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La CFDT s’inquiète de l’avenir de la filière aéronautique

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Délocalisations, poids accru des actionnaires, désengagement de l’Etat et chasse au coût. Tout n’est pas rose dans le secteur de l’aéronautique et de la défense. La CFDT, lors d’une conférence, le 5 juin, a fait part ses inquiétudes quant à l’avenir de la filière.

En 2012, le chiffre d’affaires de la filière a bondi de 16 %. 15 000 emplois ont été créés en France dont 8 000 créations nettes. Le Gifas parle d’une « année record ». La CFDT, de son côté, est beaucoup plus mesurée. Selon le syndicat, ces chiffres et les commandes engrangées par les constructeurs cachent « une réalité industrielle et de l’emploi plus complexe ». Le secteur, pôle excellence de l’industrie française, ne serait pas épargné par les fléaux de l’économie et ses dérives, comme la délocalisation.

 

Délocalisation

Ainsi, entre 2005 et 2012, le chiffre d’affaires du groupe Safran a bondi de 28 %, quand, dans le même temps, l’emploi en France reculait de 5 % et à l’inverse augmentait de 6 % hors du pays. Même chose chez Thalès. L’activité a progressé de 3 % alors que l’emploi en France a baissé de 5 %. Il a, par ailleurs, bondi de 46 % à l’étranger. La délocalisation commencerait-elle à toucher le secteur ? « Elle ne débute. Elle est à l’œuvre depuis les années 1990. Rappelez-vous de Latécoère qui s’est implanté en Tunisie » souligne Jean Mauriès, secrétaire général adjoint de la FGMM. Et « l’implantation d’une chaîne de montage d’A330 en Alabama » ajoute Didier Hacquart, coordinateur CFDT au sein du groupe EADS. Et « la production ‘grands flux’ de Thalès délocalisée à Singapour » pointe à son tour Colette Seib, déléguée syndicale centrale chez Thalès avionics. Et Safran et ses 9 unités de production au Mexique. « Le marché de l’aéronautique est traité en dollars. Du coup, certains groupes essaient de s’installer en zone dollars pour ne pas subir les fluctuations euros/dollars » explique Marc Aubry, coordinateur CFDT Safran. « Pour les implantations en Asie, il s’agit essentiellement de contreparties pour accéder à des marchés. Les pays veulent de moins en moins acheter un produit mais veulent acquérir un savoir-faire pour concevoir et fabriquer eux-mêmes le produit ».

 

Concurrence mondiale

Ce savoir-faire éminemment technologies acquis au cours de décennies et les pôles de compétitivité en France, comme l’Aerospace Valley, sont-ils réellement délocalisables ? « Certes, pour l’instant, ce sont plutôt les activités de production et à faible valeur ajoutée qui sont transférées à l’étranger. Mais quand sera-t-il demain ? », s’inquiète Jean Mauriès, le secrétaire général adjoint de la FGMM. Arnaud Negri, consultant chez Syndex, est encore plus inquiet. « La barrière technologique à l’entrée du secteur n’existe plus. C’est une question de moyens. Le Brésil, la Russie et la Chine les mettent. Aujourd’hui, sur le segment des gros-porteurs, Airbus et Boeing se partagent le gâteau. Mais dans 15 ans, il y aura d’autres acteurs. La Chine avec le Comac se prépare déjà », alerte-t-il.

 

Désengagement de l’Etat et coupe dans la R&D

L’Etat laissera-t-il faire ? « Il se désengage déjà, poursuit le consultant chez Syndex. Son poids a baissé dans le capital d’EADS et dans celui de Safran ». Laissant un peu plus de place aux actionnaires. Le secteur comme les autres est atteint par la financiarisation de l’industrie. Il y a 10 ans, selon l’étude de Syndex, le résultat net des entreprises, soit après impôts et investissements, représentait de 2,5 % à 3 % du chiffre d’affaires global. Aujourd’hui, il atteint les 6 à 7 %. « Pour satisfaire les actionnaires, les groupes affichent des résultats nets élevés. C’est d’autant moins d’argent qui part dans l’investissement, dans l’entreprise », pointe Arnaud Negri.

A cela s’ajoute une chasse au coût qui n’épargne pas la R&D, nerf de la guerre. Chez Thalès, « la direction a constitué un groupe de travail qui planche sur la compétitivité en R&D. L’objectif serait de réduire de 30 % le coût à l’horizon 2015 » rend compte Colette Seib déléguée CFDT au sein du groupe. Pour résumer, malgré les bons chiffres du secteur, la CFDT invite dès maintenant à s’inquiéter de l’avenir de l’aéronautique.

Lucile Chevalier

 

 

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