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Elodie, du commerce à la soudure sur sous-marin

 | par Marjorie Corcier

Elodie, du commerce à la soudure sur sous-marin
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A la faveur d’une formation emploi cofinancée par la région Normandie et Naval Group, Elodie Legendre, qui travaillait dans le commerce, s’est reconvertie dans l’industrie avec un métier hors du commun : soudeuse sur sous-marin à Cherbourg.

« Avant j’avais un emploi, aujourd’hui j’ai un métier ». Elodie Legendre ne quitte pas son sourire. De son nouveau métier justement elle pourrait en parler des heures, avec ses termes techniques et sa si grande spécificité.

 

Titulaire d’un BTS commerce et grande distribution, la jeune femme qui travaillait dans le commerce a tenté sa chance voici deux ans en postulant chez Naval Group, le leader européen du naval de défense, pour intégrer une formation en alternance de soudeuse. Une reconversion tout-de-même en terrain connu pour elle. Elodie a grandi dans le giron Naval Group avec un père peintre et un grand-père soudeur déjà sur les sous-marins. « J’ai été tellement fière quand j’ai intégré la formation en avril 2019 », raconte-t-elle. Durant huit mois, la jeune professionnelle a suivi un cursus théorique, en institut de soudure et pratique, sur le terrain à Cherbourg.

 

« L’objet industriel le plus complexe fait par l’homme »

 

Le site de Naval group de Cherbourg est l’unique site industriel en France entièrement dédié aux sous-marins. C’est de là qu’est sorti en avril dernier, le Suffren, sous-marin nucléaire d’attaque, préalablement inauguré par le Président de la République. Quatre-vingt dix-neuf mètres de long, 8,8m de large, 150 km de câbles, 70 000 appareils fonctionnels sur un seul de ces mastodontes.  « Le sous-marin, c’est l’objet industriel le plus complexe réalisé par l’homme », avance-t-on chez Naval Group. La preuve s’il en faut encore, dix ans sont nécessaires à la fabrication d’un sous-marin. En ce moment, cinq bâtiments de type Barracuda comme le Suffren sont en cours de construction à Cherbourg. Elodie travaille en ce moment sur le numéro 3, qui prendra la mer vers 2024.

 

Soudage à l’électrode enrobée, au TIG, au MAG… Elodie jongle avec la terminologie et intervient au quotidien sur la structure du sous-marin ainsi que sur divers éléments touchant à la coque. La nouvelle recrue travaille en 3x8. « Ce métier demande de la dextérité, de la patience. Il est important de comprendre ce qu’on fait, pour bien se préparer, se positionner. Ce n’est pas un métier physique au sens qu’il requiert de la force. Mais il fait appel à nos sens », confie Elodie Legendre.

 

300 à 350 recrutements par an chez Naval group à Cherbourg

 

Sur les quelque 5000 personnes officiant sur le site de Naval Group à Cherbourg, on recense une centaine de soudeurs. C’est là un métier clé du site, de par sa haute technicité, pour lequel la main d’œuvre manque cruellement, d’où ces formations en alternance, créée par Naval Group en partenariat avec la région. Le site de Cherbourg, qui doit construire d’ici quelques années la prochaine génération de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, recrute 300 à 350 nouveaux salariés chaque année depuis 2017. Faisant de Naval group le 2e employeur de ce territoire, après Orano (ex-Areva).

 

A son échelle, Elodie a convaincu trois de ses amies qui travaillaient aussi dans le commerce de tenter leur chance chez Naval group. « Les femmes pensent à tort que ce n’est pas pour elles, qu’elles n’ont pas la bonne formation. Pas besoin de CAP métallurgie ! Tout le monde a sa chance ! », salue la soudeuse.

 

La trentenaire se verrait bien évoluer vers le soudage sur de fortes épaisseurs. Discipline réservée aux soudeurs les plus aguerris. « je ne veux pas brûler les étapes, car il faut 5 ans pour devenir une soudeuse accomplie. J’ai envie aussi à mon tour de mateloter des nouveaux arrivants pour transmettre ma passion. Et pourquoi pas devenir la première femme chef d’équipe ! », glisse-t-elle, enthousiaste.

 

Au quotidien, Elodie Legendre aime se retrouver chaque jour au milieu de 400 corps de métier pour « voir grandir » son sous-marin. « On pense à la sécurité de nos marins, c’est leur vie dans nos mains », poursuit-elle avec humilité. Peu après son arrivée chez Naval Group, Elodie a assisté à l’inauguration du Suffren. Elle a vu les larmes de certains, attachés à ce bateau après 10 longues années de gestation. « Il n’y a pas que de la tôle, il y a aussi des sentiments dans les sous-marins », s’émeut la jeune professionnelle.

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