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« Petite, je dessinais des bateaux de guerre »

 | par Marjorie Corcier

« Petite, je dessinais des bateaux de guerre »
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Alexis Blasselle est architecte navale. Rencontre avec une jeune trentenaire au parcours brillant qui parle avec passion de son métier si méconnu.

Voilà six ans qu’Alexis Blasselle a rejoint le leader européen du naval de défense, Naval Group. La jeune professionnelle de 35 ans est aujourd’hui architecte navale, spécialisée en recherche et développement. Comment fera-t-on la guerre demain ? Comment surveiller les océans ? Et surtout avec quels bateaux ? Ce sont les défis qu’elle relève au quotidien.

 

Comment vous êtes-vous dirigée vers ce métier d’architecte navale qui est plutôt méconnu ? 

Alexis Blasselle. « Petite je dessinais déjà des bateaux de guerre ! Malgré cela, j’ai un parcours assez atypique. Après l’Ecole polytechnique, j’ai fait une thèse de Mathématiques appliqués _j’adore les maths ! _ et je suis partie dans une société de travaux publics en tant qu’expatriée en Australie. De retour en France, j’ai été directrice adjointe de chantier sur l’élargissement de l’autoroute A71 à Clermont-Ferrand. Mais la mer me manquait ! Je suis originaire de la région de Marseille, j’ai grandi au bord de la mer, je suis plongeuse… C’est là que j’ai eu l’opportunité de rentrer chez Naval Group.

 

Vous avez donc été formée en interne ?

Oui. Je suis entrée sur un poste en innovation et recherche et développement et j’ai eu l’immense chance qu’on me propose de devenir architecte navale à Lorient. Un architecte naval, c’est avant tout un chef de projet capable de coordonner experts et différents corps de métier. J’avais déjà ce type d’expérience. Il me manquait la technique. J’ai eu des formations en interne et en externe à l’ENSTA de Bretagne. J’ai surtout appris auprès de mes collègues, car ici, tout le monde a la flamme, la passion.

 

Vous êtes spécialisée en recherche et développement, en quoi cela consiste ?

Mon travail, c’est d’imaginer comment on fera la guerre dans le futur et surtout avec quels navires. Les enjeux technologiques sont multiples, et l’un d’entre eux est la furtivité, avec par exemple la signature radar des navires. Selon les matériaux, l’inclinaison des parois, un bateau de guerre aura l’aspect d’une barque tandis qu’un autre se verra comme le nez au milieu de la figure ! Nous assurons une veille technologique, nous nous entretenons avec les marins, je navigue entre les différents services et c’est ça aussi qui est passionnant.

 

Lors du salon Euronaval de 2018, vous aviez même créé un outil pour aider les clients à acheter leur futur navire de guerre ?

Le client devait répondre à deux questions : quelle capacité opérationnelle priorisez-vous : l’attaque, la surveillance ou la durée à la mer ? Et ensuite, pour quel type d’opération ? Côtière ou océanique ? Selon ses réponses on pouvait lui proposer douze navires différents avec des innovations pertinentes pour enrichir les performances recherchées. L’idée étant de ne pas tomber dans le « techno push » : nous ne sommes pas là pour mettre le dernier canon à la mode. Chez nous, il n’y a pas de mode d’ailleurs : le but, c’est d’être au plus près de l’attente du client et de lui garantir la performance.

 

Vous répondez aussi à des appels d’offres ?

En effet, je participe à la conception des navires pour des appels d’offres de clients étrangers. C’est intéressant de se challenger à la concurrence mondiale.

 

Comment vous voyez-vous évoluer dans les années qui viennent ?

J’adore mon métier, je vous assure qu’on peut passer toute une vie en tant qu’architecte navale ! J’ai la possibilité de revenir davantage dans le concret, en suivant des constructions au quotidien. Aujourd’hui en charge des bâtiments de surface, je peux aussi passer du côté des sous-marins, au marketing ou encore dans des spécialités qui sont nombreuses, comme en environnement militaire,  pour les blindages par exemple.

 

Architecte naval, c’est rare, mais une femme architecte navale c’est encore plus rare ?

J’évolue c’est vrai dans un milieu très masculin. C’est le cas depuis mes études d’ingénieur où nous n’étions que 10% d’étudiantes. Je regrette vraiment qu’il n’y ait pas plus de filles, de femmes avec des parcours scientifiques comme le mien. C’est pourquoi j’interviens aussi dans les écoles quand c’est possible. Nous avons beaucoup de choses à apporter et une complémentarité avec nos collègues masculins. Il ne faut pas se priver de cette richesse. »

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