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Travailler dans l'industrie

Le secteur de l’industrie est directement concerné par l’intelligence artificielle

 | par Laure Martin

Le secteur de l’industrie est directement concerné par l’intelligence artificielle
Cela ne concerne pas seulement les métiers issus de l’informatique, mais aussi le marketing et la logistique.
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Les métiers et les compétences sont repensés. De quelle manière ? Le point avec Cécile Dejoux, Professeur des universités au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), responsable de la filière des formations RH, directrice du Learning Lab Human Change-Julhiet Sterwen.

Comment définissez-vous l’intelligence artificielle ?

Il s’agit d’un domaine de recherche en mathématiques et en informatique qui existe depuis les années 1950. La nouveauté aujourd’hui ? L’accélération qui se produit au sein de l’une de ses branches. L’IA est en effet composée de plusieurs branches mais deux d’entre elles sont souvent opposées. Tout d’abord, les systèmes experts qui consistent à donner des règles et des données à des ordinateurs afin qu’ils réalisent des programmes. Le résultat est alors rationnel et déterminé car issu des règles. Puis, les différents systèmes d’apprentissage (machine learning, réseaux neuronaux, etc.), domaines de recherche plus récents. De nombreuses data sont transmises à des algorithmes et, à l’inverse des systèmes experts, nous sommes dans des logiques de probabilité. Aujourd’hui, nous parlons beaucoup de ces systèmes d’apprentissage pour six raisons principales : les processeurs sont de plus en plus rapides, les algorithmes sont de meilleure qualité, le stockage des données est réalisable via le cloud, il est possible de capter plus de données en volume, la quantité de data est également très importante en volume grâce à Internet et aux objets connectés, et la recherche est ouverte. 

Le secteur industriel est-il impacté par l’IA ?

Tout à fait, depuis environ dix à quinze ans, mais de plus en plus ces dernières années. A l’origine, des essais étaient effectués sur des systèmes qui affectent peu d’objets et de clients. Mais aujourd’hui, l’industrie, fortement concernée, devient une industrie 4.0. C’est une chance extraordinaire car cela créé des métiers dans l’industrie et irrigue même tous les métiers, ce qui a des répercussions sur les services et donc sur la croissance. Le marché des robots et de l'Iot industriel triple tous les cinq ans.

Ainsi, au sein de l’industrie 4.0 se dégage deux tendances : l’autonomisation de la production mais aussi le développement des innovations avec des produits et des services connectés. La France est douée dans le secteur. Nos ingénieurs sont performants dans la création des robots et des process. Les industriels français ont consacré à l’investissement industriel près de 25,7 % de leur valeur ajoutée, contre 24,1 % en Italie, 19 % en Allemagne seulement. Seule la Suède affiche un taux plus élevé. Mais nous avons de moins bons résultats dans l’autonomisation de nos usines (cf Rapport de France Stratégie et la Fabrique de l’industrie, 2018). Il est nécessaire d’accompagner les PME françaises à la transformation numérique et à celle de l’IA.

Les métiers sont-ils impactés également ?

Oui en revanche, contrairement à l’idée qui est véhiculée, c’est la composition des tâches dans les métiers qui est amenée à être reconfigurée, et non les métiers en tant que tels. Aujourd’hui, le contrôleur inspecte les ouvriers mais demain, il contrôlera les robots. Quant à l’ouvrier, demain, il pilotera des objets connectés, un parc de mini-robots, des systèmes informatiques. Le grand sujet n’est donc pas la disparition des métiers mais la nécessité de repenser les tâches et la montée en compétences.

Certaines tâches vont être remplacées en raison de l’automatisation notamment pour la gestion des emails, des agendas, des prises de rendez-vous, l’administration, la coordination, la réalisation de tâches physiques et manuelles (cf. Etude du Forum économique mondial sur « The future of jobs 2018 »). D’autres tâches vont se faire avec une assistance, notamment avec l’aide de chat bot, des solutions d’aide à la prise de décision mais la place de l’homme sera toujours présente. Enfin, des tâches vont être ″augmentées″ : ce sont les tâches nouvelles qui ne pourraient pas être réalisées sans l’IA comme la traduction en temps réel, la création de nouveaux types de tableaux de bord dynamiques.

Néanmoins, de nombreux métiers resteront indispensables dans les domaines de la supervision, de l’innovation, de la collaboration et de l’accompagnement. Notons que le pays où la main d’œuvre technologique augmente le plus en Europe est la France avec 7,3 % (rapport Atomico « The State of European Tech 2018 »). Mais les gens vont devoir être plus compétents et avoir plusieurs champs d’expertises pour gérer ces innovations.

De nouveaux métiers vont-ils voir le jour ?

Tout à fait, notamment les métiers liés au contrôle pour surveiller les algorithmes, les biais cognitifs, les parcs de robots. Cela ne concerne pas seulement les métiers issus de l’informatique, mais aussi le marketing et la logistique. Il va par ailleurs falloir redonner confiance aux personnes avec l’arrivée de l’IA, ce qui peut être créateur de métiers. Si la fonction RH sait prendre le virage de sa propre transformation et de l’accompagnement à la transformation des métiers dans l’entreprise, elle pourra alors devenir l’un des piliers des nouvelles relations de confiance qu’il faudra instaurer dans les entreprises à l’heure de la cohabitation Homme-Machine-IA.

Livre

Métamorphose des managers à l’ère du numérique et de l’IA, (co écrit avec E. Leon), Pearson, 2018

 

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