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Mieux diriger : "Pour prendre le pouls de mes troupes, je suis sur le terrain"

 | par Philippe Deleau

Mieux diriger : Pour prendre le pouls de mes troupes, je suis sur le terrain
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Ancien responsable du Service d'information et des relations publiques de l'armée de l'air, le général Gilles Guérin-Talpin a dirigé l'une des plus importantes bases aériennes, à Bourges. Sa méthode : le "management baladeur", qui permet de gérer les problèmes au fil de l'eau.

Se balader pour sentir l'ambiance.

« Je pars du principe que les gens heureux travaillent bien, salariés ou soldats. Or, pour les rendre heureux, il faut les écouter, les comprendre. Je prends le temps de me promener sur la base, ce qui est un peu contraire aux habitudes... C'est la meilleure façon de savoir dans quelle ambiance ils travaillent ou de déceler une crise. Souvent, les non-gradés pensent qu'on les ignore. Ce qui intéresse les soldats avant tout, c'est leur vie quotidienne. Ils n'aiment pas qu'on leur perturbe leurs habitudes en changeant leurs horaires ou en déplaçant leur machine à café, comme des ouvriers dans une usine... Tout cela joue sur leur motivation. Parmi les tonnes de « salades » qu'ils débitent, je suis à l'affût de l'idée géniale qui va améliorer l'organisation. Un jour, un soldat m'a suggéré de déplacer un hangar à un autre endroit de la base. Si je n'étais pas sorti de mon bureau, je n'aurais pas réalisé que cet aménagement perturbait leur efficacité. Bien sûr, ce travail d'écoute prend du temps, il faut savoir être patient. C'est ce que j'appelle le « time management ».
l Repérer les non-dits qui en disent long...
« Je suis le big boss alors, évidemment, mes hommes se figent un peu dès qu'ils me voient. Il est vrai que dans l'armée, la hiérarchie a un poids énorme ; un général qui se balade, ça surprend ! J'ai donc un peu de mal à établir un contact direct et sincère. C'est à moi de nouer le dialogue. J'essaie d'abord de détendre l'atmosphère. Lorsque j'arrive, mes gars se mettent aussitôt au garde à vous. Il m'arrive de leur répondre une boutade du genre : "Je vous en prie, restez couchés !" Ils se sentent tout de suite plus à l'aise. Je les rassure en leur disant que je ne suis pas venu pour faire une inspection surprise. Je veux juste savoir dans quelle ambiance ils travaillent. En me baladant, j'essaie de repérer les différentes personnalités du groupe : le timide, le meneur, le boute-en-train... J'écoute poliment les banalités qu'ils me racontent et que je connais déjà... Mais ce qui m'intéresse, c'est tout le reste : les non-dits. Pendant que l'adjudant-chef me parle, mes yeux partent à la recherche d'autres signaux. Lorsque j'ai aperçu celui qui est le plus caché : le timide ou le plus jeune, je m'avance vers lui et j'entre dans son domaine. Je l'isole des autres, en le regardant dans les yeux. Parfois, je n'hésite pas à le décrisper par une boutade : "Evidemment, vous êtes d'accord avec tout ce qui vient d'être dit ?"»
 

Changer les rôles pour dissiper une crise.
« Je le mets en confiance en lui parlant du sujet où il se sent le plus à l'aise : son boulot quotidien. Ensuite, je me laisse guider par son fil conducteur. S'il fait allusion à un problème avec son supérieur hiérarchique, je ne le mettrai jamais en porte-à-faux avec lui. En revanche, j'aviserai en changeant, par exemple, les affectations. Dans une troupe, il y a rarement de bons ou de mauvais. Ce n'est pas l'individu qui est mauvais mais sa place ou son rôle. Sur une base de 3 000 personnes, il suffit parfois d'en déplacer deux ou trois et ça marche mieux. C'est en pratiquant le "management baladeur" que je peux gérer les problèmes au fil de l'eau et les éventuels conflits larvés. »
 

 

Son expérience
1. Respecter les manies des uns et des autres
« Lors des réunions, j'avais interdit de fumer pour le respect de tous les participants. Un jour, l'un de mes hommes m'a fait savoir qu'il avait besoin d'aller fumer une cigarette pour mieux se concentrer. J'étais partagé entre cette demande légitime et la décision que j'avais prise. »
Une pause pour le bien-être...
« Depuis ce jour, j'ai décidé d'interrompre mes réunions toutes les 45 minutes par une pause de 10 minutes. Je me suis rendu compte que ce n'était pas du temps perdu, bien au contraire ! Ce sont dans ces moments informels que les choses se disent. Par ailleurs, en sortant fumer une cigarette ou en se rendant aux toilettes, les participants revenaient avec les idées plus claires. »
2. Rompre avec l'anonymat
« Un jour, mon assistante m'a passé une communication téléphonique ; elle n'avait pas compris le nom du correspondant et lui demanda de préciser son identité. Mais elle prit la personne pour une autre. Elle pensait avoir affaire à un responsable d'atelier situé à l'autre extrémité de la base, alors que son interlocuteur au bout du fil était dans un bureau tout près du mien ! Le problème : elle ne l'avait jamais rencontré... »
Une tournée de présentation s'imposait...
« Atterré par ce quiproquo, j'ai décidé d'emmener sur le champ mon assistante faire le tour de la base. Je l'ai présentée aux responsables des différents services. En huit ans de carrière, elle n'avait jamais fait cela ! J'ai réalisé combien tous ces petits riens déshumanisent le travail et peuvent nuire à la motivation. »
 

 

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