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Etudes d'ingénieur : comment ça se passe hors de nos frontières

 | par Maxime Amiot

Etudes d'ingénieur : comment ça se passe hors de nos frontières
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Les grandes écoles n'existent pas, en dehors de la France. Pas de classes préparatoires ni d'écoles réservées à une élite de forts en maths. Gros plan sur les systèmes allemand, américain et britannique.

Au Royaume-Uni Des études mais aussi de l'expérience

 

Deux ans pour se muscler !

James Waldron, 27 ans Ingénieur en systèmes d'information chez BAE Systems à Farnborough
Entré à l'université en 1999, James Waldron effectue son cursus en cinq ans : deux années à l'université, dix-huit mois de stage au sein du groupe de défense BAE Systems, puis un an à l'université de Loughborough où il décroche un master en systèmes d'information. « J'ai étudié les mathématiques, la physique, le management, la sociologie et les lan-gues », raconte-t-il. Le jeune homme sera particulièrement marqué par son stage chez BAE Systems. « Je suis passé par différents postes et j'ai eu l'opportunité de partir quelques semaines en Allemagne. » Une expérience internationale qui lui a permis d'être embauché par le groupe dès la fin de son master, en 2006. Il intègre un programme de formation de deux ans au cours duquel il tourne sur différentes activités : sécurité de pilotage, programmation, activités commerciales... Déjà, le jeune homme se voit accéder au titre prestigieux de "Chartered Engineer ": « D'ici à deux ou trois ans, je tenterai ma chance. Je dois muscler mon expérience ! » 
 

 

 

 

L'obtention du diplôme d'ingénieur se fait en deux étapes. Les étudiants doivent d'abord suivre un programme de formation de quatre à cinq ans, alternant deux années d'enseignement à l'université, une année de stage en entreprise, puis de nouveau une à deux années à l'université. Ils ont alors le titre de « Bachelor in Engineering » et peuvent poursuivre leurs études vers un master, voire un doctorat. Les frais d'inscription s'élèvent de 3 000 à 4 500 euros pour les trois premières années d'étude, et entre 6 000 et 7 000 euros pour un master ! Les familles dont les revenus annuels sont inférieurs à 36 000 euros peuvent obtenir un prêt sans intérêt de l'Etat. Un montant que l'étudiant ne remboursera que lorsque son salaire sera supérieur à 25 000 euros par an.
Certains vont plus loin dans leur formation et tentent d'obtenir le diplôme de « Chartered Engineer », véritable équivalent du titre français d'ingénieur. Le candidat ne peut espérer l'obtenir qu'après quatre à cinq ans d'expérience professionnelle, effectuées à des postes de responsabilité. La sélection se fait sur dossier et entretiens auprès d'anciens ingénieurs. Seules quelques associations d'ingénieurs sont habilitées à délivrer le titre.
En 2005, 99 000 étudiants préparaient un « Bachelor in Engineering », un chiffre stable depuis cinq ans. La filière se féminise : 18 % des étudiants sont des filles, contre 15 % il y a cinq ans. Principales spécialités suivies : l'électricité, la mécanique et le génie civil, au détriment de l'électronique, passée de 5 100 étudiants en 2001 à 3 300 en 2005. Au total, le nombre d'étudiants a augmenté de 12 % en cinq ans. Une hausse insuffisante pour maintenir les effectifs, malmenés par les départs en retraite : le pays ne compte que 267 000 ingénieurs, un chiffre en baisse de 9 % en dix ans. Il est obligé de faire appel à des ingénieurs étrangers, français notamment... .

En Allemagne Deux cursus possibles

 

Trois stages de six mois

Thilo Wigmann, 25 ans, Ingénieur en génie industriel chez Saint-Gobain à Aix-La-Chapelle
Internationales et professionnalisantes : c'est ainsi que Thilo Wigmann qualifie ses études d'ingénieur. Lors de son cursus de quatre ans en Fachhochschulen, à Wiesbaden, près de Francfort, le jeune homme opte pour la spécialité génie industriel et affaires internationales. « J'ai effectué un échange de six mois à l'université de sciences et technologies à Lille, puis un stage de six mois à Paris au sein du groupe Robert Bosch », raconte-t-il. De quoi le plonger rapidement dans l'univers professionnel, d'autant que Thilo, comme de nombreux étudiants allemands, travaille à côté de ses cours : « Je faisais entre 15 et 20 heures par semaine dans des grands groupes comme Siemens, pour enrichir mon expérience et financer mes études. » A l'issue de son cursus, le voilà embauché chez Saint-Gobain Allemagne, où il intègre un programme spécifique, appelé Trainee. Le principe : en un an et demi, le jeune diplômé effectue trois projets de six mois chacun, pour se former et découvrir l'entreprise. Après un premier poste en logistique, le jeune homme travaille actuellement chez Saint-Gobain Abrasives France, sur un projet de supply chain, avant de rejoindre la distribution du secteur bâtiment en Allemagne. Ce n'est qu'à la fin de cette formation que Thilo sera orienté vers son premier poste opérationnel.

 

 

 

 

Deux voies mènent au diplôme d'ingénieur : les universités et les Fachhochschulen. Les premières (88 établissements) proposent un enseignement étalé entre trois ans (durée minimale d'obtention du titre de bachelor) et huit ans (pour poursuivre jusqu'à un doctorat). Un système qui tend peu à peu à s'har-moniser avec le système LMD (licence-master-doctorat), en vigueur au niveau européen.
« A l'université, les enseignements sont avant tout théoriques », indique Dieter Leonhard, le président de l'Université franco-allemande. Les étudiants ne sont pas tenus d'effectuer des stages en entreprise. Autre particularité, le coût. Jusqu'à ces dernières années, les universités publiques allemandes ne demandaient aucun frais de scolarité. Elles se contentaient de facturer des « taxes sociales » correspondant aux dépenses inévitables (transport, restau-ration, résidence), soit 100 euros par an et par étudiant. Aujourd'hui, certains Länder ont fortement augmenté leurs droits d'inscription, par exemple 500 euros par semestre en Basse Saxe.
Seconde voie possible, les Fachhochschulen. Créés dans les années 1970, ces établis-sements publics ou privés connaissent actuellement un succès important : 420 000 étudiants inscrits. Plus de 32 % des ingénieurs allemands y ont effectué au moins une année d'étude. Le secret de cette réussite ? « Ces formations sont très adaptées au monde de l'entreprise », explique Dieter Leonhard. Regroupés en classes restreintes, les étudiants effectuent quatre années d'étude dans un cadre privilégié. Chaque élève doit en outre valider entre six mois et un an de stage en entreprise, selon les établissements.
Toutes formations confondues, les deux tiers des ingénieurs se répartissent sur trois grandes spé-cialités : l'électricité (25% des ingénieurs), la mécanique (22%), et le BTP (18%). Ce qui fait de l'Alle-magne, dotée de 648 500 ingénieurs, l'une des références mondiales du métier.

Aux Etats-Unis Très chère université !

Au pays de l'oncle Sam, point de salut hors de l'université ! Celle-ci constitue l'unique voie d'accès au diplôme d'ingénieur. Le cursus est de longue haleine : les impétrants doivent d'abord obtenir le diplôme de Bachelor, ou « Bachelor Degree Study », sanctionnant quatre années d'étude. Puis ils devront opter pour le master (deux ans en moyenne, les durées variant selon les Etats) de leur choix pour éventuellement poursuivre sur un Ph.D ou doctorat (deux ans en moyenne).
Ces études ont un coût élevé : sélectionnant leurs étudiants sur dossier, les universités n'hésitent pas à facturer des frais d'inscription importants. Un étudiant américain doit dépenser en moyenne 5 800 dollars pour quatre ans en université publique (+ 50 % en dix ans !) et 22 200 dollars en université privée ! Les établissements les plus réputés sont quant à eux hors de prix : 15 000 dollars par an à Berkeley, 25 000 dollars à Stanford. Conséquence : « Nombre d'étudiants effectuent leurs études à crédit », explique Roland Hérino, professeur attaché pour la science et la technologie au Consul général de France à Houston.
En 2006, près de 75 000 étudiants ont accédé au diplôme de Bachelor in Engineering. Plus de 39 000 ont décrochés un master et 8 300 un doctorat. A la sortie, les spécialités les plus courues sont la mécanique (16 000 ingénieurs), devant l'électricité (12 000), le génie civil (8 900) et l'informatique (5 000). De quoi élargir la vaste confrérie des 2 millions d'ingénieurs américains... .

 

Six ans sur les bancs

Richard Kamprath, 25 ans, Ingénieur en génie électrique chez Schlumberger à Houston
Il aura fallu six années à Richard Kamprath pour devenir ingénieur : quatre ans pour décrocher un Bachelor of Science, puis deux et demi pour obtenir un master de génie électrique à l'université Texas A & M, en 2007. « J'ai travaillé dur et acquis une base technique indispensable en sciences. Mais c'est le minimum. Pour moi, un bon ingénieur doit aussi avoir un bon relationnel, une capacité à communiquer ses idées à ses employés et à ses clients », affirme-t-il. Une conviction qu'il s'est forgée grâce à ses expériences professionnelles effectuées dans le cadre de l'université, via un stage de deux mois chez Dell, puis un voyage d'étude de trois mois en Allemagne. Ce parcours lui a permis d'être repéré par les recruteurs du groupe de services pétroliers Schlumberger, venus sur le site de l'université. « Après deux entretiens, j'étais embauché en tant qu'ingénieur électrique, spécialisé sur l'analyse d'outils d'imagerie à résonance magnétique. » Un poste d'expertise et d'encadrement, puisque le jeune homme a deux techniciens sous sa responsabilité.
 

 

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