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Rencontre avec des virtuoses de la mer

 | par Par Arnaud Dumas

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Faire carrière sur l'océan ne se résume pas à devenir marin. L'industrie maritime regorge de métiers peu connus, nécessitant des compétences pointues. La palette est large, du soudeur « miroir main gauche » au chef de projet pour une éolienne flottante.

Depuis février 2007, tous les deux mois, Cristelle Palpacuer quitte la Haute-Corse où elle habite, pour prendre ses quartiers sur l'un des navires câbliers de France Télécom Marine. Au gré des affectations, la jeune femme commande les 70 hommes du « Léon Thévenin », basé à Brest (Finistère) ou du « Raymond Croze », à la Seyne-sur-Mer (Var), chargés de la maintenance et de la réparation des câbles de télécommunications sous-marins. Cristelle Palpacuer se défend pourtant d'être accro à la navigation. « C'est d'abord le côté technique et la mécanique qui m'ont intéressée dans ce métier », insiste-t-elle. A l'Ecole de la marine marchande de Marseille, la filière « machine » la passionne. « Je pensais faire une carrière de chef mécano », assure-t-elle. Mais, lorsqu'au cours d'un stage sur un remorqueur, elle croise le commandant d'un navire câblier, elle n'hésite pas une seule seconde et lui tend son CV.

Dans la foulée, elle entre chez France Télécom Marine et, en dix ans, devient l'un des plus jeunes commandants de la flotte. Et la seule femme. « Je ne pensais pas naviguer aussi longtemps, s'étonne-t-elle, car les femmes s'arrêtent souvent pour s'occuper de leur famille. » Le reste du temps ? Elle se partage entre son activité bénévole de sauveteur en mer et la participation à des régates. « Les câbliers font beaucoup de surplace, il faut donc jouer avec le vent, comme sur un voilier », explique-t-elle. Elle finit par avouer passer près de 90 % de son temps en mer. .

Eddy Kerouanton soude dans les endroits les plus exigus

Soudeur « miroir main gauche » chez DCNS, 29 ans

La vie d'un soudeur sur les bâtiments de la Marine nationale n'est pas de tout repos. Le parcours d'Eddy Kerouanton, employé sur les chantiers navals de DCNS à Brest (Finistère), le prouve. Il doit se contorsionner pour atteindre les endroits les plus exigus au fond des cales des navires de guerre ou des sous-marins. Et savoir travailler indifféremment de la main gauche ou de la droite, en fonction de la configuration du poste de soudure. Parfois, la pièce est tout simplement... cachée. Dans ce cas, une seule solution : utiliser un miroir et souder grâce au reflet, donc avec une image inversée par rapport à la réalité. « A l'école, on apprend à travailler assis sur un siège, en position idéale, se rappelle Eddy Kerouanton. Mais quand on soude à bord d'un bateau, les positions changent complètement. » Tous les salariés de DNCS ne sont toutefois pas capables de réaliser de telles prouesses. Ils ne sont qu'une poignée à savoir faire une soudure au miroir de la main gauche. « On travaille à la glace seulement quand on ne peut pas faire autrement, que l'on ne peut pas démonter une pièce pour dégager l'endroit », tempère cependant le jeune homme, modeste. Il avoue chercher toutes les solutions possibles avant d'utiliser son talent particulier.

Pour atteindre ce niveau, Eddy Kerouanton a dû passer une bonne centaine de qualifications sur des techniques de soudure et des types de surface différents. Mais ces ouvriers doivent être doués d'une certaine habileté et avoir engrangé une bonne expérience. Le constructeur naval estime qu'il faut près de dix ans pour former un bon soudeur « miroir main gauche ». « J'ai fait ma première soudure au miroir il y a cinq ou six ans », précise-t-il. Avant de se lancer, il a passé plusieurs heures à s'entraîner.

Sa persévérance a porté ses fruits et lui a permis de partir régulièrement en mission. A Toulon ou à Cherbourg sur les sites de DCNS, mais aussi au Chili et au Pakistan. Désormais, l'élève est passé maître et c'est lui qui entraîne les autres. Après avoir participé à une mission pour former des ouvriers au Pakistan, il « matelote » aujourd'hui un jeune apprenti soudeur brestois pour assurer la relève. .

Harald Vandbakk fait flotter des éoliennes

Chef de projet « éolienne off-shore flottante » chez Technip, 59 ans

Construire un bateau ou une plate-forme pétrolière, Harald Vandbakk (à gauche sur la photo) sait le faire. Cet ingénieur en génie maritime, spécialiste d'architecture navale et diplômé de l'université de Trondheim en Norvège, a passé la plus grande partie de sa carrière à travailler sur des projets off-shore. Mais une éolienne ? « C'est comme vouloir faire flotter un stylo dans la mer à la verticale », ironise-t-il.

Pourtant, six mois après avoir été embauché par Technip en 2007, c'est précisément le projet que son nouvel employeur lui a confié. A la tête d'une équipe d'une douzaine d'ingénieurs, basée à Oslo, il doit concevoir, pour le compte du norvégien StatoilHydro, un prototype d'éolienne flottante d'une hauteur de 65 mètres et de 100 mètres de tirant d'eau, amarrée par plus de 200 mètres de profondeur. « Ce sera l'une des premières éoliennes flottantes, confie-t-il. Elle sera ensuite mise en production si notre client estime que c'est économiquement viable. »

Le projet, très éloigné des plates-formes pétrolières, ne semble pas effrayer Harald Vandbakk. « La conception n'est pas très différente de celle d'un navire, assure-t-il. Il est toujours question de stabilité sur l'eau, de mouvements et d'hydrodynamique. » Mais la forme de la structure entraîne des contraintes spécifiques, telle la nécessité de réussir à lester suffisamment le pied de l'éolienne pour assurer sa flottaison. Il doit travailler d'arrache-pied avec son équipe pour livrer son prototype d'ici à la mi-2009. .

Eric Allasio pilote des robots sous-marins

Offshore manager chez Bourbon, 39 ans

Il le reconnaît lui-même, il déteste les jeux vidéo. Pourtant, le métier d'Eric Allasio s'en rapproche fortement. D'ailleurs, ajoute-t-il, « ceux qui jouent à la console Nintendo ou à la Game Boy apprennent plus vite ! » Et pour cause. A première vue, piloter un robot sous-marin pour inspecter ou réparer les plates-formes pétrolières, par des profondeurs pouvant atteindre jusqu'à 2 000 mètres, revient à manipuler un joystick face à un écran pour diriger son engin. La réalité est toutefois bien plus complexe. « Il faut aussi assurer la maintenance du robot, le réparer en cas de panne et effectuer diverses opérations sous-marines comme ouvrir des vannes ou faire des inspections visuelles », reprend-il.

Parmi les premiers à exercer cette profession, Eric Allasio s'est en grande partie formé sur le tas. En 1991, après un BTS d'électronique, il décide de rejoindre la Comex, une entreprise marseillaise spécialisée dans les interventions sous-marines. « J'avais entendu dire qu'elle envoyait ses plongeurs au bout du monde », explique-t-il simplement. Puis, il bénéficie d'un marché porteur. « Il est fréquent qu'un pilote soit débauché pour un meilleur salaire. »

De France Télécom en Espagne à Total en Angola, il enchaîne les expériences avant d'entrer dans la division « subsea services » de Bourbon, en 2005. Son expérience l'a conduit à devenir manager d'une équipe de pilotes. Aujourd'hui, s'il prend les commandes d'un robot, c'est avant tout « pour s'amuser ». Et pour se souvenir de l'alchimie qui se crée entre le pilote et sa machine. « C'est un métier prenant, on a l'impression d'être dans le robot quand on est bien concentré sur l'opération, se rappelle-t-il. S'il se blesse, on se blesse. D'autant qu'après, c'est le pilote qui doit le réparer ! » .

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