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Finance La chasse est ouverte

 | par Céline Lacourcelle

Finance La chasse est ouverte
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Banquiers, assureurs et autres sociétés de gestion d'actifs s'arrachent les jeunes diplômés. Dans un secteur dont les process et les produits se complexifient, leurs compétences en mathématiques appliquées sont précieuses.

Plus de doute, les financiers chassent sur les terres des industriels ! Dans la course aux ingénieurs, ils deviennent des concurrents redoutables à l'heure où le marché de l'emploi se tend. Sur les quelque 2 000 personnes recrutées chaque année par Calyon (13 000 salariés), la banque de financement et d'investissement du Crédit agricole, 40 % sont des ingénieurs. A la Société générale (40 000 salariés), ce taux dépasse 20 %, tout comme chez Axa France. L'audit est également sur les rangs. Mazars (2 000 personnes) vise rapidement un quart de scientifiques, contre 10 % ces dernières années. Même ordre de grandeur chez Deloitte (5 000 salariés). Le dynamisme économique du secteur et l'accélération des départs en retraite, notamment dans les banques, accroissent les besoins. Et le nouveau pôle de compétitivité parisien Industrie financière devrait encore

Une denrée rare

- 1,7 % des jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs ont une spécialisation en finance, économie, gestion ou audit.
Source : CNISF, enquête 200
 

drainer des foules de matheux. L'objectif consistant à porter d'ici à dix ans la part de marché de la France en Europe de 11 à 20 %
Pourquoi un tel engouement alors que la finance privilégiait auparavant les diplômés des écoles de commerce ? Parce qu'elle est devenue une industrie à part entière, avec des process complexes qui requièrent autant des profils d'ingénieurs que de commerciaux. L'évolution concerne les banques, mais aussi les assurances ou encore les sociétés de gestion.
« Depuis quelques années, les instruments de mesure des marchés se développent. Ils exigent une modélisation de plus en plus forte et une approche scientifique », atteste Olivier Johanet, le président de la Française de placements, une société de gestion d'actifs indépendante (70 salariés). Les produits financiers, structurés ou dérivés, sont toujours plus sophistiqués. « Un ingénieur est capable d'appréhender des sujets nouveaux et de les aborder toujours avec la même méthode », observe Christophe Lemarié, le responsable gestion actions et diversifiés du Crédit agricole Asset Management. L'apparition de nouveaux instruments et l'élaboration de scénarios statistiques et de calculs de probabilités pointus pour gérer le risque de marché nécessitent aussi l'intervention de forts en maths. « Grâce à leur capacité d'abstraction, ils savent manipuler l'immatériel », s'enthousiasme David Obert, le directeur général de Systea (45 salariés), une société de gestion alternative positionnée sur les « hedge funds ».
Ils sont imbattables pour analyser, croiser, compiler et traiter, dans des délais records, une masse considérable de données. Une compétence

"C'est un univers où rien n'est figé, il faut toujours inventer"
Jérôme Barkate, diplômé de SupAéro en 2005 Analyste quantitatif au Crédit agricole Asset Management, à Paris

La passion de ce jeune homme de 27 ans ? Les maths et encore les maths ! « C'est ce qui m'a poussé à intégrer l'option finance à SupAéro. » Quand il découvre que le secteur financier offre des rémunérations de 15 à 20 % supérieures à celles de l'industrie, il se dit qu'il n'a pas fait le mauvais choix... Il persiste donc et s'inscrit à un master en probabilités statistiques à l'université de Toulouse. Avec ce cursus, il décroche facilement un stage au Crédit agricole Asset Management, qui débouchera sur un CDI en octobre 2005. Son quotidien ? Développer des outils d'aide à la décision pour les marchés, travailler à la construction de portefeuilles ou encore intervenir comme support méthodologique dans la gestion d'actions. « Dans la finance, on marche à l'intuition, on vit avec les chiffres. Rien n'est figé. Il y a toujours de nouveaux modèles à inventer. » La fonction lui plaît tellement qu'il prépare l'examen professionnel, le « Chartered Financial Analyst ». Histoire de compléter ses connaissances et d'ajouter une belle ligne sur son CV. Et pourquoi pas ensuite de postuler dans le temple des financiers, à la City ?

également précieuse avant une opération de fusion/acquisition ou une prise de participation. Pour Thierry Mageux, manager régional du cabinet de recrutement Robert Half International, les ingénieurs sont appréciés pour leur structure d'esprit : « Ils ont un sens aiguisé de la déduction et savent parfaitement poser les problèmes. » Olivier Johanet ajoute la rigueur de l'analyse doublée d'un esprit de précision « même si le métier exige d'être capable de tolérer les aléas ». Et ce n'est pas tout ! Les ingénieurs sont plébiscités car ils demeurent des techniciens, capables de parler le même langage et d'appréhender rapidement les problématiques des clients industriels. Un bon point pour les assureurs, les sociétés d'audit et les banques de financement de projets comme Dexia (33 000 salariés).

Une grande complémentarité
« Un SupAéro, qui fait un audit à la Snecma, comprend tout de suite la logique industrielle et ses conséquences financière et comptable », illustre Martin Huerre, le DRH France de Mazars. Enfin, les sociétés financières voient dans l'arrivée de ces nouvelles recrues un bon moyen de diversifier leurs équipes. « Les scientifiques ont un fonctionnement intellectuel différent de celui des élèves d'écoles de commerce. Cela crée une grande complémentarité qui coïncide avec la diversité de notre clientèle », avance Véronique Ménard, la directrice de la stratégie des ressources humaines en France d'Ernst et Young (5 000 salariés).

Les débutants sont les plus courtisés
Dans cette quête d'ingénieurs, le monde de la finance ne manque pas d'atouts pour séduire les candidats. Salaires moyens supérieurs à ceux de l'industrie (lire aussi page 78), image plus glamour, métiers attractifs, parcours variés et internationaux... Autant d'attraits qui font mouche. Les débutants sont les plus courtisés. Sur les 950 postes pourvus chaque année chez Ernst et Young, 85 % le sont par des juniors. Les jeunes diplômés représentent aussi 70 % des recrutements de Mazars. « L'audit est un métier qui se démarre à zéro. Des ingénieurs expérimentés seraient obligés de commencer au bas de l'échelle », explique Martin Huerre. A la sortie des écoles, les jeunes n'hésitent pas longtemps. Selon l'enquête emploi 2006 de l'Ecole des mines de Paris, 21 % des diplômés ont intégré le secteur conseil/audit et 8 % celui de la banque/finance/assurance. Il faut dire que les institutions financières ne ménagent pas leur peine pour se faire connaître sur les campus. Elles investissent forums d'écoles, associations d'anciens et amphis pour présenter leurs métiers. Et multiplient les opérations de sponsoring et les offres de stages.

Les banques ne lésinent pas sur les formations
Tous les grands établissements généralistes ont la cote. Les ingénieurs dotés d'une option finance acquise pendant leur cursus ou encore mieux ! d'un troisième cycle en finance sont évidemment les plus convoités. Calyon plébiscite les masters Banque et Finance de Dauphine et de Paris-I

Les « Frenchies » plébiscités à l'international
De la City à Wall Street en passant par Tokyo et Francfort, les grandes places financières mondiales s'arrachent les ingénieurs français. Logique, les écoles tricolores font autorité dans les mathématiques appliquées à la finance, et notamment dans la modélisation. « Un diplômé d'une grande école peut être embauché par des banques étrangères partout dans le monde au même statut, au même salaire et au même poste qu'un jeune doctorant anglo-saxon », constate Lionel Gabet, le directeur du département d'enseignement des mathématiques à Centrale Paris.
 

Sorbonne. A la Française des placements, Olivier Johanet s'enorgueillit de compter dans ses rangs des Agros, des Mines de Saint-Etienne ou de Nancy. Même les écoles dépourvues d'une spécialisation en finance sont appréciées. Mazars s'est ainsi rapproché de SupOptique, de l'Ecole nationale supérieure de géologie de Nancy ou encore de l'Ecole du pétrole et des moteurs. Les employeurs misent alors sur le potentiel des recrues et se chargent de leur inculquer les fondamentaux du secteur via des formations. En la matière, les banques, par exemple, ne lésinent pas. Selon l'Association française des banques, 80 % des salariés du secteur ont reçu au moins une formation en 2005, soit en moyenne 1 700 euros dépensés par an et par salarié.
S'ils privilégient les jeunes diplômés, les responsables de recrutement n'écartent pas les profils expérimentés. A condition qu'ils aient un parcours dans la finance, voire le conseil. Au sein du fonds d'investissement Astorg Partners, Joël Lacourte, associé en charge du recrutement, apprécie les ingénieurs avec quatre à six années d'expérience, passés par la banque de financement ou le conseil en stratégie. En revanche, ceux qui n'ont connu que l'industrie sont peu prisés. Exception faite des banques spécialisées dans le financement de projets, comme Dexia, engagée, aux côtés des collectivités territoriales, dans des investissements d'infrastructures. « Un cadre issu d'entreprises comme Suez, Veolia ou Bouygues nous intéresse dès lors qu'il a eu à traiter de problématiques financières », précise Yves Gaillot, le responsable du recrutement. Mais ces passerelles restent rares. Les industriels ont peu de risques de voir leurs collaborateurs chevronnés rejoindre le monde de la finance. Pour attirer les juniors, en revanche, la compétition s'annonce plus féroce. .



 

 

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