emploipro.fr le site d’offres d’emploi professionnelles des magazines

L'argus de l'assurance L'usine nouvelle Lsa Neo restauration Le Moniteur

« J'ai choisi l'expatriation »

 | par Francis Lecompt

  • partager avec Facebook
  • partagez avec twitter
  • partager avec google +
  • partager par email
  • imprimer
international - Le goût de l'aventure doit primer sur celui des avantages financiers. L'expatriation, en voie de raréfaction malgré l'internationalisation de la distribution, exige des efforts d'adaptation et de solides qualités d'ouverture.

L'imprévisible, les risques de l'aventure, la passion des premières conquêtes... Qu'on les croise à Shanghai, au Caire ou à Moscou, les expatriés de la grande distribution se privent rarement d'un lyrisme certain pour décrire leur expérience. Avant de mettre en avant les incomparables richesses humaines que leur séjour à l'étranger leur a apportées. Pionniers, ceux qui s'en allèrent planter les couleurs de Carrefour, Auchan ou Casino dans l'extrême est de l'Asie ou dans les moiteurs du sud des Amériques le furent sans aucun doute. Aventuriers, ils le sont encore ces commerçants indépendants qui s'en vont faire découvrir aux populations des Balkans ou celles de Poméranie les bienfaits du discount signés Intermarché ou Leclerc.

Mais depuis que l'international est devenu un élément essentiel de la stratégie des grands groupes intégrés, la gestion de l'expatriation n'abandonne rien au hasard. À commencer par sa sévère restriction. Car les distributeurs ont compris que le meilleur gage de réussite étant l'adaptation locale, rien ne vaut le recrutement et la formation de cadres locaux. « Actuellement, nos encadrements à l'international se composent environ pour moitié d'expatriés et pour moitié de locaux, explique Hervé Clec'h, qui vient de prendre ses quartiers à New Dehli pour implanter Carrefour en Inde. L'objectif est d'arriver rapidement à un tiers de Français et deux tiers de locaux. » Sur ses 450 000 collaborateurs employés dans les 30 pays où il est implanté, le numéro deux mondial ne recense guère plus de 400 expatriés.

 

De la cohérence dans le choix de la destination

L'envie de partir - qui doit être la principale motivation du candidat à l'expatriation - ne suffit plus. Puisque les places se font rares, les profils s'affinent. « Nous avons besoin de deux types de collaborateurs, explique Hervé Clec'h, qui, entre deux missions internationales, a aussi dirigé les ressources humaines du groupe. D'abord des spécialistes métier - un boucher, un boulanger, un responsable sécurité, par exemple - qu'on envoie dans un pays pour former des gens sur place. Ou des cadres pour qui l'international joue un rôle d'étape dans une carrière. Par exemple un directeur de magasin appelé à devenir directeur régional, pour qui une expérience en Chine ou au Brésil musclera les compétences. »

Les objectifs sont donc précis. Ils exigent des compétences réelles - pas question d'envoyer au Brésil un candidat ne maîtrisant pas un minimum le portugais, ni de confier les clés d'un hyper ukrainien à un directeur qui n'aurait pas la capacité d'appliquer les modes de fonctionnement de son enseigne, tout en s'adaptant aux modes de fonctionnement du pays. Ils exigent aussi des qualités humaines fortes.

« Il faut savoir comprendre et adopter les comportements locaux, sans être dans la comparaison permanente avec nos propres habitudes », explique Hervé Clec'h. Cela passe souvent par les gestes simples de la vie quotidienne - saluer de telle ou telle façon, serrer la main ou non, maintenir telle distance avec son interlocuteur... - mais qui ont une importance décisive dans les relations de travail. « Il faut savoir établir une relation de confiance avec les partenaires locaux, raconte un cadre en poste à Pékin. Savoir respecter les hiérarchies officielles, mais aussi s'inscrire dans ce qu'on appelle ici le Guanchi, les réseaux où les statuts officiels s'effacent et où se prennent vraiment les décisions. »

Subtilité et finesse sont tout aussi indispensables dans le management... Un directeur d'hypermarchés franchisés au Maghreb se souvient ainsi d'avoir dû remplacer tous ses chefs de secteur français par des collaborateurs recrutés dans la région. « Ils n'avaient pas une approche assez fine des attentes des consommateurs ni des marchés », justifie-t-il. Avant de faire discrètement allusion à des problèmes de corruption et de trafics au sein des magasins.

 

Pour assouvir des envies d'ouverture et d'évolution

Plus positive : l'ambition de partager un savoir-faire, qui doit animer le bon expatrié. Malgré les difficultés qu'ils rencontrent actuellement avec leur partenaire local, les responsables d'Auchan au Maroc ne cachent pas leur enthousiasme quand ils évoquent tout le travail réalisé en amont sur la qualité alimentaire, les infrastructures, les relations sociales que suppose la grande distribution. Dans le Sichuan, au centre de la Chine, un jeune directeur d'hypermarché Carrefour explique avec flamme comment il doit intégrer les produits locaux, mettre en place les filières viande, assurer la traçabilité des produits frais... « À notre manière, nous faisons du commerce équitable », avance-t-il.

Si l'expatrié gagne plutôt bien sa vie grâce aux primes d'éloignement, la motivation financière ne doit jamais primer sur ces envies d'ouverture et d'évolution. De même que le retour au pays doit se préparer et se gérer dès le départ. « Une fois revenus au pays, les expatriés redécouvrent les Français ! », sourit Hervé Clec'h. Entre-temps, leur entreprise a changé. Eux-mêmes ont changé aussi. Ce qui ne va pas toujours sans mal, mais peut s'avérer bénéfique pour le groupe. Car émerge depuis quelques années un nouveau profil d'expatrié, qui voit des Argentins prendre des directions régionales en Chine, ou des Italiens prendre la route de la Russie. À quand un directeur chinois en France ? « Je suis prête ! », répondait sans complexe, en novembre dernier, Christina Qin, directrice de l'hypermarché Carrefour de Tongzhou, dans la banlieue de Pékin.

Partagez cet article

NEWSLETTER

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la newsletter !

GRATUITL'aéronautique recrute mais manque de candidats

Déposez votre cv et devenez visible des recruteurs

Je dépose mon cv
Suivez-nous sur Facebook !

8904 offres d’emploi en ligne

Fermer X