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Pour réussir une carrière au féminin, il faut casser les stéréotypes

Pour réussir une carrière au féminin, il faut casser les stéréotypes
Fabienne Delorme, CTPartners
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La journée internationale de la femme se déroulera le 8 mars. Cela fait plus de 100 ans qu’elle existe. Cela n’empêche pas les discriminations. Dans l’industrie, seuls 15 à 20 % des métiers techniques sont occupés par des femmes. Préjugés et plafond de verre s’additionnent. Voici 10 conseils pour surmonter ces obstacles et réussir une belle carrière dans l’industrie.

Quand l’ingénieure Danièle Huet-Kouo est arrivée dans l’industrie, dans les années 1970, « c’était un milieu encore plus masculin qu’aujourd’hui. Ma présence a surpris au départ, confie-t-elle. Certains collègues masculins avaient ainsi décidé de ne pas me saluer. J’étais une femme et je n’étais pas,  à leurs yeux, à ma place. Quand j’ai pris la responsabilité d’une équipe d’une dizaine de personnes, majoritairement des hommes, je me rappelle aussi que ces derniers étaient moqués par certains de leurs collègues. Être sous les ordres d’une femme, c’était, pour eux, difficilement compréhensible. » Heureusement, c’était il y a 40 ans. Les choses ont-elle évolué depuis ? Pas vraiment. 80 % des femmes salariées (tous secteurs confondus) considèrent que, dans le monde du travail, elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes. 54 % des salariées estiment avoir rencontré un frein professionnel en raison de leur sexe, nous apprend l’étude LH2 sur « Les relations de travail entre les hommes et les femmes » publiée en décembre 2013. Est-ce pour autant une raison suffisante pour remiser ses ambitions et laisser les hommes un brin macho entre eux ? Trop facile. Voici quelques conseils pour  se débarrasser des préjugés, percer le plafond de verre et réussir une belle carrière dans l’industrie quand on est une femme.

 

Conseil n° 1 : casser les stéréotypes

« En école d’ingénieurs, nous étions 9 filles sur une promotion de 100 personnes, se rappelle Fatine Dallet, manager executif senior au sein de la division Ingénieurs et Techniciens chez le cabinet de recrutement Michael Page. J’avais pour ambition d’occuper une fonction de management dans la production. Les premiers entretiens n’ont pas été faciles. Tout d’abord, j’étais jeune. Ensuite, j’étais une femme. Et une femme en production, on n’en avait jamais vu. Il n’y avait pas d’historique. Certains recruteurs se posaient alors des questions : est-ce qu’une femme arrivera à s’imposer, etc… ». Fatine Dallet a persévéré. « Le premier recrutement est l’étape la plus difficile, car la candidate a moins de réalisations à valoriser. Il faut convaincre, mettre en avant des exemples concrets de réussites réalisées lors des stages, faire valoir ses capacités d’adaptation et de leadership », conseille-t-elle. Après quelques entretiens, elle a décroché un poste de manager en production dans une fonderie.

 

Conseil n° 2 : casser encore les stéréotypes

Bref, elle a obtenu « un métier d’homme » dans un milieu d’hommes. Le terme fait bondir Yves Deloison, auteur de Pourquoi les femmes se font toujours avoir. « Depuis quand, les métiers ont un sexe ? Ces préjugés sont tellement galvaudés que les femmes aussi les intègrent et limitent leurs choix », déplore-t-il. « L’emploi tertiaire est de plus en plus féminin (88 % des femmes contre 64 % des hommes) et l’emploi industriel de plus en plus masculin : les clivages du marché du travail par grand secteur d’activité se sont renforcés ces 20 dernières années », confirme l’Insee dans « Regards sur la parité 2012 ». « Au Québec, reprend Yves Deloison, sur les routes, dans les chantiers, il y a énormément de femmes qui bitument, donnent des instructions, portent du matériel. Elles ne sont pas moins femmes qu’en France. Et d’ailleurs en France même, des grands groupes comme Vinci ou Spi recrutent de plus en plus de femmes. Ils ont de gros besoins en ingénieurs ». 

 

Conseil n° 3 : se projeter professionnellement

Il faut écouter ses envies, son ambition et se fixer des objectifs à moyen et long terme. Une carrière se construit. Si dans 5 ou 10 ans, une femme veut devenir patronne d’un centre de profits dans l’industrie, « il faut, pour franchir cette marche, avoir, au préalable, managé une équipe conséquente. Dans l’aéronautique, ou les secteurs très technologiques, cela peut se traduire par un poste de directeur en R&D. Mais bien souvent dans l’industrie, cela se matérialise par un poste de manager dans l’opérationnel. En usine, c’est la voie la plus simple, la voie royale », précise Fabienne Delorme, associée en charge de la practice industrie chez le chasseur de têtes de haut niveau CTPartners. Autre cas : si une femme souhaite siéger dans 15 ans au Comité exécutif, il faut éviter alors les fonctions supports, piètres sésames. Il faut occuper une fonction dans le cœur du métier de l’entreprise, analyse Deloitte dans son étude « L’accès des femmes au Comité exécutif ».

 

Conseil n° 4 : se trouver un mentor

Avoir un plan, c’est essentiel. Bien s’entourer est encore mieux. « Un mentor va vous aider à progresser, vous conseillez sur la stratégie à adopter et vous positionnez », détaille Valérie Moisonnier, coach de dirigeants et fondatrice de l’Institut self-coaching. Cela constitue une source d’informations et un boosteur de carrière non négligeables. D’ailleurs, pour promouvoir la place des femmes dans des postes de direction, certaines entreprises industrielles mettent en place ce type de programme. EADS, pour atteindre son objectif de 20 % de femmes dans le top management d’ici à 2020, a ainsi déployé un système de mentoring.

 

Conseil n° 5 : Se faire aider par ses aînées ou consœurs

Total, avec son objectif de 15 % de femmes cadres dirigeants d’ici 2015, a mis en place Twice, un réseau où les femmes du groupe partagent leurs expériences. Il y a aussi InterElles pour échanger les bonnes pratiques des entreprises, des réseaux comme European PWN pour promouvoir la carrière internationale des femmes ou CyberElles, spécialisé dans le secteur des nouvelles technologies. Il n’est pas inutile de demander conseil à une consœur  qui a pu traverser les mêmes difficultés et savoir quelle stratégie elle a mis en place pour la surmonter. Et cela ouvre un réseau.

 

Conseil n° 6 : se rendre visible

Si l’on doit faire des généralités, les femmes auraient tendance, plus que les hommes, à se concentrer sur leur travail. Elles oublieraient de se marketer, de faire-savoir et de réseauter. « L’un des premiers conseils donné en général par les coachs à des femmes cadres : arrêtez de vous concentrer sur la technique et votre savoir-faire. Il faut mieux gérer sa carrière. Le réseautage, le faire-savoir sont loin d’être superflus pour grimper à des postes de direction. C’est très important, surtout sur le long terme », explique Claire Deguerry, co-auteure de l’étude « L’accès des femmes au Comité exécutif », et associée financial advisory chez Deloitte. Cela veut dire ne pas oublier de valoriser ses réalisations lors des évaluations ou réunions, intervenir à des conférences, devenir membre d’associations professionnelles, etc.

 

Conseil n° 7 : arrêter de culpabiliser sur sa progéniture

Les femmes se heurtent au plafond de verre vers 30-35 ans. Cet âge correspond à l’arrivée du premier enfant. Pourtant, avoir une famille n’a jamais empêché les hommes de travailler. Pourquoi en serait-il autrement pour les femmes ? « J’ai eu 3 filles, témoigne Catherine Le Hen Ferrenbach, présidente de Le Hen Conseil et ancienne ingénieur chimiste. Ma vie professionnelle ne s’est pas arrêtée. Je me suis organisée. On s’est entraidé avec mon conjoint. Quand j’étais en déplacement, il s’occupait de nos enfants. Au sein de l’entreprise, j’ai toujours su montrer que je restais disponible ».

 

Conseil n° 8 : être mobile

Les 130 cadres supérieures, siégeant aux comités de direction, ou aux portes de ces derniers, interviewées par Deloitte, ont toute en commun d’avoir eu un parcours riche d’expériences. En majorité, elles ont changé entre 3 et 6 fois de postes depuis qu’elles sont dans l’entreprise.

 

Conseil n° 9 : tout se joue dans les 25 premières années.

Et pour 88 % d’entre elles, elles sont rentrées dans l’entreprise il y a moins de 25 ans. « Après 25 ans d’ancienneté, les chances d’accéder au Comité exécutif diminuent fortement », observe Deloitte.

Conseil n° 10 : devenir un exemple à suivre

C’est le dernier conseil. Faites carrière dans l’industrie, cela donnera envie aux plus jeunes de tenter l’expérience. Votre parcours les persuadera que c’est possible.

 

Lucile Chevalier

 

« Pour progresser professionnellement, ayez de l’ambition »

L’ingénieure Marie-Sophie Pawlak est présidente de Elles bougent. Cette association a été fondée en 2005 pour répondre aux besoins des industries souhaitant féminiser leurs équipes techniques et technologiques.

« Pour se développer professionnellement dans l’industrie, il faut déjà y travailler… Il ne faut donc pas s’autocensurer. L’industrie est faite pour les femmes. La globalité du secteur en recherche. En revanche, pour un poste avec 10 critères clés, les hommes se présentent quand ils en ont 5. Les femmes hésitent quand elles en ont 9. J’exagère à dessein. Mais les femmes, pour progresser professionnellement, doivent oser avoir de l’ambition. Il ne faut pas hésiter à changer de poste pour avoir de nombreuses expériences permettant, ensuite, de postuler à des niveaux de direction. Il faut viser le très haut niveau. Les entreprises éprouvent des difficultés à féminiser les équipes et les directions. Il faut en profiter. Ensuite, il est essentiel de se servir de ses propres réseaux. Cela permet de se former et d’apprendre à développer son savoir-faire – les femmes n’ont aucun souci dans cet exercice – et le faire savoir – c’est plus dur pour elles. Enfin, les femmes doivent aussi être mobiles et postuler dans des secteurs en tension, comme l’aéronautique. Cette branche d’activité a le vent en poupe. Il faut saisir ce type d’occasion. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les industriels recherchent plus de mixité »

Jean Le Guen est responsable des relations avec l’entreprise et de l’insertion professionnelle de l’Estaca (École supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile).

« Aujourd’hui, les jeunes ingénieurs ont toutes les cartes en main pour travailler dans l’industrie. En effet, toutes les entreprises sont à la recherche “d’autres profils”. Les femmes en font partie. À compétence égale, elles seront préférées à un jeune homme. Tous les secteurs industriels recherchent plus de mixité. Les jeunes femmes ont aussi tout intérêt à postuler pour des emplois dans la recherche et développement. Ce sont des métiers d’avenir et les ingénieures sont appréciées, car elles apportent des avantages aux produits sur lesquels elles travaillent. Elles proposent une autre vision, une touche féminine, permettant de s’approcher des attentes des consommatrices. Cela améliore le produit. D’où l’intérêt qu’éprouve l’ensemble des industriels pour des recrutements de jeunes femmes ingénieures. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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