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Mastère, Master, Master’s, MBA : le point sur une constellation d’appellations

Mastère, Master, Master’s, MBA : le point sur une constellation d’appellations
Éric Parleba, CGE.
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Un simple « e » peut faire toute la différence. Un « Master » n’est pas un « Mastère ». Pas plus qu’un « Master spécialisé » n’est un « Mastère spécialisé ». Un « Master of science » couvre des réalités différentes selon que ce diplôme a été décroché au sein d’une école française ou d’une université américaine. Il est temps de faire le point.

« Prenons un parent qui veut s’assurer de la qualité d’un diplôme pour l’inscription éventuelle de son enfant. Il demande à l’école si le diplôme en question est reconnu par l’État. Elle lui répond par l’affirmative en jouant quelque peu sur les mots : c’est un “cycle Master” ou “un programme de Master” ou encore un diplôme donnant le “niveau Master”. Elle ne ment pas. Il est rassuré. Et pourtant, les deux interlocuteurs ne parlent pas de la même chose. Un “cycle Master” n’est pas le diplôme national de Master », pose Céline Manceau, rédactrice en chef adjointe à l’Etudiant, le magazine référent sur l’enseignement supérieur. Une illustration qui nous plonge en plein dans le maelström des Masters et de ses homonymes. Voici quelque définitions et conseils pour ne pas perdre le Nord.

 

Un Master : un diplôme et un grade

C’est le dernier-né des grades universitaires, il se glisse entre la licence et le doctorat, équivalent à un Bac +5. Mais c’est aussi un diplôme, le diplôme national de Master.

 

La garantie

Le grade Master est né avec la déclaration de Bologne de 1999, visant à créer un espace européen de l’enseignement supérieur et à « rassembler sous une appellation unique un ensemble de diplômes et de titres, de niveau comparable, délivrés au nom de l’État et bénéficiant de sa garantie ». Il garantit donc que la formation a été évaluée par l’État et remplit les différents critères, comme le niveau de recherche et l’exposition aux échanges internationaux. Il assure aussi une visibilité du diplôme au niveau européen. Il ouvre l’accès au grade supérieur : le doctorat. Le diplôme national de Master a aussi été soumis à l’habilitation de l’État et confère automatiquement le grade de « Master ».

« Cette nouvelle dénomination a permis, d’une part, de créer un cycle sur 2 ans. Alors qu’auparavant un étudiant s’arrêtait à la maîtrise (Bac +4). Aujourd’hui, la plupart poursuivent jusqu’au Bac +5. Il estompe aussi la dichotomie entre recherche et professionnalisation qui existait avec le DEA et le DESS », observe Gilles Roussel, président de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée.

Le repérage. Le diplôme Master est uniquement délivré par un établissement public, autrement dit les universités ou les écoles ayant un partenariat avec ces dernières. Le grade « Master » est attribué automatiquement à toutes les formations permettant l’acquisition du titre « ingénieur ». Concernant les écoles de commerce, il faut consulter le Bulletin officiel de l’Éducation nationale.

 

Mastère, un « e » en plus

C’est un diplôme d’école. Il n’a pas été habilité par l’État ni accrédité par la Conférence des grandes écoles. Certaines écoles jouent ainsi sur l’ambiguïté, sans en être inquiétées. Le Code de l’éducation, antérieur à la naissance du « Master », spécifie dans son article L. 731-14 que tout responsable d’un établissement d’enseignement supérieur décernant « des certificats portant le titre de baccalauréat, de licence ou de doctorat, est puni de 30 000 euros d’amende ». Le projet sur l’enseignement supérieur qui sera débattu avant l’été prévoit d’ajouter « est puni de la même peine, le responsable d’un établissement qui décerne des diplômes portant le nom de Master, alors qu’il n’a pas été autorisé, dans les conditions fixées par décret, à délivrer, au nom de l’État, des diplômes conférant le grade de Master ». Mais si le Master prend un « e », comme dans Mastère, l’État comme la CGE peuvent difficilement agir.

 

Mastère spécialisé : une spécialité des écoles françaises

Le Mastère spécialisé est un nom déposé par la Conférence des grandes écoles. Le diplôme est ouvert à tous les diplômés d’un niveau Bac +5 ou Bac +4 et justifiant de 3 années d’expérience. Il comprend au moins 350 heures de formation. Il a été accrédité pour une durée de 6 ans par la Conférence des grandes écoles et répond à 17 critères tels que la légitimité de l’établissement, la capacité à répondre à un besoin des entreprises, le contenu des enseignements, la qualité du corps professoral. Seules les écoles membres de la CGE sont habilitées à déposer un dossier. « Le label assure la qualité d’un enseignement, ses débouchés professionnels et un réseau de 70 000 anciens, déroule Éric Parlebas, en charge de la commission d’accréditation à la CGE. Du coup, on est copié et des noms farfelus apparaissent “Master spécialisé” ou “Mastère”. L’Agires fait de la pédagogie auprès des entreprises. Nous diffusons chaque année la liste des MS accrédités. »

 

Master of science : version française et version anglaise

Le Master of science est le 2e enfant de la CGE. C’est l’équivalent du MS – le nom a aussi été déposé – avec une particularité : la formation se déroule en anglais. À ne pas confondre avec les autres Master of science dispensés dans les universités d’Amérique latine ou américaines, par exemple, n’ayant aucun lien avec la CGE. Il s’agit alors d’un diplôme sanctionnant de une à quatre années d’études supérieures.

 

Le Master of Business Administration ou MBA

Il est né dans les business school américaines au début du XXe siècle. Il s’ouvre à un public justifiant de quelques années d’expérience et désireux de combler des lacunes en management, finance, et gestion, par une (MBA européens) ou deux années de formation (MBA américains). Le nom n’est pas déposé. Néanmoins, il existe des organismes d’accréditation, comme l’AACSB aux États-Unis, l’AMBA au Royaume-Uni ou l’EQUIS en Europe évaluant la qualité des programmes. Et chaque année, plusieurs journaux, tels queBusiness Week ou le Financial Times, dressent un classement des meilleurs MBA.

Lucile Chevalier

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