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Intéressement : un petit plus aléatoire

 | par Par agnès laurent

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Pour apaiser la grogne salariale, les employeurs redécouvrent les charmes de l'intéressement. Les salariés apprécient ce complément de revenu immédiatement disponible. Mais la pratique n'est pas sans risque

Fin avril, un accord salarial est signé à l'usine Coca-Cola de Socx, près de Dunkerque (Nord). Il met fin à plusieurs semaines de grèves et de débrayages qui ont conduit au blocage du site. La direction a cédé sur plusieurs points : elle a accordé une hausse générale des salaires de 3,9 %, une revalorisation des primes d'ancienneté de 4 % et un coup de pouce au comité d'entreprise. Surtout, elle s'est engagée sur le versement d'un intéressement supplémentaire de 1 000 euros par salarié.

augmenter le pouvoir d'achat

Un moyen d'octroyer du pouvoir d'achat sans alourdir de manière pérenne la masse salariale et en bénéficiant d'exonérations de charges sociales. Ce levier s'inscrit aussi dans la droite ligne du projet de loi que le gouvernement doit présenter dans les prochains jours sur la participation et l'intéressement. Ce texte vise à inciter, par le biais d'allègements d'impôts et de simplification des dispositifs, les entreprises - notamment les moins de 50 salariés - à verser des compléments de rémunération.

Mais, à l'instar de Coca-Cola, nombre d'employeurs n'ont pas attendu le projet gouvernemental pour utiliser l'intéressement comme outil de politique salariale. Avec 5,8 milliards d'euros distribués en 2005 (lire ci-contre), l'impact sur le pouvoir d'achat n'est pas négligeable. Et, cette année, dans un contexte de fortes revendications salariales, les entreprises scrutent avec soin les possibilités de ce dispositif. « Le versement d'un intéressement supplémentaire est une pratique courante en ce moment », confirme Thierry Magin, associé gérant de MCR Consultants, un cabinet de conseil en rémunération. Autorisée dès lors que l'entreprise verse déjà de l'intéressement et par simple décision du conseil d'administration, cette option a été, par exemple, utilisée par France Télécom. Outre les 194 millions d'euros versés au titre de l'intéressement classique, l'opérateur téléphonique a décidé d'octroyer, cette année, un bonus qui devrait représenter environ 1 700 euros par salarié.

Les entreprises n'hésitent plus à mettre en avant les montants de participation et d'intéressement pour calmer les ardeurs revendicatives. Chez MBDA, la filiale spécialisée dans la défense d'EADS, lors des négociations salariales, la direction a proposé des augmentations (générales et individuelles) de 3,5 %. Dans le même temps, elle a rappelé que la participation et l'intéressement représentaient en moyenne 8 000 euros par salarié. Et a accepté de verser par anticipation 2 000 euros d'intéressement dès la signature de l'accord.

Des sommes considérées comme des acquis

Enfin, des employeurs qui n'avaient pas jusque-là d'accord d'intéressement ou qui l'avaient abandonné y réfléchissent. « Cette année, lors des négociations salariales, j'ai clairement dit que nous allions mettre en place un accord d'intéressement. Et, comme nous avons intégré des indicateurs tels que le taux d'accidents du travail, calculé par semestre ou par trimestre, nous pourrons en verser une partie dès juillet, sans attendre la clôture des comptes en décembre », souligne Pierre Havet, le DRH de l'équipementier automobile Acument et trésorier de l'association nationale des DRH.

Pour tous, les avantages du dispositif sont évidents. Facultatif pour l'entreprise, l'intéressement peut être immédiatement perçu par les salariés, alors que la participation doit rester bloquée cinq ans. Nombreux sont ceux qui profitent de cette opportunité, notamment dans les petites et moyennes entreprises. « Dans ces sociétés, entre 60 et 70 % des salariés choisissent de le toucher. D'autant qu'une partie d'entre eux n'est pas assujettie à l'impôt sur le revenu. Il n'y a donc pas de frein fiscal », souligne Lionel Tourtier, le délégué général de Fondact, une association de promotion de l'épargne salariale.

Pour la première fois depuis dix ans, chez Sogerma, la filiale d'EADS installée à Mérignac (Gironde), les salariés vont toucher, cette année, entre 450 et 500 euros d'intéressement. Une somme attendue : « Depuis la disparition des bus de ramassage en 2006, on dépense entre 150 et 200 euros par mois pour aller travailler. Cet intéressement, je doute que certains le placent ! La plupart, comme moi, l'ont déjà mangé », lance Alain Auber, le délégué syndical CFDT.

Mais à trop promouvoir l'intéressement comme un complément de rémunération, les dirigeants prennent un risque. Car il reste aléatoire en fonction des performances de l'entreprise. En février, l'éditeur de logiciels Business Objects a ainsi connu la première grève de son histoire lorsque la direction a annoncé qu'il n'y aurait pas d'intéressement cette année. Habitués à toucher 6 000 euros en moyenne, les salariés n'ont pas apprécié la disparition de ce qu'ils considéraient comme un acquis. Un exemple à méditer... .

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