emploipro.fr le site d’offres d’emploi professionnelles des magazines

L'argus de l'assurance L'usine nouvelle Lsa Neo restauration Le Moniteur

MBA ou MS : nos conseils pour faire le bon choix

 | par Lucile Chevalier

MBA ou MS : nos conseils pour faire le bon choix
Christian Gury.
  • partager avec Facebook
  • partagez avec twitter
  • partager avec google +
  • partager par email
  • imprimer

Une envie de monter en compétences et en responsabilité ? Les MBA et les MS s’adressent à tous les cadres avides de trouver des programmes qui doperont leurs carrières. Mais lequel choisir ? Voici des éléments de réponses pour savoir si vous êtes plus fait pour un MS ou pour un MBA.

« Les anciens de notre MBA disent souvent que notre programme a changé leur vie », déclare avec emphase l’Insead sur la page de présentation de son MBA. En effet, ce « cursus d’apprentissage accéléré sur 10 mois » transforme des cadres à haut potentiel en « leaders à succès, porteurs d’une vraie valeur ajoutée pour leur entreprise » et bien mieux rémunérés. Le salaire des participants à ce programme double dans les années suivant la fin du cursus, précise le Financial Times (cliquez ici pour découvrir les TOP MBA selon Financial Times : http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/global-mba-ranking-2014).

Pour les Mastères spécialisés, plus jeunes et plus français, on retrouve les mêmes ficelles dans l’argumentaire. L’Essec, certes avec moins de lyrisme, définit ces Mastères spécialisés comme d’« excellents moyens d’élargir compétences et opportunités professionnelles ». Ils permettraient dans certains cas de faire un bond salarial pouvant atteindre les 25 %. Bref, le discours est alléchant et se vend d’ailleurs très bien auprès des cadres, toujours plus nombreux à être à la recherche de programmes de formation dopant leurs carrières. Ainsi, les effectifs inscrits au titre de la formation continue dans les MS n’ont cessé d’augmenter pour atteindre les 28 % (voir ici liste des MS : http://www.cge.asso.fr/nos-labels/ms/liste-des-ms). Et chaque année, un millier de cadres se ruent sur les dossiers d’inscription d’un des 10 meilleurs MBA mondiaux. Ah, faire carrière ! D’accord, mais lequel de ces deux types de diplôme amène le plus sûrement à bon port ?

 

Les stratégies de carrière

Le cabinet de recrutement Michael Page et le spécialiste de la gestion de carrière, Christian Gury, préfèrent prévenir. « Un MBA ou un MS n’est pas une baguette magique. Il n’y aura d’effets si, et seulement si, le diplôme visé s’inscrit dans la logique et la continuité d’un projet professionnel. » Cela entraîne le cadre à se poser ces deux questions. Quel poste dois-je viser à moyen et à long terme ? Une formation diplômante est-elle nécessaire pour l’atteindre ?

Les réponses à ces deux questions vont alors l’orienter soit vers un MS, soit vers un MBA, soit vers aucun des deux. « Un MS s’adresse à un candidat qui occupe une certaine fonction et qui désire poursuivre dans cette fonction mais à un niveau plus élevé, précise Fabienne Delorme, associée en charge de la Practice Industry au sein du prestigieux cabinet de chasse de têtes CTPartners. Un acheteur, par exemple, suit un MS en achat international pour approfondir son expertise et élargir son périmètre d’action. Il grimpera mais dans un champ précis, celui de la fonction achat. On est dans une logique d’approfondissement d’une expertise. Le MS apporte ici une vraie valeur. »

Le MBA, c’est autre chose. « On en fait un pour sortir de l’expertise, de l’opérationnel pour aller vers plus de management, de stratégie », analyse Joëlle Planche-Ryan responsable du développement du pôle Carrière de la société des anciens des Arts et Métiers. Elle se souvient du cas d’un ingénieur, chef d’une petite entité de R&D de 5 personnes. Sa société a financé son MBA. Il est retourné sur les bancs de l’école et en est revenu avec une nouvelle approche et un discours plus stratégique sur son métier. Il a fait savoir qu’il était intéressé par la prise en charge de projets transversaux. Il y avait là une business unit de 20 personnes qui battait de l’aile. Son employeur lui a confié l’affaire, à charge pour lui de donner un nouveau souffle. Ce qu’il fit. Il dirige, aujourd’hui, une des grosses filiales du groupe à l’étranger.

Pour les MS, Joëlle Planche-Ryan décrit d’autres parcours. Celui de cette ingénieure des Arts et Métiers qui voulait occuper un poste opérationnel dans un cabinet de conseil. Elle a suivi le MS en stratégie d’HEC dans la poursuite de ses études. L’expertise acquise lui a ouvert les portes du monde du conseil. Elle a décroché le poste qu’elle visait. Il y a aussi cette jeune femme qui travaillait pour une entreprise industrielle. Elle y avait appris le marketing sur le tas. Pour légitimer son expérience et approfondir ses compétences en la matière, elle a décroché un MS en marketing et communication. Elle est revenue dans son entreprise et a été rapidement repérée par une autre société qui lui a confié un poste à responsabilité dans le marketing. Pour résumer, dans les 3 cas, MBA et MS ont été des accélérateurs de carrière mais pas dans le même type de carrière.

 

Savoir, savoir-faire et savoir-être

On aurait pu s’en douter rien qu’à la dénomination des deux cursus. Un MS spécialisé quand un MBA apporte des outils de gestion d’entreprise. Autrement dit, « un MBA apporte un savoir-faire et un savoir-être quand les MS sont beaucoup plus dans le savoir », résume Daniel Porot (voir ses autres conseils carrière sur Porot.com www.porot.com), autre spécialiste de la gestion de carrière. Il suffit, d’ailleurs, de jeter un œil sur les programmes pédagogiques pour s’en convaincre. À HEC, dans le MS en intelligence du marketing, les participants se mettent en jambe avec des cours d’introduction au marketing (data mining, méthodes statistiques, droit du marketing), poursuivent avec un apprentissage des fondements de la discipline et de ses méthodologies (comportement du consommateur, stratégie marketing, brand management, gestion de projet, digital marketing strategy, etc.) et terminent par le soutien d’une thèse professionnelle appliquée à l’entreprise dans laquelle ils ont effectué une mission de 4 à 6 mois.

À HEC toujours, mais cette fois au sein du MBA, les participants sont formés au marketing comme à la finance, à l’économie, au management. L’approche y est sensiblement différente. Ces cours doivent les rendre capables de « comprendre les apports du marketing dans la plus-value d’une entreprise », de « décrire et analyser les spécificités d’un marché en utilisant les données disponibles sur l’environnement, les clients et les concurrents », de « développer une stratégie marketing à partir des ressources disponibles sur une entreprise et de son potentiel sur un marché », détaille HEC.

 

Les réseaux

Une différence de pédagogie et des équipes pédagogiques qui ne sont nécessairement pas les mêmes. « Les équipes de nos MS sont composées à 70 % par des enseignants (enseignants-chercheurs, enseignants du cycle de formation initiale et enseignants proches des chaires entreprises) et à 30 % par des professionnels du secteur, décrit Florence Durand, directrice opérationnelle de la formation continue à Centrale Paris. Les participants ont ainsi accès à l’excellence académique dispensée par une grande école. » C’est d’ailleurs une des conditions sine qua non pour obtenir le label « MS », attribué par la Conférence des grandes écoles. « On s’assure que l’établissement a les ressources suffisantes pour mettre en place le cursus et que les entreprises sont à la recherche de ces compétences », explique Alain Storck, président de la commission accréditation au sein de la CGE. D’ailleurs, un certain niveau académique, Bac +5 ou à la rigueur Bac +4 avec de l’expérience, est demandé à tous les participants de ces programmes.

Pour les postulants aux meilleurs MBA, sont exigées une richesse dans le parcours professionnel et une ouverture internationale. La couleur est annoncée dès la composition du dossier de candidature comprenant lettres de recommandation, CV, score obtenu au TOEFL attestant d’un excellent niveau d’anglais et « essays » sur le thème d’une expérience professionnelle réussie, d’une expérience à l’étranger. Les promotions sont ainsi riches de différentes nationalités (60 pour la promo 2014-2015 du MBA de Harvard) et de différentes expériences : manager, acheteur, commercial, ingénieur travaillant dans le conseil, la finance, les NTICS, la santé, l’industrie.

« Avec un MBA vous créez des liens avec des hauts potentiels venus de tous les pays du monde. Avec un MS vous rencontrez des spécialistes d’une fonction, d’un secteur », poursuit Daniel Porot. Ce ne sont donc pas les mêmes réseaux qui s’ouvrent selon que l’on est fait un MS ou un MBA.

 

Le bon moment

MBA ou MS ? Tout dépend donc de vos aspirations professionnelles. Il faut que cela ait un sens dans votre parcours. Il faut aussi choisir le bon moment pour le faire. « Pour un MBA, il faut avoir autour de 10 ans d’expérience. C’est l’idéal. On doit être également à un moment de sa carrière où l’on n’est pas loin de décrocher un poste de directeur général, de directeur d’une filiale ou d’une business unit. Un MS a encore du sens jusqu’à 45 ans, pour légitimer une expérience, asseoir une crédibilité », explique Christian Gury, expert en gestion de carrière. Il faut aussi choisir le bon marché. « En période de crise, les entreprises rechignent à miser sur des potentiels à moyen terme, elles cherchent plutôt des experts directement opérationnels. Un MBA est moins un accélérateur aujourd’hui dans les pays occidentaux en crise. Il l’est plutôt en Asie ou au Moyen-Orient, sur des marchés à forte croissance », conclut Nicolas Leroy, directeur Industrie et Supply-Chain chez Michael Page.



Partagez cet article

NEWSLETTER

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la newsletter !

Vous aimerez aussi

Le compte professionnel de formation : moins de 3% des actifs font valoir leurs droits

Le compte professionnel de formation : moins de 3% des actifs font valoir leurs droits

Quelles sont les envies de reconversion des Français ?

Quelles sont les envies de reconversion des Français ?

Quelles sont les envies de reconversion des Français ?

Quelles sont les envies de reconversion des Français ?

Mettez votre Ikigaï au service de votre réussite professionnelle!

Mettez votre Ikigaï au service de votre réussite professionnelle!

GRATUITL'aéronautique recrute mais manque de candidats

Déposez votre cv et devenez visible des recruteurs

Je dépose mon cv
Suivez-nous sur Facebook !

8723 offres d’emploi en ligne

Fermer X