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L’infobésité m’a surchargé

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Un clic et j’obtiens l’information, un clic et mon patron reçoit mon rapport, un coup de fil et je suis opérationnel pour le travail, quel gain de temps nous offre les NTIC ! Vraiment ? Invité du séminaire de l’observatoire des cadres « le travail 24 h / 24 ?», le directeur de recherche de la Rouen Business School, Henri Isaac s’attarde sur l’envers du décor : l’infobésité et la surcharge de travail.

 « France Telecom a mis à disposition de ses cadres un ordinateur portable et la clé 3G business everywhere. Elle porte bien son nom. Les salariés deviennent, tout le temps et nimporte où, au service de lentreprise », sinsurge une salariée de France Telecom lors du séminaire « Le travail 24 h/24 ? »  organisé par lobservatoire des cadres, vendredi dernier. Un autre homme se lève et dénonce lui aussi ce cordon ombilical, apparu avec lémergence des nouvelles technologies de linformation et de la communication, et qui lie en permanence le salarié avec son entreprise. Il réclame « un droit à se déconnecter ».

44, 6 % travaillent sur leur temps personnel

Les NTIC sont les pro de lillusion. Grâce à elles, les salariés croyaient pouvoir gagner du temps et pourtant ils ont de plus en plus limpression den manquer. Ils pensaient gagner sur le plan de la vie personnelle, mais les week-end ils en profitent pour avancer sur leurs dossiers. Daprès une enquête menée conjointement par luniversité de Dauphine et lentreprise spécialiste de la formation professionnelle, 32,2 % des personnes interrogées déclaraient travailler sur leur temps personnel en 2001. Quatre ans plus tard, ce chiffre sélève à 44,6 %.

Ils sont aussi de plus en plus nombreux à se dire débordés. En majorité, ils estiment avoir de moins en moins de temps pour prendre une décision. Côté mail, la boîte se remplit à une vitesse telle, que beaucoup décrètent ne plus avoir le temps de les lire. Le volume dinformation à traiter croît dannée en année. Et le temps de classer linformation, lui  aussi du même coup, affirment-ils. Le cadre 2.0 est au bord de la surchauffe.

Un millefeuille de la communication

Pour Henri Isaac, directeur de recherche à la Rouen Business School, la surcharge de travail ressentie sexplique surtout par la non-adaptation du management aux   nouvelles façons de travailler quinduisent les NTIC. « Les nouvelles technologies de l'information et de la communication nont pas remplacé les anciennes, elles sy sont ajoutées. Les réunions, courriers, téléphone ou fax demeurent, et s'empilent avec les mails, le mobile, la visioconférence, les sms et lintranet. Cest un véritable "millefeuille de la communication" qui prend beaucoup de temps aux salariés. » Plus de média diffuseurs donc plus dinformation diffusée.

Il existe un autre travers. La démocratisation des NTIC à créer des travailleurs multi-tâches.  « Dans les années 1970, on disait les Tic cest génial, ça va éliminer le travail répétitif et la secrétaire va de plus en plus faire les mêmes besognes que les cadres. En vrai, cest plutôt le cadre qui devient aussi secrétaire. Il gère lui-même son courrier, tape ses textes ... » raille Yves Lasfargue, directeur de lObservatoire des conditions des conditions de travail et de lergostressie (Obergo).

L'Infobésité prend trois formes

Comme le résume létude menée par lUniversité Dauphine et Cegos « linfobésité est de trois ordres. Il y a surcharge dans communication, le salarié avec les NTIC plus quavant doit travailler le faire savoir. La surcharge cognitive, c'est-à-dire la capacité à traiter certaines informations. Et enfin surcharge dactivité. »  

« Mais pourquoi, les salariés ne débranchent-ils pas leur portable le week-end ?, interroge Bernard Masingue, directeur de lObservatoire des cadres. On peut certes me joindre à tout moment mais si je le veux ». Ce nest pas si simple, argumente une autre salariée de France Telecom lors du séminaire. « Dans mon entreprise, ceux qui ne répondent pas, ne lisent pas leurs mails le dimanche soir, sont vus comme des ringards. »

« Le problème cest que les nouvelles technologies ont connu un essor important au cours de ces 30 dernières années. Elles se sont fortement démocratisées. Mais à aucun moment, une réflexion sur ses usages na été menée. Il est temps de le faire », conclut Henri Isaac.

Lucile Chevalier

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