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« Il faut rapprocher les universités des grandes écoles »

« Il faut rapprocher les universités des grandes écoles »
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Face à la colère qui monte sur les campus, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, fait de l’université française le pivot de l’enseignement supérieur. Elle affirme aussi vouloir lui donner une visibilité internationale.

Vous parlez de faire tomber les barrières entre université et grandes écoles. Vous avez annoncé la création de classes préparatoires aux grandes écoles dans les universités ? A l’issue, quelle sera le rôle des universités ?

Je veux mettre les universités au cœur de l’enseignement supérieur. Notre système d’enseignement supérieur et de recherche a été construit contre l’université. Napoléon a créé les grandes écoles au 19 e siècle et cela a continué jusqu’à la création de l’ENA en 1945. Pourquoi ne formons nous pas une partie de nos élites dans les universités ?
Et nous avons reproduit le même schéma dans la recherche avec les organismes spécialisés. Dans tous les pays, la recherche se fait dans l’université. Nous avons inventé une formule incroyable : la recherche se fait avec des personnels des organismes dans les locaux de l’université. La recherche a été développée contre l’université et je veux faire l’inverse.
L’université doit être au cœur. Pour cela, il faut rapprocher l’université  des grandes écoles. Il faut multiplier les passerelles entre les deux : un étudiant doit pouvoir commencer dans une grande école et finir à l’université ou l’inverse s’il le souhaite. Ces deux mondes ne doivent plus être opposés.
Dans les Pres, il y aura les filières sélectives des grandes écoles et des universités. Mon but est de replacer le doctorat à sa juste place : il doit devenir le diplôme roi. Aujourd’hui, dans notre pays, il est plus prestigieux d’être ingénieur que docteur. Nous voulons changer cela.
 
Comment expliquez vous alors les critiques qui sont adressées à votre politique par les universitaires ?
Ils ne sont pas tous critiques. Les universités n’ont rien à craindre. Elles sont au cœur de mon projet, au cœur des investissements. J’investis cette année des montants inédits : 5 milliards pour l’Opération Campus, 1,8 milliard de budget et 750 millions en plus avec le plan de relance. Tout cela bénéficie essentiellement à l’université. Il est vrai qu’on a fait beaucoup de choses en même temps.
En outre, l’autonomie des universités est un chantier énorme qui change les habitudes. C’est normal que certains s’interrogent. Qui dit autonomie, dit responsabilité, donc rendre des comptes et instaurer un financement à la performance. On a donné beaucoup d’argent aux universités mais en fonction de performances objectives. Auparavant, certaines universités avaient vu le nombre de leurs étudiants augmenter de 25 % en 5 ans sans toucher un euro de plus. A l’inverse, d’autres avaient perdu 5 % de leurs étudiants sans que leur budget ne baisse. C’est fini. Aujourd’hui, les moyens importants que nous mobilisons vont à ceux qui ont plus d’étudiants.
 
Comment le fonctionnement des conseils d’administration va-t-il être amélioré ?
Le nombre des membres a été divisé par deux. Cela apporte une cohérence, avec des équipes qui se font élire sur un projet. Nous avons fait entrer des personnalités qualifiées, notamment du monde économique. La création d’un comité technique paritaire pour décharger les conseils d’administration des questions de personnel fait que le conseil d’administration redevient le lieu où on élabore la stratégie, où l’on prend les décisions importantes. Globalement un quart des universités est passé à l’autonomie le 1 er janvier 2009, c’est deux fois plus que ce que je prévoyais.
 
Quelle sera la suite de la réforme ?
D’abord, nous allons recevoir une évaluation réalisée par le comité de suivi de la Loi. Nous connaîtrons ses forces et ses faiblesses. La réforme du décret de recrutement des enseignants chercheurs est en cours. Elle prévoit aussi de moduler les obligations de services d’un enseignant chercheur selon ses différentes activités : recherche, enseignement, ou encore administration. Les universités auront une plus grande souplesse de gestion. Ce décret permet aux universités d’exercer leur compétence pour gérer leurs ressources humaines dans le cadre de l’autonomie. Il va aussi faciliter le recrutement des candidats étrangers.
Enfin, nous allons revaloriser le métier d’enseignant chercheur. Le plan carrières représente 250 millions d’euros sur 3 ans. Les salaires des maîtres de conférences recrutés cette année seront supérieurs de 12 à 25 % par rapport à l’année dernière. Le nombre de promotions sera doublé d’ici à 2011 pour les jeunes enseignants chercheurs.
Nous allons aussi créer des parcours différenciés pour les enseignants chercheurs les plus prometteurs : ils percevront une prime comprise entre 6 000 et 12 000 euros. Déchargés d’un tiers de leur enseignement pour faire plus de recherche, ils auront aussi un budget pour leur environnement de recherche (de 50 à 100 000 euros). Nous voulons rendre attractifs les métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur notamment pour les jeunes générations.
 
Henri Isaac, maître de conférence à Dauphine, vous a remis il y a un an un rapport sur l’utilisation des technologies de l'information et de la communication (Tic) à l’université. Êtes vous satisfaite des usages des Tic à l’université aujourd’hui ? Quelle place devraient-elles jouer ?

Je me félicite qu'un certain nombre d'établissements utilisent de plus en plus le numérique dans leur pédagogie, par exemple à Grenoble ou à la Sorbonne, où la numérisation des cours a permis de dégager du temps pour les enseignants afin de renforcer l’accompagnement personnalisé des étudiants. Et l’expérience est concluante : les étudiants obtiennent des meilleurs résultats, quelque soit le niveau socioprofessionnel de leurs parents. Ces services aux étudiants peuvent aussi devenir de véritables ambassadeurs de la connaissance et de la culture française. Ces différentes expériences doivent être généralisées. Mon objectif se résume d'ailleurs en une phrase : « 100% des documents pédagogiques pour 100% des étudiants.

Propos receuillis par Christophe Bys et Laurent Guez

 Retrouver l'intégralité de l'interview de Valérie Pécresse surle site de l'usine nouvelle. Elle y revient notamment sur la politique de recherche. 

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