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« Pour réussir une VAE, il faut parfaitement définir son projet professionnel et être bien accompagné »

 | par Lucile Chevalier

« Pour réussir une VAE, il faut parfaitement définir son projet professionnel et être bien accompagné »
Gérard Podevin, Cereq
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Gérard Podevin est coauteur, avec Nathalie Beaupère, de l’étude « Pour un accompagnement global des parcours de VAE » (Bref du Céreq, n° 302, novembre 2012, téléchargeable sur le site www.cereq.fr). Il est aussi directeur adjoint du centre associé au Céreq pour la région Bretagne. Il nous explique Ô combien ce parcours VAE est difficile. Il nous précise comment franchir, avec succès, ses différentes étapes.

La VAE (validation des acquis de l’expérience) est née en 2002. Le gouvernement lui prêtait un grand destin. En effet, on annonçait que grâce à elle, chaque année, 60 000 personnes pourraient décrocher, en faisant valoir leurs expériences professionnelles, un certificat, un titre, un diplôme. La barre était sans doute trop haute. En moyenne, aujourd’hui, 30 000 personnes obtiennent cette certification. « On estime qu’un tiers des personnes vont jusqu’au bout de la démarche. Les autres ont soit abandonné en route, soit décroché une validation partielle », détaille Gérard Podevin, directeur adjoint du centre associé au Céreq pour la région Bretagne et coauteur avec Nathalie Beaupère de l’étude « Pour un accompagnement global des parcours de VAE » (Bref du Céreq, n° 302, novembre 2012, téléchargeable sur le site www.cereq.fr). Pour les diplômes de l’enseignement supérieur, difficile de savoir combien de personnes se sont présentées sur la ligne de départ. Aucun chiffre n’est disponible à ce sujet. En revanche, la Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance déclare qu’« en 2011, 2 400 personnes ont obtenu une validation complète et 1 700 une validation partielle ». Gérard Podevin revient sur les causes de ces abandons et donne des conseils aux candidats pour réussir leur parcours.

 

J’ai décroché un Master de l’ESCP via la VAE

Matthieu Fruchard, 10 ans d’expérience dans le management commercial au compteur, a décroché un Master de l’ESCP par la VAE.

 

« Depuis 10 ans, j’occupe des postes dans le management commercial au sein de la même entreprise. Du côté des études par contre, je me suis arrêté au Bac. Le fait de n’avoir pas obtenu de diplôme du supérieur à un certain niveau constitue un frein. C’est pour cela, à la fois pour être plus crédible pour postuler à un poste à plus haut niveau mais aussi pour changer le regard de mes collègues et supérieurs, que j’ai décidé de décrocher un diplôme d’école de commerce, une des meilleures tant qu’à faire. Très rapidement, j’ai opté pour une VAE. Après avoir étudié les différentes offres, j’ai choisi, avec mon entreprise que j’ai mise dans la boucle, le diplôme manager dirigeant (niveau 1) de l’ESCP. L’école propose une formule mixte : une VAE doublée d’un complément de formation. C’était parfait pour moi : faire valoir mon expérience et acquérir un complément de compétences. Cela m’a pris près d’un an. J’étais accompagné par l’ESCP pour constituer mon dossier pour la VAE et en parallèle je suivais 2 modules de formation. En janvier dernier, après le passage devant le jury, j’ai obtenu le diplôme et j’ai pu gagner en responsabilité. Je suis, aujourd’hui, directeur de publicité au sein d’un groupe de communication. »

Emploi-Pro. Comment expliquez-vous que deux tiers des personnes ne vont pas jusqu’au bout de leur démarche de VAE ?

Gérard Podevin. D’abord, la démarche, contrairement à ce que pensent au départ les candidats, peut se révéler longue. Entre la prise d’information et le passage devant le jury, il peut parfois s’écouler 2 ans. Des efforts ont toutefois été réalisés pour réduire les délais. Lors de l’étude de recevabilité du dossier, certains organismes de certification ont raccourci le délai de 6 à 2 mois. La constitution du dossier prend entre 3 et 6 mois. Mais cela peut coincer pour obtenir une date devant un jury. Faute d’effectifs suffisants dans certaines spécialités, les jurys peuvent se réunir qu’une fois par an. Si le candidat loupe le coche, il repart donc pour un an. À l’université, beaucoup de candidats, pour gagner du temps, optent pour une validation des acquis professionnels (VAP) qui les dispense d’une partie des cours de la formation, et décrochent ainsi, à la fin de leur formation, un an après, le diplôme visé. Puis, cela tient à la complexité du parcours avec une multiplication des étapes – avec ma collègue, Nathalie Beaupère, nous en avons dénombré entre 7 et 8 – et une forte segmentation des épreuves. Le passage d’une étape à une autre n’est pas facile. Le candidat n’est pas toujours suffisamment accompagné. Par exemple, lors de la première étape qui consiste à trouver la certification la plus adaptée aux expériences et compétences accumulées par le candidat, ce dernier doit s’y retrouver dans l’offre abondante de titres ou de diplômes et la multiplicité des certificateurs. Certains renoncent déjà. Ensuite, il y a la constitution du dossier à travers lequel le candidat doit faire correspondre ses expériences avec les compétences mises en exergue dans le référentiel de certification. Devant l’ampleur de cette tâche, d’autres abandonnent. Enfin, pour ceux qui se présentent devant le jury, une moitié en moyenne obtient une validation partielle de leur certification ou diplôme. Et ici encore, certains n’iront pas jusqu’au bout en suivant des modules de formation nécessaires pour valider la totalité du diplôme.

 

Emploi-Pro. Comment s’y prennent ceux qui réussissent ?

Gérard Podevin. Je n’ai pas de recette magique. La question est plutôt de savoir comment garder sa motivation. Une VAE ne se fait rarement pour elle-même : on veut un diplôme pour progresser professionnellement ou changer de métier. Pour réussir une VAE, il faut parfaitement définir son projet professionnel et être bien accompagné. Cela peut passer par l’entreprise qui soutient le candidat dans sa démarche. Le responsable de formation l’aide ainsi à trouver le bon diplôme et le bon organisme certificateur. Autrement, il s’adresse aux points information conseil. Tous les organismes certificateurs ne sont pas aussi performants dans l’accompagnement. Il faut trouver celui qui correspond le mieux à ses besoins en menant son enquête : aller les voir, demander conseil à son entreprise ou à des collègues ou amis qui se seraient engagés dans la démarche. Certains OPCA [organismes paritaires collecteurs agréés] accompagnent tout le long du parcours, jusqu’à la validation complète. Ce n’est pas inintéressant.

Propos recueillis par Lucile Chevalier

 

Des cadres en emploi : le profil idéal pour réussir la VAE

Les personnes qui ont réussi une VAE en 2011 sont pour moitié des cadres et à une immense majorité des personnes en emploi. Ils visent une Licence ou un Master.

 

C’est un signal fort. 45 % des personnes ayant obtenu en 2011 une validation complète ou partielle de leur diplôme du supérieur via la VAE (validation des acquis de l’expérience) sont des cadres. 85 % de ces heureux élus sont en emploi. Dans leur ligne de mire : une Licence professionnelle ou un Master. Sous l’effet de la réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) et du développement de la Licence professionnelle, ces deux diplômes sont, en effet, devenus en 10 ans, les diplômes les plus demandés pour les candidats à une VAE. En 2002, les VAE octroyées pour une Licence professionnelle ne pesaient pas bien lourd : 8 %. En 2011, dernier chiffre fourni par la Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation, elles comptent pour 37 %. Elles ont volé la vedette à sa voisine, la Licence classique, qui elle passe de 24 % à 8 % des VAE. Quant aux Masters 2, ils sont passés, en 10 ans, de 22 % à 44 %. Les Doctorats, eux, n’intéressent guère, ou moins. « En 2011, ils représentent autour de 1 % des validations octroyées pour une VAE », poursuit l’étude. Pour conclure, une bonne nouvelle. Les candidats sont de plus en plus nombreux à décrocher une validation complète. 17 % y parvenaient en 2002 sur le total des validations octroyées (complètes et partielles). Ils étaient 60 % en 2011.

 

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