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Les nouveaux visages du risk management

 | par La rédaction de  l'Argus de l'Assurance

Les nouveaux visages du risk management
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Réunis à Nantes pour leurs Rencontres annuelles, les risk managers vont pouvoir s'interroger sur un métier en pleine mutation : dilution de la fonction dans l'entreprise, déficit de compétences métier, manque de formation.
PROFIL

Âge
- À plus de 40 %, les membres de l'Amrae ont entre 40 et 50 ans ;
- ils sont 20 % à avoir entre 30 et 40 ans ;
- 25 % sont âgés de 50 à 60 ans.
Ancienneté
- 46 % ont moins de cinq ans d'ancienneté dans la fonction ;
- 24 % ont entre cinq et dix ans ;
- 30 % ont plus de dix ans.
Source : enquête Amrae, janvier 2006.


Évolution de la rémunération selon l'âge (salaire annuel brut)

L'âge, donc l'expérience, compte pour beaucoup dans la rémunération des risk managers. Les écarts semblent très importants. Il est vrai que la fonction est extrêmement hétérogène. C'est sans doute la raison pour laquelle les chiffres de l'Amrae ne concernent que les anciens élèves de l'Institut de management des risques, et non pas tous les membres de l'association.


Répartition des formations en gestion des risques dans les écoles

Le droit domine sans partage un métier que l'on pourrait croire réservé aux techniciens. Les ingénieurs n'arrivent qu'en troisième position, derrière les écoles de commerce. Mais celles-ci profitent du fait que nombre d'ingénieurs, voire de juristes, ont doublé leur formation par l'une de ces écoles.
 

Le métier de risk manager est promis à un bel avenir. Il absorbe, à toute vitesse, les changements sociaux, les évolutions techniques, les modes et les dangers. La profession avait connu un vrai encouragement avec la loi de Sécurité financière (LSF) d'août 2003, qui lui accordait un rôle essentiel dans les sociétés anonymes. Puis elle a subi le contrecoup du recul du législateur, qui a limité la portée de la LSF aux seules sociétés cotées.
Néanmoins, les législations se tournent toutes vers davantage de rigueur dans la gestion des risques et de transparence de la part des sociétés. Le référentiel comptable international, le fameux Coso, a ainsi adopté en 2005 une nouvelle définition du contrôle interne, qui n'est plus qu'une partie d'un ensemble plus grand, la gestion des risques - laquelle comprend l'ensemble des événements pouvant affecter la bonne marche de l'entreprise. Dès lors, l'entreprise a tendance à émietter la fonction de risk manager. Davantage de spécialistes doivent donc être formés mais, en contrepartie, les postes de « grand » risk manager devraient rester rares.

 

La fonction est répartie sur des postes éparpillés dans l'entreprise

Cette tendance se traduit dans le marché du recrutement. « Il y a peu de postes de haut niveau à pourvoir, et beaucoup de candidatures. D'ailleurs, les cabinets de recrutement ne voient que très rarement passer des offres. Lorsqu'un poste est vacant, la nouvelle se sait très vite et l'entreprise reçoit au moins une dizaine de candidatures spontanées », explique Charles Ancelin, responsable du pôle assurances du cabinet de recrutement Michael Page. Quant aux salaires, ils sont fort variables, puisqu'ils englobent des profils extrêmement divers, allant du jeune recruté qui gère les contrats d'assurances, au risk manager de multinationale. « Les entreprises ont de plus en plus besoin de maîtriser leurs risques : soit elles sont cotées et il leur faut informer les actionnaires ; soit la réglementation des pays dans lesquels elles opèrent le leur impose. Elles ont alors deux solutions. Soit opérer avec un chef d'orchestre qui assume une fonction transversale, soit répartir la fonction dans des postes disséminés dans toute l'entreprise », constate Michel Yarhi, risk manager de la Société générale et président de l'Amrae.
Selon lui, la répartition de la tache de risk management sur des postes tenus par des gens non formés est une erreur. Il est vrai qu'un directeur financier sait rarement quelle place accorder à la protection ou à la prévention, et qu'un auditeur sait préconiser, mais pas forcément mettre en place des solutions.
C'est peut-être le nouveau risque professionnel : celui de la dispersion de la fonction, de sa dilution dans l'entreprise. Ce n'est pas tout à fait la vision qu'a Frank Baron, risk manager de Firmenich et animateur, pendant les Rencontres de Nantes, d'un atelier sur les clés du succès pour un risk manager. « On demande de moins en moins de formation en assurance et de plus en plus de compétences métier. Aujourd'hui, pour gérer le risque, les entreprises recherchent moins des spécialistes de l'assurance que des gens connaissant le secteur d'activité et dotés de bonnes compétences managériales. Si l'on dressait la liste des 50 premiers risques de l'entreprise, on se rendrait compte qu'entre 10 % et 15 % seulement sont assurables. Depuis quatre ou cinq ans, on constate que des postes de risk management sont confiés à des gens qui n'étaient pas risk managers », ajoute Frank Baron.
À l'inverse, plusieurs des grands risk managers qui ont perdu leur emploi au fil des fusions et acquisitions ont changé de voie et se sont lancés dans le conseil ou dans l'assistance. Se plaçant en dehors du jeu des conseils habituels, et en particulier de celui du courtage ou des filiales des grands courtiers, ces nouveaux risk managers interviennent parfois comme des intérimaires de luxe. Les entreprises se libèrent ainsi d'une partie de la charge fixe d'un risk manager supplémentaire. Et celles qui sont trop petites pour en supporter les coûts peuvent y avoir accès à moindre frais.



Le diplôme fait défaut, mais l'expérience fait école

Peu de dirigeants ont en effet été formés au risque. Il y a trente ans, lorsqu'ils

faisaient leurs études, les enseignements dans le domaine étaient rares. Aujourd'hui, la plupart des universités de France proposent des morceaux de cursus. Et à Bordeaux, l'Institut de management des risques (IMR) assure une formation complète de 700 heures. En outre, l'Amrae, au travers du Cefar, forme chaque année une quinzaine de professionnels, mais ne souhaite pas augmenter ses promotions. Le besoin d'un véritable cursus diplômant, reconnu par l'État, se fait sentir. En attendant, c'est toujours par un passage dans le courtage ou en compagnie d'assurances que se font les expériences permettant d'accéder au risk management dans un grand groupe.
Sylvie Pelissier a fait des études de droit, puis l'IMR de Bordeaux. « Il n'y a pas de voie royale pour accéder au métier de risk manager. J'ai eu la chance d'être recrutée à la sortie de l'école par Schlumberger. Je suis ensuite passée par la réassurance, chez Partner Re, puis retour en entreprise chez Yves Rocher, que je viens de quitter pour suivre mon conjoint à Toulouse. Le risk management est un métier dans lequel les profils varient beaucoup. L'enquête publiée l'an dernier lors des Rencontres de Deauville montrait qu'il est à 80 % constitué de postes au siège, la plupart du temps à Paris. C'est aussi une profession qui s'ouvre aux femmes. En province, en revanche, on n'y est pas encore. »
L'expérience reste essentielle pour un métier qui, tout en maniant les grands concepts, doit savoir faire prendre des décisions très pratiques.
 

Karim Natouri



« L'EXPRESSION "RISK MANAGER" EST UN FAUX AMI »


Chris Lajtha a participé au recentrage de Schlumberger sur son coeur de métier, les services pétroliers. « Au final, je me suis retrouvé dans une entreprise semblable à celle que j'avais connue dans le passé. C'était un moment propice pour changer de voie et essayer quelque chose de nouveau. Le rôle de "corporate risk manager" dans une grande entreprise est de faire de la communication et de la coordination. L'expression "risk manager" est un faux ami : il est ni strictement vrai ni franchement utile d'imaginer que l'on gère des risques. Les vrais risk managers, ce sont les opérationnels qui gèrent leurs équipes et les outils de production en fonction des équilibres risques-opportunités , réels ou perçus. » Aussi Chris Lajtha conçoit-il son nouveau métier comme une sorte d'assistance à maîtrise d'ouvrage en gestion de ces équilibres risques-opportunités. « Je représente un coup de main supplémentaire, autant pour les PME que pour les multinationales. » Selon Chris Lajtha, les PME-PMI françaises sont conscientes des enjeux, « mais alors, le risk manager est bien souvent le président de l'entreprise. Et parce que ce sont des entrepreneurs, ce sont les gens les plus à l'aise au monde avec la gestion des équilibres risques-opportunités. Pour eux, cet équilibre est une question de vie ou de mort. J'ai beaucoup de plaisir à travailler avec ce genre d'entreprise, car on y parle directement au président, au conseil d'administration ou au directeur financier, et j'apprends autant que je renseigne ».

 

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