emploipro.fr le site d’offres d’emploi professionnelles des magazines

L'argus de l'assurance L'usine nouvelle Lsa Neo restauration Le Moniteur

« Nous allons favoriser l’accès à la formation des peu qualifiés »

« Nous allons favoriser l’accès à la formation des peu qualifiés »
Michel Sapin.
© Pascal Guittet.
  • partager avec Facebook
  • partagez avec twitter
  • partager avec google +
  • partager par email
  • imprimer
Supprimer les inégalités d’accès à la formation, sécuriser les parcours professionnels via le compte personnel de formation et enfin faire de la formation professionnelle un levier de compétitivité pour notre économie et les entreprises. Le ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Michel Sapin, explique comment il va s’y prendre pour relever ces défis.

Un an après les accords de sécurisation de l’emploi, Michel Sapin engage le chantier de la réforme de la formation professionnelle. Il explique pourquoi elle est nécessaire et pourquoi c’est le moment. Interview.

 

Emploi-Pro. Pourquoi entreprendre cette réforme ?

Michel Sapin. Combinée à la révolution scolaire, la grande loi de 1971 sur la formation professionnelle a permis à notre pays de former des générations entières et d’élever considérablement le niveau des compétences. Mais, depuis 10 ans, ce grand élan s’épuise. Le nombre d'étudiants n'augmente plus. La participation de l’entreprise aux dépenses de formation stagne. Le droit individuel à la formation, créé en 2004, n’a pas tenu ses promesses et les demandeurs d’emploi ou les salariés en situation de vulnérabilité accèdent toujours moins que les salariés les mieux insérés aux dispositifs de formation. Une grande réforme de la formation professionnelle s’impose. Elle n’a pas été faite au cours de ces dix dernières années, au risque de laisser la France prendre du retard sur le terrain des compétences et de la compétitivité : il faut maintenant relever le défi.

 

Emploi-Pro. Quels sont les points clés de cette future réforme ?

Michel Sapin. Il y a deux enjeux majeurs dans la négociation. Premier enjeu : nous allons favoriser l’accès à la formation des salariés les plus exposés au risque de chômage, les peu ou pas qualifiés. Ceux pour qui les ruptures et les transitions sont fréquentes. Cela peut impliquer de revoir à la fois le contenu du plan de formation et ses modalités de financement en ciblant mieux les fonds de la formation professionnelle vers ces publics fragiles. Second enjeu : faire de la formation professionnelle un véritable investissement collectif pour l’emploi au sein de l’entreprise. Il faut sortir d’une pratique, jugée parfois bureaucratique de la formation, pour en faire l’expression d’une stratégie de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise, l’employeur et les salariés par l’intermédiaire de leurs représentants. La mise en œuvre du CPF (compte personnel de formation) constituera la pierre angulaire de cette réforme. Avec le compte, les droits à la formation ne seront plus caducs si le salarié change d’emploi ou perd celui-ci. Ils seront attachés à sa personne, le suivront systématiquement et seront toujours mobilisables au moment le plus opportun, en particulier dans les phases de transition : la question clé aujourd’hui est celle des parcours professionnels qu’il faut sécuriser.

 

Emploi-Pro. Pourquoi cette réforme marcherait-elle mieux que les précédentes réformes de la formation professionnelle ?

Michel Sapin. Je répondrai à cette question quand nous serons au terme du processus... Mais d’ores et déjà, je peux vous dire que cette réforme se déroulera selon une méthode éprouvée et efficace, celle du dialogue social « à la française » qui fait une véritable place à la démocratie sociale au sein de la démocratie politique. Place donc d’abord à la négociation. Prenez l’exemple de la sécurisation de l’emploi, c’est ce qui nous a permis de réussir. Sur le fond, cette réforme connaîtra le succès si elle parvient à concilier le besoin de sécurisation des salariés et le besoin de compétitivité des entreprises. J’ai confiance. C’est une chance historique : nous ne devons pas la manquer.

 

Propos recueillis par Lucile Chevalier

Partagez cet article

NEWSLETTER

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la newsletter !

GRATUITL'aéronautique recrute mais manque de candidats

Déposez votre cv et devenez visible des recruteurs

Je dépose mon cv
Suivez-nous sur Facebook !

8723 offres d’emploi en ligne

Fermer X