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Mieux diriger : "Je dois motiver mon équipe pour une échéance cruciale"

 | par Jean-Michel Meyer

Mieux diriger : Je dois motiver mon équipe pour une échéance cruciale
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Privé de titulaires incontestés, à la recherche de joueurs aux postes clés, à la tête d'un collectif fatigué, Bernard Laporte mobilise sa science du ballon ovale pour bâtir une équipe conquérante pour la Coupe du monde. " Etre coach, c'est d'abord ne pas se mentir ", assure-t-il. Un message pour les managers ? Ses recettes pour rebondir.

Sélectionner les meilleurs
" Le plus dur est de faire la sélection des meilleurs joueurs pour chaque poste. Je les décèle en supervisant tous les matchs de clubs. Après, il faut préparer les rencontres. On ne peut pas être un entraîneur si on n'aime pas les autres pour les rendre plus performants et amener l'équipe à 120 % de ses moyens. Le rugby est un sport de combat. L'engagement physique est déterminant. Il y a une notion d'usure physique de l'adversaire. Ce sont les hommes qui gagnent, pas le système de jeu. Cela demande de la générosité, du courage, de la solidarité et un travail quotidien. L'aisance vient de la répétition des gestes fondamentaux. On ne peut s'entraîner sans conviction et en avoir sur le terrain. Une équipe à une âme. Lorsque le courant passe, les forces s'additionnent. "

Favoriser la cohésion
" Le coach est un professionnel de l'écoute. Je dois donc instaurer une capacité d'échange permanente entre le staff et les joueurs. Je ne dois jamais laisser de non-dits. J'aime les individus francs. C'est le point de départ de la cohésion. En tant qu'entraîneur, je dois solliciter l'écoute. Je suis celui qui sélectionne, c'est donc à moi d'aller vers les joueurs. L'écoute, il faut la déclencher par la discussion, en s'appuyant sur un groupe de 4 à 5 joueurs exemplaires, qui constitue un réseau de débriefing permanent pour déceler les problèmes. J'explique pourquoi je sélectionne tel joueur et écarte tel autre. Ce qui ne veut pas dire que je fais toujours les bons choix ! Mais être exemplaire, c'est expliquer. Et il faut rester vigilant pour ne pas laisser pourrir la situation. Sinon, ce n'est plus gérable. "

SON EXPÉRIENCE DEUX CAS VÉCUS

1. Une cuisante défaite
" Le 8 mars, nous avons été battus par l'Irlande : 15 à 12. Ce jour-là, on était inefficaces, sans discipline de jeu, peu inspirés. J'ai eu l'impression d'une trahison. Beaucoup se sont mentis ce jour- là. Si on n'a pas le mental, on redevient un joueur anonyme qui n'est plus conquérant. "

Les bienfaits du dialogue

" Après la défaite, j'ai dû pousser un coup de gueule... le débriefing à chaud dans les vestiaires a permis de saisir les sensations des joueurs. J'ai incité au dialogue pour que tout le monde vide son sac et qu'une ligne de jeu soit redéfinie. Ensuite, le staff technique a décortiqué la rencontre. Puis nous nous sommes réunis pour parler. Un joueur ou un entraîneur qui n'écoute plus s'éloigne de la vérité. "

2. Le capitaine écarté
" Le 7 avril 2001, les Anglais ont étrillé les Bleus, battus d'un sévère 48-19. Fabien Pelous, le capitaine français perd son brassard. Il est écarté. Je lui ai dit : "je ne sais pas ce qui se passe, mais tu n'es plus au niveau." Je l'ai poussé pour qu'il redevienne le meilleur. "

Les vertus de la remise en cause

" Le 19 mars 2002, le deuxième ligne signe son retour en équipe de France. Incontestable à son poste, Fabien Pelous a retrouvé son statut de capitaine. Il s'est entouré d'un diététicien et d'un préparateur physique pour comprendre ce qui lui était arrivé, retrouver sa motivation et son niveau de jeu. Comprendre, c'est déjà avoir gagné. Un joueur doit se dire : ce soir, je serai meilleur que ce matin. " 
 



L'entraîneur doit être entraînant
" Derrière le mot entraîneur, il y a entraînant. Je dois donc créer les conditions de la motivation et la transmettre dans la bonne humeur. Si mes joueurs arrivent sur le terrain avec entrain, le match est à moitié gagné. Pour éviter la monotonie et la lassitude de l'entraînement, je m'entoure d'un staff technique (diététiciens, masseurs etc.) qui a aussi un rôle clé. Au début, j'ai commencé sans adjoint car je ne connaissais pas les autres entraîneurs. Alors j'ai fait un tour de France des clubs pour les rencontrer. J'ai mis deux ans avant de composer mon staff. Je ne voulais pas me tromper et me séparer d'un adjoint après quelques mois. L'effet aurait été désastreux sur le groupe. J'ai choisi mes adjoints en fonction de mon idée du rugby et de la vie. Tout est sain et cohérent entre nous. Les joueurs le perçoivent. C'est ensemble que l'on progresse.
 

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