emploipro.fr le site d’offres d’emploi professionnelles des magazines

L'argus de l'assurance L'usine nouvelle Lsa Neo restauration Le Moniteur

Egalité professionnelle : un net décalage entre le discours et les actions

Egalité professionnelle : un net décalage entre le discours et les actions
  • partager avec Facebook
  • partagez avec twitter
  • partager avec google +
  • partager par email
  • imprimer
75 % des entreprises interrogées par l’Apec estiment que l’égalité homme-femme au travail est un enjeu RH d’importance. Voilà pour le discours. Côté action, l’étude révèle que ces mêmes entreprises s’impliquent assez peu sur le sujet.

Il y a presque 30 ans, le 13 juillet 1983, Yvette Roudy faisait adopter à l’Assemblée nationale la 1 e loi sur l’égalité professionnelle. Sur le terrain, pas de grands changements. Alors, près de 20 ans après, en 2011, la loi de 1983 est renforcée. Dans les entreprises, on ne voit toujours rien venir. Quatre ans plus tard, une nouvelle loi sur l’égalité professionnelle est donc votée. Quels en sont les résultats ? C’est la question que se pose l’Apec dans une enquête menée en février 2012. Le bilan est loin d’être glorieux. Un net décalage entre le discours et les actions mises en œuvre persiste.

 

Les entreprises sont dans le déni

Ainsi 75 % des entreprises sondées reconnaissent l’égalité entre les hommes et les femmes au sein de l’entreprise comme un enjeu RH d’importance. 44 % estiment même que cette égalité peut rejaillir favorablement sur le climat social. 38 % admettent qu’elle aurait des conséquences bénéfiques sur l’implication des salariés. Seulement un quart d’entre elles pensent que cette égalité peut renforcer la performance économique. Elles admettent aussi bien volontiers, qu’il y a du chemin à faire, mais ailleurs, pas chez elles. Ainsi, seulement 17 % des entreprises estiment qu’en général, la situation est égalitaire entre les cadres, hommes et les femmes, en entreprise. Par contre, en leur demeure, 60 % des entreprises estiment que ce principe est appliqué chez elles. Pour les non cadres, on passe de 34 % à 73 %, lorsque l’on change le référentiel. « Ces écarts de perception – entre la situation dans les entreprises en général et celle dans sa propre entreprise – peuvent être attribué à des postures de déni » analyse l’Apec. Le mot est lancé.

Ce déni se lit dans la dichotomie entre le discours et les pratiques. 69 % des entreprises sont d’accord avec le fait que la mixité des emplois est toujours possible et qu’il s’agit d’une question de volonté. Et d’ailleurs, 75 % des entreprises sondés jugent aussi l’égalité professionnelle comme un enjeu RH important. Dans la pratique, la volonté et l’importance du sujet se fissurent. 36 % des établissements sondés déclarent avoir d’autres priorités. Et 20 % parlent même de sujet secondaire au regard de ce qui jalonne le quotidien des entreprises. Quand l’Apec pousse un peu plus loin le questionnement sur la hiérarchisation des enjeux RH, l’égalité professionnelle « arrive loin derrière les priorités de développement des compétences (recrutement externe, gestion de la mobilité interne, fidélisation…), celle des parcours professionnels et la gestion des seniors.

 

De faibles actions mises en place

Rare sont les entreprises niant, dans leurs discours, les stigmates de l’inégalité homme-femme. Plus des trois quarts (76 %) des établissements estiment la situation d’une femme cadre moins facile que celle d’un homme du même statut. 64 % des entreprises reconnaissent que les postes les plus élevés sont davantage occupés par des hommes. « La persistance d’un plafond de verre est aussi, parmi les inégalités, la plus volontairement admise » ajoute l’étude. Côté pratiques, maintenant, de faibles actions sont mises en œuvre pour pallier à ces inégalités. Le diagnostic d’abord, moins de 2/3 des entreprises a ainsi eu le courage de franchir cette 1 ère étape du combat pour l’égalité homme-femme. Seulement 28 % ont formalisé un diagnostic et signé un accord. Un peu plus d’un quart (26 %) sont couvertes par un accord de branche et un accord d’entreprises.

Toutefois, elles ne font pas rien non plus. Les trois quart des entreprises déclarent avoir agi dans au moins un des sept domaines concernés par la loi. Mais c’est à propos de la communication RH que les entreprises ont surtout agi. « Cet avancement peut s’expliquer à la fois par l’ancienneté de ce débat, la relative facilité de mise en œuvre et les enjeux afférant à l’image » explique l’Apec. Suivent l’accessibilité de la formation (mise en place par 46 % des entreprises sondées) et l’analyse individuelle des parcours professionnels (45 %). « En revanche, les mesures impliquant le plus les entreprises recueillent moins d’enthousiasme et sont d’ailleurs moins développées » note l’étude. Les horaires flexibles, le télétravail sont mis en place dans seulement 29 % des établissements.

Pire, certaines pratiques discriminatoires persistent. 13 % des entreprises interrogées admettent ainsi privilégier le recrutement d’un jeune homme plutôt qu’une jeune femme à compétences égales. « Même si les pratiques RH en faveur de l’égalité femmes-hommes progressent, de nombreux stéréotypes persistent et les actions menées ne s’inscrivent pas assez dans la durée. Aujourd’hui, les entreprises devraient pourtant prendre pleinement conscience que cette question est non seulement une obligation légale, mais aussi une priorité dans des domaines aussi variés que le recrutement, l’évolution professionnelle ou la rémunération, parce qu’elle est source de richesse et de créativité pour l’entreprise » conclut Marie-Françoise Leflon, présidente de l’Apec.

Lucile Chevalier

 

 

 

Partagez cet article

NEWSLETTER

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la newsletter !

GRATUITL'aéronautique recrute mais manque de candidats

Déposez votre cv et devenez visible des recruteurs

Je dépose mon cv
Suivez-nous sur Facebook !

5358 offres d’emploi en ligne

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
Fermer X