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Le métronome de la livraison

 | par JEAN-BERNARD GALLOIS

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carrière Fonction clé de la distribution, de plus en plus prisé par les industriels, le responsable transport prévoit les tournées de livraison. Tout en répondant aux chargements en urgence.

Quand un produit reste à quai, quand un magasin manque de « came », c'est le responsable de transport qu'on appelle. Il doit assurer le transport des biens quand il le faut, week-ends et nuits compris. Réactivité, vitesse, disponibilité sont trois des piliers de ce métier. « On est sur l'immédiat, ce qui implique de réagir au quart de tour, car tout le travail en amont des industriels et des distributeurs peut être détruit par un camion qui arrive en retard », résume Jean-Noël Phélippon, coordinateur du transport chez Système U Ouest. « En juillet 2006, alors que la minicanicule tendait déjà bien les flux, j'ai eu besoin de 25 camions un vendredi à 16 heures, pour le lendemain, raconte son supérieur, Ronan Le Corre, directeur logistique de la centrale. Eh bien, Jean-Noël a trouvé 28 camions le samedi. Surtout, il a tout fait pour que la situation ne se reproduise pas. ça, c'est le travail d'un excellent directeur de transport. »

« Ne rien laisser au hasard, ou alors, le prévoir »

 

Une qualité distingue la nouvelle génération des précédentes, c'est l'anticipation. Sous l'aide croissante de l'informatique, le responsable du transport conjugue désormais trois fonctions. « Il optimise les chargements de marchandises, il référence les transporteurs et il assure la qualité de service, détaille Anna Forte, responsable du transport France chez Cora. Il faut être visionnaire, se projeter à trois ou quatre mois pour lisser au maximum les flux, et laisser le moins possible de place au hasard. Ou alors, de le prévoir. » Ce sixième sens est indispensable à l'heure où la pénurie de camions se fait pressante. Il s'ajoute à un carnet d'adresses, la bible personnelle du responsable du transport, et à sa connaissance du marché, ce qui permet les opérations de sauvetage.

Né avec la montée en charge des prestataires logistiques, qui disposent de flottes et d'entrepôts, le métier de directeur du transport est en vogue, pénurie des camions récurrente aidant. « Il peut exercer son métier sur une plate-forme logistique, en centrale pour le compte d'un distributeur, ou chez un industriel, indique Florent Lebeaupain, manager exécutif senior de la division ADV achats et logistique chez Michael Page. La demande est actuellement importante chez les industriels qui se penchent de près sur ce gisement d'économies crucial. » Au crédit des responsables de transport, il faut porter la capacité de gérer les équipes et la négociation des tarifs avec les prestataires, une qualité qui a longtemps constitué l'âme du métier.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui. « Honnêtement, ma fonction n'est pas d'écraser les transporteurs, martèle Anna Forte. Mon métier est d'écrire des plans de transport et de faire de l'optimisation, de travailler la hauteur des palettes, les flux aller-retour et les tournées entre les magasins. » Confirmation chez Système U Ouest. « S'il le fallait, je n'aurais aucun problème pour baisser mes coûts de transport de 10 %, poursuit Jean-Noël Phélippon, mais je n'aurais ni service ni pérennité. Mon objectif est d'acheter au juste prix. »

Optimiser le chargement des camions

 

Et Anna Forte, par ailleurs présidente du groupe transport de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution d'ajouter qu'en matière de transport, l'heure n'est plus à jouer les industriels contre les distributeurs : « Aux chargeurs d'utiliser le mieux possible les véhicules des transporteurs. À nous de nous adapter à leur organisation. Nous devons travailler la chaîne logistique dans sa globalité, et faire réfléchir les gens dans ce sens. »

Les rôles semblent bien répartis : au directeur de la chaîne logistique la vision logistique, et au directeur du transport sa mise en oeuvre. L'informatique est son pain quotidien. Les prévisions de transport se font à partir des historiques des entrepôts et des commandes, et en intégrant les jours fériés, les vacances, la météo, les disponibilités des camions... Difficile de prévoir les pics d'activité de juillet et décembre, de s'arranger des jours fériés de mai, de tenir compte des congés des uns et des autres. « Nous planifions tout le temps, cinq à six mois par avance, et nous corrigeons par défaut », indique Jean-Noël Phélippon. « Comme le transport n'est pas une science exacte, je donne une vision an- nuelle des pics d'activité et une courbe d'activité hebdomadaire à nos prestataires, précise Anna Forte. Nous ne prévenons pas à chacune de nos 100 promotions annuelles, mais deux mois avant une grosse promotion. De manière à ce que chacun puisse s'engager. »

Le but n'est pas de se transformer en huissier comptable des pénalités. « Je ne supporte pas les pénalités, c'est le début du divorce, poursuit Anna Forte. Nous partageons nos tableaux de bord, nous nous recalons s'il y a une petite erreur de livraison. » Pour ces deux responsables qui ont sécurisé leurs contrats avec les prestataires, l'heure est à l'optimisation du chargement des camions pour réduire la consommation de gazole. Un pas de plus dans la coopération entre industriels et distributeurs.

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