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Les énergies vertes en manque de bras !

 | par par olivier james

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L'engouement pour les énergies renouvelables impacte directement sur l'emploi à tous les niveaux de qualification. Les recrutements massifs attendus, tous profils confondus, laissent même entrevoir un risque de pénurie. L'offre de formation doit au plus vite s'adapter aux nouveaux besoins.

L'appel d'air est sans précédent. En quelques années, le développement, presque soudain, des entreprises positionnées dans les énergies renouvelables a provoqué une vague de recrutement que rien ne semble pouvoir arrêter. « La pénurie dans les énergies renouvelables est un phénomène à la fois naissant et mondial », assure Luigi Slaviero, qui travaille au sein du cabinet de conseil en recrutement de cadres dirigeants Heidrick et Struggles. La raison de cette situation ? « Comme à chaque fois lors de l'émergence d'un secteur technologique, tout le monde s'est d'abord focalisé sur les idées, puis sur les technologies et enfin sur l'argent. Mais une quatrième et dernière étape semble avoir été négligée : la mise en place d'équipes, indispensables pour la réalisation de projets. » Dans le tumultueux boom des énergies renouvelables, alors que les technologies et les investissements sont désormais au rendez-vous, aurait-on négligé le facteur humain ?

D'ores et déjà, les besoins des entreprises vont tous azimuts. En réalité, il n'existe pas de « secteur » des énergies renouvelables à proprement parler. Les besoins recouvrent l'ensemble de la chaîne des activités propres à cette filière, avant tout, industrielle : R et D, conception, production, commercialisation, étude de projets, installation, distribution, maintenance... Et ce, à tous les niveaux de qualification, du CAP à l'ingénieur surdiplômé.

des postes nombreux et non délocalisables

D'après le Syndicat des énergies renouvelables (SER), l'organisation professionnelle regroupant les industriels de l'ensemble des filières, les effectifs pourraient passer de 75 000 emplois aujourd'hui (équivalent temps plein) à plus de 300 000 à l'horizon 2020 ! Une estimation qui a notamment pris en compte l'un des objectifs du projet de loi issu du Grenelle de l'environnement. A savoir : faire passer à 20 % la consommation d'énergie finale d'origine renouvelable en 2020 (lire notre dossier page 101). « Pour le moment, il est difficile de dire quelle part de ces emplois sera le fait d'une création nette, concède Damien Mathon, le délégué général adjoint du SER. Une chose est sûre : le nombre de créations sera élevé et ces postes seront en grande partie non délocalisables. »

Les sociétés françaises, qui n'ont peut-être pas pris le train du renouvelable aussi vite que leurs consoeurs allemandes, s'empressent de rattraper leur retard. Poussées par le vent favorable des aides et des subventions multiples offertes aux particuliers pour l'installation d'équipement, elles doivent renforcer leurs équipes en vue de de répondre à l'expansion du marché.

Du coup, les tensions qui se font déjà sentir sur le marché de l'emploi deviennent un enjeu majeur de développement. C'est en tout cas ce que laisse penser l'enquête publiée en mai (1), menée conjointement par Heidrick et Struggles et New Energy Finance : 96 % des dirigeants interrogés estiment que le recrutement constitue un défi sérieux au développement de leur entreprise. Les postes de directeur opérationnel technique, de chef de projet expérimenté et de directeur général semblent particulièrement recherchés.

Des cadres et des installateurs

Mais si l'étude citée ne concerne que les profils d'encadrement, les besoins sont loin de s'arrêter là. « Il y a de fortes demandes pour les métiers d'installateurs, explique Richard Loyen, le délégué général d'Enerplan, l'association professionnelle de l'énergie solaire. Les métiers de plombier, d'électricien, de couvreur ou bien encore de chauffagiste multicompétents sont déjà en tension. » Ils constitueront, en effet, une grande partie des troupes de la filière solaire thermique et pompe à chaleur, dont les effectifs devraient passer de 2 800 aujourd'hui à 35 000 en 2020, soit une croissance de 1 150 %.

On retrouve, peu ou prou, ces mêmes métiers dans le monde de l'éolien. Mais là encore, « les difficultés pour recruter sont de plus en plus importantes », témoigne Jean-Charles Pericchi. Le DRH de La Compagnie du vent, l'une des sociétés pionnières de l'éolien en France, pointe du doigt la concurrence accrue dans le secteur. Ce ne sont pourtant pas les besoins qui manquent : les effectifs de La Compagnie du vent devraient passer de 71 salariés fin 2007 à 170 d'ici à la fin 2009. Les embauches concerneront aussi bien des ingénieurs que des techniciens. Mais la concurrence dépasse le simple cadre de l'éolien. « Nous nous trouvons en concurrence avec le secteur du BTP », continue Jean-Charles Pericchi. C'est l'une des problématiques de taille à laquelle doit s'atteler le secteur des énergies renouvelables : la convergence en terme de besoins humains avec d'autres secteurs d'activité comme la construction, l'industrie et les énergies traditionnelles (pétrole, gaz, charbon et nucléaire). « Car les emplois dans les énergies renouvelables sont avant tout des emplois classiques adaptés à des technologies nouvelles », selon Damien Mathon. Mais ces filières ont une carte à jouer : celle de l'image. Ce qui fait dire au délégué général adjoint du SER que la pénurie devrait nettement moins toucher les postes en amont, types ingénierie et finance, nombre de jeunes ingénieurs s'enthousiasmant pour la thématique du développement durable.

L'offre de formation, encore émergente, commence d'ailleurs peu à peu à façonner ses contenus en fonction de ces nouvelles demandes. Mais attention ! Elle ne doit pas se tromper de cible. « Il y a une tendance à ce que les formations s'établissent davantage suivant les souhaits des étudiants qu'en fonction des réels besoins du marché », met en garde Raphaël Claustre, le directeur du Comité de liaison énergies renouvelables (Cler). Un problème dont a conscience un certain nombre de directeurs de formation.

gare a la spécialisation des formations

« Depuis la création en 2000 de notre licence professionnelle, nous avons établi des synergies avec de nombreux chefs d'entreprise, précise Yvan Pujol, le responsable de la licence professionnelle Sciences et technologies des énergies renouvelables à l'IUT de Tarbes. Constituée à 75 % d'intervenants issus du monde professionnel, la formation est fondée sur trois piliers qui répondent aux besoins du marché : les compétences techniques, la communication professionnelle et le management de projet. »

Preuve de son succès, ce sont 500 étudiants, principalement détenteurs de BTS et de DUT, qui demandent tous les ans à passer par cette année de spécialisation. Pour seulement 50 places... Pourtant, malgré leur multiplication, ces formations n'ont pas encore les faveurs de tous les professionnels. L'ensemble des interlo-cuteurs contactés s'accordent tous sur le même point : avant de travailler dans les énergies renouvelables, rien ne vaut un cursus généraliste auquel on ajoutera (via un module, un stage ou une option) une touche de renouvelable. Gare à l'hyperspécialisation ! L'enjeu clé de la formation, initiale et peut-être plus encore continue, ne se situerait pas tant dans les filières spécialisées (lire le tableau des formations en page 70) que dans l'ajout de contenu spécifique au sein des formations classiques existantes. « Dorénavant, résume Raphaël Claustre, un plombier ne doit plus arriver sur le marché de l'emploi sans avoir touché à un chauffe-eau solaire. » .

 

 

(1) Etude réalisée auprès de 75 dirigeants à travers le monde. Il s'agit de chefs d'entreprise spécialisés dans le secteur des énergies propres, de cadres de haut niveau en charge de l'activité « énergies propres » de grandes entreprises ou de dirigeants de fonds d'investissement spécialisés dans le secteur.

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