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Intérim : un moyen de gonfler son CV et son portefeuille

Intérim : un moyen de gonfler son CV et son portefeuille
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Statut certes précaire, l’intérim est toutefois un bon moyen de faire gonfler son CV et son portefeuille en attendant le CDI.

De 200 000 en 1995, ils sont aujourd’hui près de 570 000. Et chaque année, selon les chiffres du ministère du Travail, entre 2,5 % et 3% des embauches se font par le biais de l’intérim. Ce contrat de travail temporaire apparu dans les années 1970 n’a cessé depuis les quatre dernières décennies de faire des émules. Si bien que depuis la fin des années 1990, même les cadres s’y sont mis. L’effet du nombre jouant, leur protection a singulièrement progressé. Même s’il fait meilleur être intérimaire aujourd’hui que dans les années 1980, ce statut est toujours associé à une certaine précarité. Cependant, ce peut être un bon moyen de faire gonfler son CV et son portefeuille, en attendant un CDI. Une bonne solution temporaire, en somme, pour désamorcer les méfiances des recruteurs de plus en plus frileux dans une époque de marché tendu de l’emploi.

Un intérimaire est un salarié d’une agence d’intérim dont les services sont loués auprès de différents clients. L’intérim repose donc sur une relation triangulaire entre trois entités. L’intérimaire est salarié d’une agence d’intérim et lié à celle-ci par le biais d’un « contrat de mission », mais travaille au sein d’une entreprise cliente. L’agence d’intérim et l’entreprise utilisatrice sont liées à leur tour à travers la formation d’un « contrat de mise à disposition ».

Une main-d’œuvre flexible

Si l’emploi de l’intérim dans les ressources humaines des entreprises n’a cessé de croître ces deux dernières décennies jusqu’à devenir au début des années 2000 une manière très prisée d’assurer les travaux courants, c’est que les entreprises y trouvent leur compte. Cela s’appelle la flexibilité. Facilité d’accroissement de la main-d’œuvre et facilité dans son dégraissement. « En moyenne, les missions d’intérim durent deux semaines. Certains secteurs comme l’automobile ou le BTP font tout de même exception, avec des missions moyennes de 6 à 10 mois, explique Sébastien Delahaye, chargé de l’intérim à la fédération CFDT des services. Sur le terrain, l’on constate aussi que de plus en plus d’entreprises utilisent l’intérim comme un moyen de recrutement, un moyen de tester des candidats avant de les embaucher. » Une sorte de pré-période d’essai. Un tiers des intérimaires basculent vers un CDD ou CDI d’après les chiffres de l’agence d’intérim Adecco. Et trois jeunes sur quatre voient leurs missions longues se transformer en CDI.

Un fait qui se reflète bien dans les profils. Seulement 20 % font le choix de l’intérim, 80 % le subissent, faute de mieux, faute de pouvoir se faire embaucher autrement. Chez Adia, les jeunes de moins de 26 ans, catégorie fortement marquée par le chômage, constituent près de 50 % des effectifs intérimaires. L’on passe à 69 % si l’on élargie la tranche d’âge au moins de 29 ans. Et le profil type du salarié en intérim, malgré l’arrivée de petits bataillons de cadres, reste l’ouvrier sans qualification. Le taux de recours à l’intérim pour des missions dans le secteur tertiaire, comme la comptabilité, est inférieur à 2 %. Il est de 12 % pour le secteur de l’industrie,   le transport et le BTP qui tiennent le haut du pavé. « Il faut utiliser l’intérim comme un tremplin vers le CDI, conseille Patrick Carret directeur RH pour les intérimaires au sein d’Adia. C’est un moyen d’acquérir des compétences, de diversifier son parcours professionnel, de découvrir une entreprise, un secteur, un poste. »

L’insécurité de ce statut pénalise en effet sur le long terme. Peine à décrocher un prêt à la banque, missions de petite durée qui ne s’enchaînent pas, exigence de mobilité, difficulté pour ne serait-ce que louer un logement auprès de propriétaires très méfiants, sont toujours très présents dans le quotidien de l’intérimaire, malgré les avancées sociales de ces dernières années. Ainsi, beaucoup d’agences d’intérim proposent dorénavant des aides pour les transports, notamment des aménagements pour passer le permis, des solutions de crédits, et mettent à disposition de leurs salariés une mutuelle. Mais dans les mentalités et la réalité, l’intérim reste associé à l’insécurité.

Une insécurité qui se monnaie. Le salaire est certes le même pour un intérimaire qu’un « CDiste ». Sauf que l’intérimaire touche à la fin de sa mission 10 % de son salaire brut en plus pour les congés payés non pris, et encore 10 % d’indemnité de fin de mission (IFM). Sont inclues dans cette base, les indemnités et primes : 13 e mois, primes de fin d’année … Un petit pactole pour compenser et voir venir un petit moment.

Lucile Chevalier

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