, surtout quand il s'agit d'une nouveauté fortement soutenue en communication, une évolution que certains regrettent. «On nous demande de plus en plus de savoir gérer et vendre, de moins en moins de conseiller le public», note Jean-Marc Lefevre.Cette dimension est pourtant essentielle dans le métier. «Le disquaire doit être en empathie avec le client pour savoir, au même titre qu'un libraire, l'accueillir, le renseigner, le conseiller. Son rôle de prescripteur est primordial», explique Benoît Coutaz.

Passion, curiosité, rigueur, empathie, les qualités requises sont nombreuses pour exercer un métier qui, de son côté, semble donner bien des satisfactions. Les évolutions du métier, non formatées à l'avance, peuvent être variées : au sein d'un magasin, d'une enseigne, au niveau régional ou national, en changeant de «bord», chez un producteur ou un éditeur.

L'enthousiasme mérite cependant d'être nuancé devant le peu de créations actuelles d'entreprises dans le secteur. Frédéric Lavaud se veut optimiste: « Le métier de disquaire va continuer d'évoluer, mais ne disparaîtra pas, car les consommateurs sont attachés au CD physique en tant que bel objet. L'avenir passera sans doute par le disque prolongé de bonus dématérialisés. »

Véronique Calon

L'essentiel de la fonction

La formation
> Les formations spécifiques sont rares. Il existe cependant:
? L'Institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm) au Mans : CAP, Bac professionnel spécialisation disquaire, BTS action commerciale spécialisation distribution musicale et disquaire
? L'Institut de formation des disquaires (IFD) à Épernay (51) : stages de formation continue
> Plus fréquemment, les disquaires ont une formation générale de vente et gestion associée à une forte culture personnelle de la musique et un apprentissage sur le terrain.

Les missions
> Selon l'ancienneté de la personne et le niveau de centralisation de l'entreprise:
? Connaître en amont toutes les sorties à venir.
? Construire l'assortiment: le disquaire dispose des catalogues des éditeurs qu'il rencontre régulièrement; il suit l'actualité, il doit avoir du «nez» pour estimer le potentiel d'un disque.
? Composer l'exposition du rayon de façon à ce que le client identifie facilement les segments, les promotions.
? Gérer les stocks.
? Conseiller la clientèle auprès de laquelle il doit avoir un vrai rôle de prescripteur.

Les salaires
> Pas de grilles précises. Les débutants commencent en général autour du Smic, 1 250 € bruts.
> À titre indicatif, à la Fnac, un disquaire avec vingt ans d'ancienneté gagne de 1 700 à 1 900 € nets par mois.

Les qualités requises
> Une réelle passion pour la musique et une culture discographique sans faille.
> Un goût réel pour l'actualité et les nouveautés, pour découvrir en amont les nouveaux courants.
> De la rigueur pour gérer une offre et les promotions nombreuses.
> Un sens inné du contact pour comprendre les attentes des clients et leur faire partager ses découvertes.

Les évolutions
> Passion oblige, les disquaires quittent peu le secteur.
? Ils peuvent progresser dans leur enseigne (responsable musique, directeur de département...).
? Certains passent du côté des producteurs pour vendre les catalogues.
? D'autres partent du côté des éditeurs où ils se chargent de faire vivre le fonds de catalogue et l'oeuvre d'un auteur.


Témoignage

Frédéric Lavaud
, 34 ans, directeur du Mediastore du palais des Congrès, Paris XVIIe : «Aujourd'hui, il y a peu de création d'entreprises de produits culturels, et notre métier devient évidemment plus difficile. La profession va continuer d'évoluer, mais le disquaire ne disparaîtra pas. Je suis persuadé que l'avenir de la musique passe par le produit physique complété par des bonus et des prolongements dématérialisés.»


©Lahcène Abib

Son CV

? 1990-1991 Bac professionnel vente en alternance avec un stage chez Discobole à Paris
? 1992 Vendeur chez MusicWay (ex-enseigne parisienne de CD et de jeux vidéo de BHV)
? 1993 Responsable adjoint de magasin chez Music Way
? 1996 Responsable du variétés internationales du BHV Rivoli
? 1999 Responsable du département variétés internationales de l'Extrapole de La Défense
? 2001 Responsable du département musique de l'Extrapole Paris Nord
? 2004 Directeur du Virgin Montparnasse
? 2006 Directeur du Mediastore du palais des congrès de Paris



 

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