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Travailler dans grande distribution

Le garant du bien-être en magasin

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CARRIèRE L'image du vigile aux gros bras dessert la profession, qui s'appuie désormais sur le sens du relationnel et du service. Multifacettes, les métiers de la sécurité recrutent en masse.

 

Qu'on les appelle gros bras, flics frustrés ou tout simplement vigiles, les agents de prévention et de surveillance traînent une mauvaise réputation. À leur passif : un métier où le physique primerait sur le cerveau, une honnêteté douteuse et une profession qu'on rejoindrait par défaut.

Les raisons de cette image froissée suivent aussitôt : des prestataires qui, aujourd'hui encore, ne vendent aux enseignes que des heures de travail, et pas des compétences ; des gros titres sur des vigiles pris la main dans le sac ; voire, récemment, le scandale d'une opération parallèle de surveillance d'employés, menée dans une enseigne.

Une profession qui change de visage

 

Bref, entre a priori et vrai problème des « boîtes à vigiles douteuses », le secteur est mal vu. Pas l'idéal, à l'heure où il cherche à recruter en masse. Avec les départs en retraite et la croissance de la sécurité privée, ce sont, en effet, 50 000 postes qui sont à pourvoir d'ici à 2010, dont une bonne partie devrait travailler pour la distribution. « Pour » et non pas « dans ». Une différence de taille. Seuls Auchan et des grands magasins disposent de leurs propres équipes en interne. Les autres distributeurs utilisent des prestataires, même si le contrat peut courir sur du long terme. « Je travaille pour Marionnaud depuis trois ans, en entrepôt ou en magasin », témoigne Francis Pavese, agent de surveillance depuis dix-sept ans chez les Bâtisseurs. Un exemple de fidélité plutôt rare, quand bien d'autres changent d'enseignes d'une semaine sur l'autre.

À son crédit, pourtant, la profession a le mérite d'accueillir des jeunes gens ayant stoppé leurs études assez tôt, car elle nécessite peu de diplômes. « Attention, toutefois, à ceux qui arrivent dans le métier par défaut, car ils ne durent pas, prévient éric Gaboreau, manager de sécurité chez Auchan d'Issy-les-Moulineaux. Certes, les compétences peuvent être acquises sur le tas, car les nouveaux entrants doivent suivre une formation initiale d'une semaine, dispensée dès l'entrée dans l'entreprise. Mais nous recherchons surtout un état d'esprit. »

Honnêteté, rigueur dans le travail sont les piliers de cette profession qui change de visage. « Nous devons avoir une entière confiance dans nos équipes », indique Frédéric Sabran, directeur adjoint sécurité aux Galeries Lafayette. Le métier nécessite un solide mental. « Nous sommes amenés à gérer des situations qui peuvent être délicates, note Francis Pavese. Nous sommes formés à différentes techniques d'interpellation et connaissons le cadre légal dans lequel nous devons intervenir. Mais le contexte a changé. Avec des clients qui ont tendance à être plus impulsifs et exigeants, la parole est essentielle et désamorce 80 % des conflits. »

La prévention, essentielle

 

Outre des qualités d'ouverture, d'accueil et d'efficacité, une bonne condition physique s'impose également. « Le métier est accaparant mentalement et physiquement, complète éric Gaboreau. Quand vous voyez les agents à l'arrière caisse, ils doivent rester 8 h debout en état de grande vigilance. » Les agents attachés à la vidéosurveillance regardent les écrans pendant 2 h d'affilée. Quant au personnel qui tourne dans le magasin en scrutant les voleurs potentiels, un bon départ de 50 mètres est utile. « Nous faisons de l'auto-défense deux après-midi par semaine », précise Martial Botiaux, inspecteur vol aux Galeries Lafayette. Sport, rondes, changements de poste, le métier est varié. L'objectif est d'éviter la routine, synonyme de travail mal fait, et donc de risque. On peut être agent contrôle d'accès aux portes du magasin, le lendemain derrière la caisse ou dans le PC sécurité. « Le PC, c'est un peu le cerveau du magasin, celui qui sait tout ce qui se passe. Par exemple, il doit être attentif lorsque des travaux utilisent un chalumeau », poursuit Éric Gaboreau.

Les horaires sont à prendre en compte quand on souhaite s'y engager. « Généralement, les agents alternent sur un mois, une semaine le matin, de 7 h à 15 h, une autre l'après-midi, de 15 h à 22 h, souligne Éric Gaboreau. Puis, ils assurent trois-quatre nuits de 23 h à 7 h du matin, avant quelques jours de repos. » Pour le reste, le nouvel entrant peut se spécialiser selon ses qualités. La vidéo suppose d'être physionomiste et très attentif. Martial Botiaux insiste sur l'aspect légal, « qui permet de ne pas faire n'importe quoi. Nous ne sommes pas des cow-boys. Nous n'avons pas d'arme. à nous de ne pas prendre de risques inutiles ».

Point trop peu souligné, les agents de surveillance font également de la prévention. Sans eux, il n'y aurait pas de commerce. Leur tâche est ainsi de prévenir les incendies et problèmes en magasins. La partie secourisme et premiers soins est essentielle. « L'appel de secours doit être précis, il peut sauver une vie », observe éric Gaboreau, ancien pompier de Paris durant quinze ans. Principal handicap de ce métier exigeant, le salaire de base, peu élevé (1 200 E par mois), dissuade encore beaucoup de candidats.

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