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Polytechnique : Le sursaut de la belle endormie

 | par Thibaut de Jaegher

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L'X prend son destin en main pour regagner sa place parmi les tout meilleurs campus mondiaux. L'arrivée de 1 000 chercheurs et un investissement de 263 millions d'euros sur quatre ans devraient lui permettre de relever ce défi.

Enfin ! Après plusieurs années de torpeur, la plus célèbre des écoles d'ingénieurs françaises, l'X, se réveille. Perchée depuis trente et un ans sur le plateau de Palaiseau, dans l'Essonne, en plein coeur de "l'Optical Valley" française, l'Ecole polytechnique faisait figure de forteresse imprenable. Ce n'est plus le cas désormais. L'établis-sement, qui a signé l'an dernier son nouveau contrat pluriannuel 2007-2012 avec son ministère de tutelle, la Défense, suscite même de plus en plus d'intérêt.
Dans la foulée de Thales qui a choisi d'y localiser sept de ses laboratoires, de plus en plus d'entreprises, d'organismes de recherche et d'établissements d'enseignement investissent le célèbre campus. Dernier en date : l'école d'ingénieurs SupOptique, rebaptisée Institut d'optique Graduate School, a quitté définitivement ses locaux d'Orsay (Essonne) pour effectuer sa deuxième rentrée à Palaiseau. DigiteoLabs, l'un des douze réseaux thématiques de recherche sélectionnés par le gouvernement en octobre 2007, y a aussi installé ses laboratoires. Et un incubateur-pépinière-hôtel d'entreprises (IPHE) destiné à accompagner les start-up pendant leurs premières années d'exercice, financé par la communauté d'agglomération du plateau de Saclay (Caps), devrait voir le jour sur le campus dans les prochains mois.
Ce n'est pas fini ! Dans trois ans, le laboratoire d'économétrie de l'X, toujours situé dans ses anciens locaux de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris, mais aussi l'Ecole nationale supérieure des techniques avancées (Ensta), l'Ecole nationale supérieure d'administration économique (Ensae), le Laboratoire d'optique théorique et appliquée de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera) devraient faire leur nid à l'ombre des bicornes des polytechniciens.

Un campus XXL

Le site de Palaiseau abritera dès 2010 :
- 4 établissements d'enseignement supérieur : l'Ecole polytechnique, l'Institut d'optique Graduate School, l'Ensta et l'Ensae
- 1 800 étudiants par an contre 750 aujourd'hui


Dans quatre ans, il comptera près de
- 30 laboratoires privés et publics
- 2 600 chercheurs contre 1 600 actuellement
 


Ce mouvement inédit dans l'histoire de l'école devrait permettre à l'un des pôles de recherche et d'enseignement français les mieux dotés de quasiment doubler sa taille ! Forte déjà de 1 600 chercheurs, de 21 laboratoires et d'un budget annuel de 60 millions d'euros, l'école devrait compter, en 2010, 1 000 chercheurs de plus sur son campus pour un investissement cumulé d'au moins 263 millions d'euros.

Encore un petit poucet mondial
Des renforts salutaires pour cette institution plus que bicentenaire. Membre du pôle de compétitivité mondial System@tic et de plusieurs réseaux de recherche comme celui sur le climat, l'institution fait, en effet, figure de « petit poucet » sur la scène mondiale. Ces dernières années, l'élite des grandes écoles françaises a été secouée par différents classements internationaux du fait de sa petite taille... comparée à celle affichée par les institutions anglo-saxonnes. Dans le dernier palmarès des universités mondia- les, publié mi-août par l'univer- sité chinoise Jiao Tong de Shanghai, ce handicap la reléguait en 203e po-sition !
Pour jouer à nouveau dans la cour des grands, l'X est passée à la vitesse supérieure. « Sans être obnubilés par les classements, nous avons compris que nous devions réagir en prenant en compte la prime à la taille qu'accordent ces palmarès », reconnaît le général Xavier Michel, le directeur de l'Ecole polytechnique. Dès 2002, avec le premier contrat pluriannuel signé avec l'Etat, le cap est clair : Palaiseau doit devenir l'un des tout premiers campus mondiaux en matière de recherche et d'enseignement en attirant autour de lui d'autres institutions. « Notre but ultime est d'atteindre la masse optimale qui permettra à l'école d'entretenir seule sa propre dynamique d'innovation et de recherche », complète Yannick d'Escatha, le prési-dent du conseil d'administration de l'Ecole polytechnique et président du Centre national des études spatiales (Cnes).
Cette ambition serait intenable sans un tissu d'entreprises partenaires. Très présentes dans ses laboratoires par le biais de contrats de recherche, elles se pressent également dans ses amphithéâtres. Entre 2005 et 2006, six chaires, sponsorisées par des partenaires privés comme Thales (sur le management des systèmes complexes), EdF (sur le développement durable), Lafarge (sur la science des matériaux) ou Samsung (sur les nanotechnologies), ont vu le jour. Depuis, cinq de plus ont été mises en place. Ces douze derniers mois, Saint-Gobain (sur les matériaux), Suez, Unilever et Lafarge (sur l'économie des affaires), la Société générale (sur les risques financiers), Axa (sur l'assurance et les risques majeurs) et Orange (sur la régulation des services numériques) se sont engagés aux côtés de l'X. « Rejoindre ces structures n'est pas anodin, avertit Yannick d'Escatha. Accoler son nom à une chaire suppose d'apporter des financements très significatifs pour permettre la mise en place de recherches, de formations et de bourses pour les étudiants. » Chaque partenaire s'oblige ainsi à débourser 300 000 euros par an pour une durée de cinq ans minimum.
L'X entend profiter encore de ces vents favorables. « De nombreuses autres entreprises et institutions sont prêtes à nous rejoindre », affirme Yannick d'Escatha sans vouloir en dire plus. Microsoft, dont le PDG Steve Ballmer s'est déplacé en octobre 2006 sur le plateau, a annoncé un partenariat très resserré dans le domaine de la bio-informatique. EADS a signé un accord cadre de recherche englobant de multiples thématiques comme la propagation des ondes ou les nanomatériaux.

L'atout ParisTech
L'école pourrait aussi attirer dans son sillage les établissements qu'elle côtoie au sein de l'association ParisTech, qui rassemble onze des plus prestigieuses écoles d'ingénieurs parisiennes (Chimie Paris, Engref, Ensae, Ensam, Ensta, ESPCI, INA-PG, Mines Paris, Ponts et chaussées, Polytechnique, Telecom Paris). Cette dernière, l'ENST, a d'ores et déjà annoncé qu'elle étudiait attentivement les atouts et faiblesses d'une implantation dans l'Essonne. « C'est la volonté et la stratégie de ParisTech de constituer deux ou trois campus forts dans la région parisienne, reconnaît Dominique Tixeron, le directeur de l'Ensta. Si Telecom Paris rejoint le plateau, Palaiseau deviendrait un point d'attraction majeur. »

Cultiver les jeunes pousses
Le défi que s'est lancé l'école, en 2002, est en passe d'être relevé. A la nuance près qu'il lui manque encore un « biotope de start-up » digne de ce nom. « Nous ne sommes pas à même de proposer un véritable accompagnement aux jeunes créateurs d'entreprise », regrette Serge Chancholle, le directeur de X-Tech-nologies, la pépinière de l'école qui héberge déjà huit jeunes pousses spécialisées dans l'instrumentation scientifique ou encore les mathématiques appliquées à la finance. « On ne passe pas du laboratoire de physique des solides au milliard de téléphones portables comme ça, rappelle Daniel Kaplan, le fondateur et directeur de la PME d'instrumentation scientifique FastLite (9 salariés). Pour faire émerger les pépites, il faut d'abord cultiver un tissu de petits fabricants d'instruments scientifiques aptes à jouer les interfaces. »
Mais la dynamique est bonne. Ce réseau de PME est en cours de constitution. Et l'arrivée de l'Institut d'optique, véritable gisement d'innovation, et de l'hôtel d'entreprises permettant d'accompagner les jeunes créateurs durant les premières années de vie de leur start-up, devrait réveiller la créativité des jeunes diplômés et des chercheurs. C'est en tout cas la condition sine qua non pour assister à l'avènement d'un Google... signé X. .
Le site de Palaiseau abritera dès 2010
 

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