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Recrutement A qui profite la reprise ?

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La crise financière n'a pas - encore ? - eu raison de l'optimisme des recruteurs. Des secteurs comme les services informatiques ou l'énergie finiront l'année sur un rythme soutenu d'embauches. Les ingénieurs de production ou en recherche- développement seront particulièrement courtisés. camille chandès

L'industrie embauche ! Malgré la crise financière de l'été et le ralentissement économique, les indicateurs du marché du recrutement sont au vert. Et ils devraient le rester au moins jusqu'au début de 2008. Les cabinets de recrutement et les sites d'annonces d'offres d'emploi sur internet affichent une santé de fer. Les cadres retrouvent le chemin du plein emploi. Selon les estimations de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), entre 33 000 et 40 000 cadres seront recrutés en 2007 dans l'industrie, soit une progression pour la fourchette haute de 10,6 % par rapport à l'an passé. « Les volumes de recrutement ne cessent d'augmenter. Ils ont atteint un taux record en 2006. Tout laisse penser que celui-ci sera battu en 2007 », note Pierre Lamblin, le directeur des études de l'Apec.

Cette vitalité, dont les frémissements sont sensibles depuis deux ans, s'explique en partie par l'amélioration de la conjoncture. Les renforcements d'activités en France et les extensions à l'international des entreprises dopent le recrutement. Renault Trucks a lancé 500 embauches - 440 ouvriers et 60 techniciens et cadres - pour accompagner l'augmentation des capacités de production de ses sites de Bourg-en-Bresse (Ain) et de Blainville-sur-Orne (Calvados). Une partie des 4 500 recrues du géant du BTP Colas sont destinées à alimenter les activités à l'international.

En parallèle, les entreprises sont confrontées à la nécessité de remplacer certains cadres. « La mobilité interne génère des contingents de débutants à embaucher », résume Pierre Cordina, recruteur chez Michelin. Selon l'Apec, sur les 3 millions de cadres du secteur privé, 840 000 ont connu des changements professionnels (mobilité interne et externe) en 2006. Soit 28 % contre 18 % en 2005. La conjoncture favorable pousse à la mobilité qui, à son tour, alimente le recrutement !

Enfin, les effets du papy-boom sont maintenant visibles. Selon la dernière enquête « Recrutement et perspectives des entreprises » de l'ANPE, 17 % des sociétés industrielles (hors alimentaire) ont enregistré des départs à la retraite en 2006. C'est le cas de ThyssenKrupp Ascenseurs qui devrait voir 40 de ses 2 400 salariés tirer leur révérence cette année. Le phénomène est encore limité mais il devrait atteindre sa vitesse de croisière entre 2010 et 2020. Les branches de la chimie et de la pharmacie estiment qu'elles verront partir à la retraite un tiers de leurs salariés dans les cinq prochaines années.

le btp en pointe

Le dynamisme est particulièrement marqué dans certains secteurs. A commencer par le BTP où PME et grands groupes recrutent tous azimuts. Le niçois Cari (2 400 salariés) espère embaucher 700 collaborateurs cette année. Les poids lourds du secteur tablent sur des chiffres encore plus conséquents : 1 000 personnes dont 300 cadres pour Spie Batignolles, soit une hausse de plus de 15 % de ses effectifs, et 4 500 pour Colas, essentiellement des ingénieurs et des techniciens pour les travaux d'exploitation. « Je n'ai jamais vu une période de croissance continue aussi longue, cela fait presque dix ans. Il risque tout de même d'y avoir une stabilisation à un moment ou un autre », prédit Michel Cieutat, le directeur emploi école et mobilité de Colas. Par un effet domino, le dynamisme du BTP a des retombées positives sur des activités connexes, comme la mécanique et les industries lourdes de process (chaudronnerie, métallurgie, travail des métaux...).

Les services aux entreprises tirent également leur épingle du jeu. Les métiers du conseil et de l'audit - 15 % des effectifs du cabinet Ernst et Young sont aujourd'hui des ingénieurs - mais surtout l'informatique. Selon l'Apec, ce secteur devrait recruter 45 000 cadres cette année. Dopées par la signature de nouveaux contrats, les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) offrent le gros des emplois. Alors qu'Osiatis a prévu 800 embauches cette année, le francilien ITS Group a revu ses objectifs à la hausse (150 recrutements au lieu des 100 programmés initialement) et anticipe autour de 250 embauches en 2008.

La demande est telle que la construction et les services sont victimes de leurs succès et rencontrent des difficultés à trouver du sang neuf. Le BTP peine à dénicher de l'encadrement technique. Et alors que l'Apec dénombre en moyenne 48 candidatures par offre d'emploi dans l'industrie, dans le BTP ce chiffre n'est que de 25, signe que les candidats ne se bousculent pas au portillon. Cofathec, filiale de services du groupe Gaz de France, est, elle, à la recherche de chauffagistes et de climaticiens, une denrée devenue rare.

Les industriels stricto sensu ne sont pas en reste et confirment leur bonne santé de l'an passé. L'énergie en tête. Parapétrolier, transport du pétrole et du gaz, équipements pour le nucléaire, énergies nouvelles requièrent des chefs de projets et des ingénieurs d'études souvent internationaux. « Les activités de maintenance et des projets nouveaux dans le nucléaire et la distribution d'énergie dynamisent nos besoins », relate Pierre Hervé-Bazin, le responsable du département recrutement d'Areva. La reprise touche aussi l'électronique, qui après une période difficile, redécolle grâce aux récents concepts mobiles (téléphonie...). Plus discrets, l'agroalimentaire et l'aéronautique continuent pourtant à recruter.

Mais, attention ! d'autres secteurs sont toujours à la peine. C'est le cas de l'automobile même si la demande reste soutenue de la part des équipementiers. La chimie frôle la baisse d'effectifs en raison de restructurations. Déstabilisée par l'arrivée des génériques, l'industrie pharmaceutique poursuit une réorganisation peu propice à l'embauche, à l'exception des ingénieurs de R et D et des biotechs.

De nombreuses fonctions profitent du redémarrage amorcé en 2005. Le marketing et le commercial se maintiennent sur la première marche du podium, mais la bonne surprise vient de la production dans plusieurs secteurs (agroalimentaire, emballage...). « La demande des entreprises sur des profils techniques s'est accélérée en janvier et confirmée au second trimestre », souligne Jean-François Decrop, le directeur de la division ingénieurs et techniciens du cabinet de recrutement Michael Page. La raison ? La recherche permanente de gains de productivité. « Les entreprises sont dans une problématique de rationalisation des coûts de production et d'amélioration continue, elles recherchent donc des profils très particuliers pour s'en occuper », confirme Arnaud Coumbassa, consultant au sein du cabinet de recrutement Anton Research. Les postes d'encadrant de production ou d'organisateur industriel fleurissent. C'est le cas chez Michelin. Sur les 900 embauches (un tiers de techniciens/cadres et deux-tiers d'ouvriers) prévues cette année, 30 postes concerneront l'organisation industrielle (mise en place de systèmes industriels, optimisation continue...).

Par ailleurs, la recherche-développement tient toujours le haut du pavé. De nombreux groupes n'hésitent plus à augmenter leurs budgets, considérant cette fonction comme un élément de différenciation stratégique. Matériaux, composites, électronique, pharmacie... sont autant de secteurs en quête d'ingénieurs et de doctorants. NXP, anciennement Philips Semiconductors, prévoit de recruter une centaine de nouveaux collaborateurs dans son centre de R et D de Caen (Calvados).

Cette tendance touche également certaines fonctions supports. Les entreprises recherchent avidement des collaborateurs spécialisés dans les achats ou dans les approvisionnements à bas coût. Ce qui ne court pas les rues ! D'autres postes techniques, comme la maintenance et la logistique, restent bien placés alors que la qualité connaît une petite baisse de régime. Une autre fonction apparaît saturée : celle de responsable environnement. « Elle a longtemps été la marotte de nombreux ingénieurs. Seulement, il n'y a plus de postes à pourvoir : il n'y a qu'un responsable environnement par usine », expose Jean-François Decrop.

Amélioration pour les jeunes diplômés...

Globalement, le marché est favorable aux jeunes diplômés. « Ils continuent à constituer des viviers même si, pour eux, il est difficile de parler de plein emploi », précise Martine de Maintenant, en charge de l'industrie au cabinet de recrutement Mercuri Urval. Ainsi, deux tiers des recrues de Michelin sont des jeunes diplômés, un chiffre qui frôle les 80 % chez Colas sans parler des sociétés de services informatiques qui en raffolent.

...surtout ceux des grandes écoles

Le marché reste cependant à deux vitesses. Les diplômés des grandes écoles souhaitant embrasser une carrière dans l'industrie n'ont pas de souci à se faire. « Près d'un ingénieur sur deux trouve un job avant la fin de ses études, ce qui n'était pas le cas avant », explique Olivier Fécherolle, le directeur délégué d'Adenclassifieds, la société éditrice des sites d'annonces sur internet Keljob et Cadremploi.

Ils peuvent se permettre d'être exigeants à l'égard des recruteurs (lire p.64). Ce qui est loin d'être le cas des diplômés des universités. La tendance commence pourtant à s'infléchir. Car les ingénieurs préfèrent de plus en plus les secteurs de la banque ou de la finance à l'industrie, ce qui ne fait qu'accentuer la pénurie de candidats. Les entreprises l'ont compris : diversifier leur recrutement à d'autres profils que les grandes écoles est devenu essentiel. .

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