emploipro.fr le site d’offres d’emploi professionnelles des magazines

L'argus de l'assurance L'usine nouvelle Lsa Neo restauration Le Moniteur

Egalité salariale Encore un effort !

 | par Par Adrien Lafaix (Insa)

  • partager avec Facebook
  • partagez avec twitter
  • partager avec google +
  • partager par email
  • imprimer
Très rares sont les entreprises à avoir un comportement exemplaire en matière d'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Lors d'une conférence tripartite du 26 novembre, le gouvernement devrait mettre la pression sur les employeurs pour qu'ils passent enfin à l'action.

L'égalité salariale vaut bien une grand-messe. Le 26 novembre, Xavier Bertrand, le ministre du Travail, réunira les partenaires sociaux pour plancher sur les différences de rémunération entre les hommes et les femmes. Cette troisième conférence tripartite, après celles sur les conditions de travail et le pouvoir d'achat en octobre, sera l'occasion, pour le gouvernement, d'accentuer la pression sur les branches et les entreprises. Alors que la loi du 24 mars 2006 prévoyait la suppression des écarts salariaux d'ici à 2010, Xavier Bertrand devrait avancer l'échéance à 2009. Et rappeler que les employeurs n'ayant pas souscrit à cette obligation dans ce délai s'exposeront à des sanctions.

Il y a urgence. En dépit de plusieurs lois et d'un accord interprofessionnel, le bilan est encore maigre. Seuls 400 accords d'entreprise sur l'égalité professionnelle ont été signés en 2006. Et les écarts restent très significatifs : le salaire médian des hommes cadres est supérieur de 17% à celui des femmes. A compétence, poste et type d'entreprise identiques, la différence est encore de 7 %, selon une étude de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).

Certes, sous la pression syndicale ou pour soigner leur image, quelques branches et entreprises ont signé des accords. Mais nombre d'entre eux se contentent de minimiser l'impact - via des rattrapages - qu'une maternité peut avoir sur les évolutions de salaire et sur les perspectives de carrière. Un aspect relativement marginal.

des accords encore flous

Or, pour le reste - la résorption des écarts existants notamment -, les accords sont flous et relèvent plus de l'opération de sensibilisation que de véritables plans d'action. Illustration dans la branche métallurgie qui a signé, en juin 2007, un accord sur ce thème. La partie consacrée aux rémunérations est réduite à sa portion congrue. Elle prévoit l'élaboration d'un diagnostic par un expert sur les critères qui pèsent le plus sur les différences de salaire à partir d'un échantillon de 40 000 employés. Les entreprises de la branche, où les femmes ne représentent que 18 % des effectifs, sont encouragées à négocier pour minimiser l'effet des facteurs qui auront été retenus par l'expert.

Dans les entreprises, les plans d'action ne sont pas simples à mettre en oeuvre. Ainsi, chez Dassault Aviation, lorsqu'un accord a été signé en janvier 2007, les indicateurs permettant de mesurer les différences salariales injustifiées n'étaient pas encore connus ! « Toute la difficulté est de montrer qu'il n'y a aucune autre raison à un tel écart de salaire et que c'est une inégalité due au sexe », reconnaît Raymond Ducrest, le délégué syndical CFDT.

Seules quelques entreprises affichent clairement les moyens qu'elles engagent pour réduire les écarts. Par exemple, Electricité de Strasbourg ne s'est pas contentée de décliner l'accord de 2004 de la branche IEG (industries électriques et gazières) qui était « assez dépourvu de matière », selon Philippe Ruzzi, le délégué syndical CFE-CGC. Au contraire, dans l'entreprise, des indicateurs précis (taux d'augmentation de salaire et de promotion dans chaque collège notamment) ont été définis. La situation de chaque employé(e) peut ainsi être comparée à la moyenne. Efficace pour déceler les injustices ! L'écart de rémunération moyenne dans le collège cadres est ainsi passé de 26,5 % en 2003 à 21,3 % en 2006. Seul hic : l'accord d'Electricité de Strasbourg manque de précisions financières.

la parité d'ici à 2009

Ce n'est pas le cas de celui conclu par AXA en mars 2006, qui a reçu du gouvernement le label égalité, gage d'une politique paritaire exemplaire. Le plan de réduction de l'écart salarial entre hommes et femmes est prévu sur trois ans. Chaque année, l'étude de différents critères (ancienneté, âge, mé-tier...) permet d'établir une liste de femmes qui vont bénéficier d'une augmentation de « rattrapage ». Une enveloppe annuelle de 250 000 euros est allouée à ces compensations. « Si à la fin du plan, en 2008, la situation d'inégalité perdure, on remettra le sujet sur la table », explique Sabrina Roche, inspectrice commerciale chez AXA et déléguée syndicale CFE-CGC.

Ces accords exemplaires ne font, pour l'instant, guère d'émules parmi les employeurs. Et l'injonction gouvernementale de parvenir à la parité d'ici à 2009 ne devrait pas modifier en profondeur la situation. Pour Dominique Méda, chercheuse au Centre d'études de l'emploi, cette échéance n'est raisonnable que si l'Etat développe un accueil quantitatif des enfants en bas âge dans des structures adaptées, met en place un congé parental plus court, mais mieux rémunéré et partagé entre le père et la mère.

A l'heure où les mentalités ont évolué quant au travail des femmes, où celles-ci sont aussi bien formées que les hommes et souhaitent embrasser, pour beaucoup, de belles carrières, l'Etat a, entre ses mains, toutes les cartes pour rétablir l'équilibre. Reste à savoir s'il en aura la volonté en instaurant, dès le 26 novembre, des sanctions pour les entreprises qui ne respecteront pas les règles. Pas sûr. .

Partagez cet article

NEWSLETTER

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la newsletter !

GRATUITL'aéronautique recrute mais manque de candidats

Déposez votre cv et devenez visible des recruteurs

Je dépose mon cv
Suivez-nous sur Facebook !

9008 offres d’emploi en ligne

Fermer X