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L'année de césure, sésame pour l'emploi

 | par Par Arnaud Dumas

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De plus en plus d'élèves ingénieurs suspendent leur cursus pour faire un stage en entreprise dans le cadre de l'année de césure. Un moyen pour les employeurs de tester en direct les compétences d'un futur candidat. Et, pour l'étudiant, de muscler son C.V.

Avant de finir leurs études, de plus en plus d'élèves ingénieurs choisissent de prendre la clé des champs et d'interrompre pendant un an leur cursus. Mobile ? Muscler leur C.V. au cours d'une « césure », située juste avant la dernière année d'études. Très sérieux, plutôt que d'organiser une mission humanitaire, de faire le tour du monde en stop ou de partir en expédition scientifique au pôle Nord, la plupart décident de tester le monde du travail. C'est ce que révèle une enquête réalisée par le Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI), effectuée auprès de 416 étudiants de 56 écoles : 80 % des futurs ingénieurs qui partent en année de césure optent pour un ou plusieurs stages en entreprise; 70 % déclarent faire ce choix pour améliorer leur expérience professionnelle et 47 % pour tester des domaines d'activités différents.

Beaucoup utilisent, en effet, cette année hors de l'école pour « trouver leur voie » en enchaînant les stages. « Auparavant, on observait davantage de périodes de douze mois dans la même entreprise, constate Nicolas Faure, le président de PlaceOjeunes, un site internet d'annonces de stages. Aujourd'hui, souvent à la demande des étudiants, la formule de deux stages de six mois se généralise. » Un moyen pour eux d'éliminer les mauvaises pistes et de se bâtir un parcours professionnel plus solide. « Il faut encourager cette pratique, car elle permet à l'étudiant de se forger plus d'expérience et elle est très prisée par les entreprises », lance Lucille Desjonquères, la directrice associée du cabinet de recrutement Euro Consulting Partners.

 

une expérience accrue

Les employeurs sont très friands de ces stages de longue durée qui leur permettent d'accrocher des candidats potentiels. « On investit pour l'avenir », reconnaît Xavier Vandame, le directeur général délégué de la branche française de MSX International. Même si le stage de fin d'études demeure la voie royale pour l'emploi, la césure devient un outil de pré-recrutement. Le directeur de MSX a embauché, en septembre, Brice Hoarau qui a passé une année complète dans ses équipes (lire page 49). « L'avantage d'un tel candidat est qu'il connaît bien la société, il a commencé à s'imprégner de sa culture et s'intègre plus facilement », explique-t-il. Quant au jeune ingénieur, il en a profité pour valori- ser son expérience acquise en césure pour mieux négocier son embau- che. « Cela m'a permis d'obtenir un salaire un peu plus élevé et une voiture de fonction », confie Brice Hoarau.

A l'Ecole supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (Estaca, à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine et Laval en Mayenne), l'insertion est facilitée pour les 20 à 25 % d'élèves de chaque promotion qui partent en année de césure. « Nous avons beaucoup d'étudiants embauchés soit par l'entreprise où ils ont fait leur césure, soit par des sociétés travaillant exactement dans le même domaine », remarque Maureen Peigneau, la responsable des stages de l'école d'ingénieurs. Et les industriels n'hésitent pas à militer auprès des responsables d'établissement en faveur de cette période de maturation pour l'étudiant. « Nous expliquons aux écoles qu'il vaut mieux, pour un jeune, avoir multiplié les expériences en entreprises, confirme Yves Litzelmann, en charge de la direction du développement des ressources humaines chez Dassault Aviation. L'année de césure représente une bonne opportunité pour le faire et on ne rencontre pas beaucoup d'occasions comme celle-ci dans la vie. »

Toutefois, certaines écoles modèrent l'enthousiasme des recruteurs et ne voient pas l'année de césure d'un si bon oeil. « Il y a déjà de nombreux stages pendant le cursus et donc suffisamment d'occasions de sortir de l'école », insiste Didier Lançon, le directeur des études de l'Ecole polytechnique féminine (Sceaux, Hauts-de-Seine). Plus inquiétant, une année supplémentaire retarde l'arrivée dans le monde du travail. « On risque d'entrer dans un système similaire à l'Allemagne, où les ingénieurs obtiennent leur diplôme tard, vers 28 ou 29 ans, prévient-il. Or l'Allemagne en revient et essaie de raccourcir la durée des études. » Mais la Commission du titre d'ingénieur (CTI) veille au grain. « Certaines écoles sont allées trop loin en la rendant presque obligatoire », déplore Bernard Remaud, son président. Selon Ugo Silveira, le président du BNEI : « Elles en font un argument marketing, pour se présenter comme étant plus professionnalisantes. » Dans les prochaines semaines, la CTI enverra aux écoles des recommandations pour éviter les abus. Mais n'enterrera toutefois pas complètement cette pratique qu'étudiants et employeurs plébiscitent.

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