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Mieux diriger : "Je sais faire avec peu de moyens, mais je veux les pleins pouvoirs"

 | par Sylvie Andreau

Mieux diriger : Je sais faire avec peu de moyens, mais je veux les pleins pouvoirs
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Une équipe nationale est comparable en bien des points à une grande entreprise, et un club à une PME. Le coach n'y est donc pas confronté aux mêmes problèmes, comme l'explique Nick Mallett, entraîneur de rugby.

Imposer d'entrée ses règles
« Contrairement à un club, où les contraintes d'un entraîneur sont d'abord d'ordre budgétaire, une équipe nationale, comme une grande entreprise, est un univers très politique où le poids des dirigeants est considérable. C'est d'autant plus vrai en Afrique du Sud où le rugby est aux mains d'un petit groupe de personnes influentes. Je suis arrivé là, en 1997, comme un outsider, faute de candidats au poste d'entraîneur. Cela m'a permis d'imposer mes règles.
J'ai d'abord mis en place ma propre équipe : du bagagiste, à mes adjoints directs, en passant par le kiné. Il était hors de question de prendre le risque qu'on me plante un couteau dans le dos. Ensuite, j'ai mis sur pied un comité de sélection pour éviter toute pression de la part des baronnies régionales. J'ai pu ainsi ne travailler que pour les joueurs et ne penser qu'à eux. On a eu des résultats. L'Afrique du Sud a remporté pour la première et seule fois de son histoire les Tri Series, une compétition où s'affrontent Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande. Elle a terminé troisième de la Coupe du monde 1999. A partir de là, pour progresser encore, je devais m'attaquer aux structures mêmes du rugby sud-africain. Moi, je ne veux faire travailler un groupe que s'il peut progresser. Alors, j'ai mis noir sur blanc un document de référence, un plan d'actions, comme pour une entreprise. Je suis sorti de mon rôle de coach, ce qui a été très mal perçu. Et j'ai été débarqué. »

Assurer la cohésion du groupe
« Cette saison, je dois faire face à un problème lié cette fois à mon effectif. Le Stade Français va perdre 13 joueurs, retenus en sélection nationale pour la Coupe du monde. C'est beaucoup plus que dans n'importe quel autre club français ou anglais. Je vais devoir gérer les absences, les retours et la reprise au sein du club. Dans quelle forme et dans quel état psychologique reviendront les joueurs ? Combien de temps leur faudra-t-il pour s'en remettre ? Ce sont autant d'incertitudes. En attendant, il faut faire des résultats avec le groupe qui reste. Cette saison, j'ai privilégié le recrutement de jeunes, faute de moyens. De fait, le groupe fonctionnera cette année encore, sur le principe de la compétition. Chaque week-end, les meilleurs seront sur la feuille de match. Mon problème n'est donc pas de mettre en place une tactique compliquée, d'être un coach brillant techniquement, mais d'assurer la cohésion du groupe. Gérer les déceptions, expliquer mes choix, passer du temps avec chacun, discuter des solutions pour consolider le groupe... Les joueurs ont besoin de savoir. Je passe donc un maximum de temps avec eux. Et pas seulement pendant les heures d'entraînement mais aussi, lors des déjeuners, sur un terrain de golf ou autour d'un jeu de cartes. »
 

 

DEUX CAS VÉCUS

1. Un groupe devient hostile.
« En juin, nous avons remporté la finale du championnat de France. La victoire était acquise avant le coup de sifflet final. Je n'ai pas fait entré sur le terrain l'un des plus anciens joueurs du club qui n'aura peut-être plus l'occasion de jouer une finale. »
Gérer les déceptions.
« Ce joueur ne m'a pas parlé pendant trois semaines, tous ses amis m'ont fait la gueule. Mêmes les serveuses du restaurant où les joueurs ont l'habitude d'aller et où je déjeune régulièrement ne m'adressaient plus la parole. J'ai laissé passer l'orage... Si on rejouait le match, je referais la même chose. Dans une finale, un rien peut faire la différence. Il ne faut prendre aucun risque. »
2. Deux joueurs quittent le club
« J'ai assez mal vécu deux départs en fin de saison dernière. Bien sûr, il y avait des motivations financières derrière cela, mais pas seulement. C'était d'autant plus dur qu'il s'agissait de types adorables. Ils n'ont pas admis que je recrute d'autres titulaires à leur poste, ni accepté ma politique de mise en compétition au sein du groupe. »
Assumer ses choix
« J'ai été joueur, capitaine, entraîneur... Je sais que jouer la doublure n'est pas agréable et que dans le rugby professionnel, il y a des choix de carrière à faire. Alors, j'ai beaucoup parlé avec les garçons, en leur rappelant que quand tu rentres sur le terrain, ni le salaire ni la technique n'ont d'importance. Tout le monde est au service du collectif. Ce à quoi je dois veiller. »
 

 

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