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Travailler dans grande distribution

La distribution favorable à la flexibilité de l'emploi

 | par NADÈGE JOYAUX

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Partisans de tout assouplissement du marché de l'emploi, les groupes de distribution plaident cependant pour un contrat unique, plus qu'un empilement de mesures catégorielles. Ils déplorent l'interventionnisme du gouvernement.

>Les politiques de recrutement des distributeurs vont-elles être bouleversées par les nouvelles mesures du gouvernement en faveur de l'emploi, inscrites, pour une grande partie dans la loi sur l'égalité des chances adoptée en première lecture et sans vote par l'Assemblée nationale après recours à l'article 49-3 ? Nous n'y sommes pas. Mais la multitude des dispositifs, parmi lesquels le contrat nouvelle embauche (CNE) en place depuis quelques mois, le contrat première embauche (CPE) pour les jeunes, voté le 8 février par le Parlement, les stages rémunérés ou encore les CDD pour les seniors, suscitent une réelle curiosité de la part des enseignes. Des mesures non seulement défendables mais jugées opportunes si l'on en croît la plupart des professionnels interrogés, qui apprécient la souplesse qu'elles insufflent. « Tout ce qui peut ôter les freins à l'embauche nous intéresse, rapporte Jean Leroyer, vice-président de Système U Ouest et président de la Fédération des enseignes du commerce associé (FCA). Pour ce dirigeant, « c'est notamment par la création d'activités nouvelles que l'on agira sur le chômage. Or, ce sont aussi dans ces activités que le risque est le plus grand. Plus de souplesse dans les contrats de travail peut réduire l'appréhension à l'embauche ».

Des dispositifs souples

 

L'argument laisse les syndicats sceptiques : « Ces dispositions, qui ne sont certes pas réservées au commerce, vont avoir un impact d'autant plus fort sur notre secteur que la précarité y est déjà reine », craint Bernard Aimé, de la CFDT Commerce. Mais souplesse n'est pas synonyme de précarité rétorquent les distributeurs. « Sur les 280 000 CNE signés depuis août 2005, seuls 5 % ont été rompus à l'initiative de l'employeur, autant à l'initiative du salarié, explique Marc Veyron, président de la commission sociale de la FCD. Ces CNE, Casino Proximité les expérimente déjà. « Évidemment, chez tous les franchisés, le but est de poursuivre avec le salarié, non de faire un coup », rassure Christian Gué, DRH du groupe.

Une chose est sûre : ces outils apportent une souplesse supplémentaire par rapport au CDI et même au CDD, très encadré. C'est pourquoi beaucoup déplorent ne pas être « éligibles » aux CNE, réservés aux petites entreprises. « Notre secteur, composé de boutiques de 5 ou 6 personnes, rencontre les mêmes problèmes que les entreprises de moins de 20 salariés. L'absence de flexibilité nous amène à hésiter quand on a besoin d'employer une personne de plus, explique Lucien Odier, du Conseil national des succursalistes de l'habillement (CNSH), qui milite pour que l'assiette du CNE soit élargie aux petits établissements : « Les recrutements seraient assurément moins restrictifs. » Un point de vue très partagé, qui plaide pour une refonte globale du contrat de travail que le gouvernement projette de faire aboutir en juin et qui pourrait déboucher sur un contrat unique, simplifié et plus flexible...

En attendant et à défaut de CNE, le CPE, réservé aux moins de 26 ans, fait office de consolation. Pas toujours suffisante. « Nous voulons aussi tenter des expériences avec des profils plus expérimentés qui n'osent pas venir dans la distribution, ou que l'on a peur d'embaucher », appuie Lucien Odier. Mais la mesure présente des atouts indéniables. « Une période de deux ans de consolidation vaut mieux qu'une succession de petits contrats », lance un distributeur. Sans compter que le jeune embauché en CPE peut faire valoir son droit individuel à la formation (DIF). « Nous pourrons avoir recours au CPE, notamment les structures moyennes d'une cinquantaine de salariés pour lesquelles l'embauche d'un salarié supplémentaire est une charge énorme en l'absence de visibilité, ce qui conduit souvent à se reporter sur des CDD de courte durée », indique Marc Veyron pour la FCD.

Manque de concertation

 

Mais les distributeurs pointent des limites, notamment le risque de ghettoïsation lié à ce dispositif « spécial jeune ». Autre interrogation, le CPE répond-t-il à un réel besoin ? Pas pour tous. Certains se disent même indifférents. « Sans doute cette mesure est-elle utile pour les petits entrepreneurs qui ont besoin d'asseoir une activité avant de pouvoir créer des emplois pérennes. Mais pas pour nous », estime Jean-Philippe Zamitt, directeur général d'Histoire d'Or, pour qui la priorité est plutôt de stabiliser les nouvelles recrues. « Nous cherchons à vendre une carrière, non une place, et à professionnaliser », confie le dirigeant de l'enseigne dont 70 % des directeurs de magasins sont issus de la base

Pourtant, la distribution a l'habitude d'intégrer de gros bataillons de jeunes gens en premier emploi. « Bien sûr, le problème des jeunes est spécifique, mais d'autres outils permettent de renforcer leur adéquation à l'entreprise, notamment les partenariats avec les écoles », rappelle Jean Leroyer. Sans compter les dispositifs comme l'apprentissage, les stages et les contrats de professionnalisation que le secteur s'est appropriés. Depuis la réforme de la formation de 2004, l'apprentissage a pris un nouvel élan, avec 8 000 contrats signés en 2005, soit 2 000 de plus qu'avant la réforme ! « Un apprentissage à l'origine lié aux savoir-faire comme ceux des métiers de bouche et qui s'est étendu aux métiers du commerce à des populations plus larges et plus qualifiées », se félicite Marc Veyron. La distribution s'est aussi engouffrée dans la brèche des contrats de professionnalisation qui, en un an, ont franchi la barre des 4 500 et ainsi rattrapé le niveau des contrats de qualification qu'ils remplacent.

Les prochains mois permettront aux distributeurs de se positionner sur ces nouveaux outils. Reste que si sur le fond les mesures suscitent l'intérêt, la forme ne plaît pas. Tous les responsables d'enseignes s'insurgent en effet contre les méthodes unilatérales du gouvernement. Le même gouvernement qui, il y a deux ans, prônait la négociation à tout-va...

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