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Jusqu'où le décalage entre valeurs et pratiques est-il supportable ?

 | par Rédaction L'Usine Nouvelle

Jusqu'où le décalage entre valeurs et pratiques est-il supportable ?
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Pour Françoise Diveu, la directrice du cabinet Efficia, les entreprises communiquent sur des concepts d'humanité : « Au niveau global, elles posent des valeurs humanistes. Et, on ne peut pas leur en faire procès. »
Mais, compte tenu du contexte économique, il y a toute une série de petits déficits d'humanité : « Le fait d'avoir changé d'unité de temps et de lieu - avec une vitesse et une internationalisation accrues - a modifié la vigilance portée à un tas de signes et de symboles humains. »
A cela s'ajoutent les mala-dresses du management : « La compétition a élevé le niveau d'exigence. Or certains managers confondent exigence et dureté. Ils adoptent des comportements rigides, font preuve de moins d'empathie, alors qu'ils devraient repréciser leurs attendus. Et c'est cette confusion que les salariés ont du mal à supporter. »
Cela a un impact dans la durée : « On pense que cela n'est pas grave, que les gens se sont concentrés sur l'essentiel, la compétition. Mais, à moyen terme, cela laisse des traces : retrait, non-engagement... Les salariés ont bonne mémoire, même si l'on essaie de compenser ensuite. »


Conclusion

« Les entreprises sont régulièrement prises en flagrant délit de petites situations de déficit d'humanité, reprend Françoise Diveu. En apparence, ces manques ne sont pas très graves car ils sont ponctuels et peuvent être compensés le lendemain. Mais ils sont symboliques pour les salariés. Ces comportements de court terme leur apparaissent décalés par rapport à ce qui est affiché par l'entreprise. Il faut, dans les situations difficiles, envoyer des signaux de reconnaissance positifs pour nourrir l'humanité. »

Comment ça se passe chez Balaton

Jeudi midi, Aéroport de Roissy
« Mesdames et Messieurs, en raison d'un problème technique, le vol 345 à destination de New Delhi est retardé. L'embarquement des passagers aura lieu dès que possible. Merci de votre compréhension. »
Dans un coin de l'aérogare internationale de Roissy, Sylvain Lambert, le directeur commercial de Balaton, et Bernard Torrès, le responsable export, avaient tendu l'oreille pour capter la voix qui sortait des haut-parleurs.
Sylvain Lambert fit la grimace :
« Ah, c'est pas vrai ! On va rester plantés là des heures...
- Ne sois pas pessimiste ! Allez, je vais chercher des journaux... On va en profiter pour rattraper notre retard de lecture... »
Torrès s'éloigna et revint avec une bonne pile de journaux. Ils s'installèrent dans d'inconfortables fauteuils en plastique moulé et se partagèrent le tas. Quelques minutes plus tard, Torrès poussa Lambert du bras :
« Tu as vu ça ! Ils ne s'embêtent pas chez Novaltech ! »
Lambert baissa les yeux vers le journal que tenait Torrès. Une pleine page de publicité de leur principal concurrent !
« Et tu as vu ? Ils communiquent sur leurs valeurs : respect des hommes, partage, esprit d'initiative... Ça fait un peu rigoler...
- C'est sûr... Quand on sait comment ça se passe chez eux... Pression, compétitivité, gains de productivité... C'est à la cravache qu'ils bossent... C'est pas pour rien d'ailleurs qu'il y a autant de gens qui partent de chez eux pour trouver un environnement plus calme... »
En entendant son collègue taper sur la concurrence, Torrès fit un petit sourire :
« Enfin, tu sais, chez nous, ce n'est guère mieux... En ce moment, les résultats ne sont pas très bons... Et on ne peut pas dire que ce soit très agréable comme ambiance... Tout le monde pense à ses chiffres, beaucoup moins au respect des hommes que nous affichons aussi...
- Oui, mais, ça c'est dû à la compétition internationale, il faut bien qu'on se batte... Sinon, on est mangé tout cru... »
Torrès haussa les épaules :
« Ouais... Je ne sais pas si c'est une raison... »

 

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