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Travailler dans l'industrie

Retraité et actif, c'est possible !

 | par Emmanuelle Souffi

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vie personnelle - De plus en plus de retraités reprennent une activité pour arrondir leur pension ou maintenir un lien social. Cumul emploi-retraite ou création d'entreprise, ils capitalisent sur leur savoir-faire et profitent des pénuries de cadres expérimentés dans certains secteurs

A l'heure où cheminots et électriciens manifestent pour conserver le droit de partir à 55 ans, de nombreux salariés revendiquent, eux, de travailler plus longtemps. André, Gilles, Yves ou encore Francis, ex-cadres de l'industrie, ont des agendas de ministre. Le jardinage, très peu pour eux ! « Je pourrais faire de la peinture.... Mais je construis des usines », plaisante Gilles Meignan, 65 ans, qui a monté son entreprise de conseil en stratégie industrielle. Après avoir bourlingué seize ans en Afrique, créé et dirigé des sites pour l'équipementier Bendix et le cigarettier Bastos, cet ingénieur des Arts et Métiers vient d'achever le lancement d'un cluster spécialisé dans l'automobile en région Centre. Là, il s'apprête à s'envoler pour Casablanca, au Maroc. Une mission de cinquante jours pour JPR-CAP (groupe SDTI), un sous-traitant en aéronautique, qui implante une unité de cinquante salariés. André Prévost, lui non plus, n'arrête pas. Chine, Brésil... Ce globe-trotter vend partout son expertise en process de production (lire page 57).

C'est une véritable lame de fond. La valeur du point de retraite baissant d'année en année, les retraités sont de plus en plus nombreux à reprendre du service. 15 % des Français de plus de 50 ans envisagent ainsi de retravailler pendant leur retraite, selon une étude du cabinet Towers Perrin parue fin septembre. Angoissés par une vie qu'ils jugent vidée de sens, ces hyperactifs profitent de la « quille » pour faire ce qui leur plaît en capitalisant sur leur savoir-faire. « L'équilibre social repose sur une activité. Plus les responsabilités étaient im-portantes, plus la retraite est vécue comme une rupture violente, observe Gilles Effront, le directeur général d'Expertconnect, qui met en relation entreprises et retraités. Ils ne sont plus dans une logique carriériste mais veulent apporter une vraie valeur ajoutée. En clair, un retraité ne retravaille que s'il est motivé ! »

Transmettre son savoir

Ces sexagénaires dynamiques désirent se rendre utiles, transmettre ce qu'ils ont appris. Parmi leurs motivations à ne pas lâcher la bride, le mot « gâchis » revient souvent. L'argent, bien sûr, n'est pas totalement étranger. Avec des pensions équivalentes à 60 % du dernier salaire, en moyenne, la reprise d'une activité permet de boucler un budget parfois serré. Surtout quand il faut financer les études du petit dernier ou aider ses enfants à s'installer.

Dopée par les pénuries de cadres dans certains secteurs, cette main-d'oeuvre séduit les entreprises. Le départ des baby-boomers crée un déficit de compétences pointues, rarement apprises à l'école et donc difficiles à dénicher sur le marché via les modes de recrutement classique (CDD, intérim cadre, management de transition...). Qui plus est pour des missions de courte durée, souvent à l'international. A la différence du quinqua, le retraité, lui, ne recherche pas un poste fixe. Flexible, ultraqualifié, il a tout pour plaire. Au Japon, Mitsubishi et d'autres font fréquemment appel à leurs anciens salariés pour du transfert de savoir-faire. Aux Etats-Unis, le placement des retraités est devenu un business et les petites annonces réservées aux tempes grises se multiplient.

aucune menace pour les équipes en place

En France, l'industrie se laisse séduire. 80 % des clients recourant aux retraités d'Ad'missions, une société de portage salarial, travaillent dans l'automobile, la chimie ou encore la métallurgie. Sylvain Prioult, le président de Goodrich France, un équipementier aéronautique, a recruté plusieurs jours par mois un ancien directeur qualité d'Airbus de 62 ans pour mettre aux normes les installations. « Le recours à un retraité est très efficace, estime le dirigeant. Cela passe bien en interne car il ne menace pas les équipes en place. Pour un coût modique (40 000 euros sur un an) par rapport au salaire d'un directeur qualité ! »

Le retraité qui reste salarié est tributaire des règles - restrictives - du cumul emploi-retraite (lire encadré page 56). La plus contraignante ? Les nouveaux revenus additionnés à la pension de retraite ne doivent pas dépasser le montant du dernier salaire. Soit pas plus d'une dizaine de jours travaillés par mois, en moyenne. « Certains ont un différentiel de 1 000 euros, d'autres de 5 000. Le système favorise les rémunérations élevées, alors que ce sont les bas salaires qui auraient besoin de combler leur retraite », regrette Catherine Herrault, la responsable du développement d'Afteris, une société d'intérim pour les retraités créée voilà deux ans. Résultat, les cadres enchaînent les missions quand les ouvriers préfèrent rester chez eux pour éviter de perdre leur pension. La loi de financement de la sécurité sociale de 2007 prévoyait d'exclure du calcul les revenus tirés des missions de tutorat effectuées en entreprise. Mais le décret n'a jamais été publié... C'est tout le paradoxe des politiques gouvernementales successives : inciter les seniors à travailler plus longtemps sans aller au bout de la logique. « Un déplafonnement du cumul permettrait aux retraités de travailler plus facilement et de répondre aux attentes des entreprises », suggère Caroline Young, la présidente du cabinet Expertconnect. Xavier Bertrand, le ministre du Travail, envisage d'assouplir le dispositif dans le cadre du rendez-vous de 2008 sur les retraites. Mais le sujet est sensible. Car comment accroître l'employabilité des retraités sans nuire à celle des quinquas ?

3 à 5% des créateurs ont plus de 65 ans

Autre verrou, le retraité doit patienter six mois avant de retravailler pour son employeur. A moins de passer par une société de portage qui le salarie. Pratique et confortable. A 62 ans, Yves Nevejans, ancien chef de projet chez Trefileurope, n'avait « pas envie de gérer de la paperasse, payer des charges... ». Il a renoncé à se mettre à son compte et multiplie les contrats avec Ad'missions. Moyennant le paiement de frais de gestion assis sur son chiffre d'affaires, il est couvert par l'assurance de la société de portage en cas de pépins. Et cotise aux organismes sociaux comme un salarié.

Impensable pour André Prévost qui tenait à tout prix à se libérer du carcan du cumul emploi-retraite ! « Je voulais travailler à temps plein et je tiens trop à mon indépendance pour accepter de justifier le respect de mon quota d'heures », clame cet ancien de Valeo. Comme lui, certains n'hésitent pas à monter leur entreprise à 60 ans passés. 3 à 5 % des créateurs et repreneurs ont plus de 65 ans, selon l'Agence pour la création d'entre-prise. En fonction du volume d'activité, le retraité peut créer une entreprise individuelle, une EURL ou une SARL. Francis Brugière, fondateur d'Habitat France dans les années 80, ex-directeur général du Printemps et du Cèdre Rouge, a opté pour la première solution, souple et légère. Car jusqu'à 27 000 euros de chiffre d'affaires, pas d'exigences comptables particulières, ni de TVA à payer. Et les sommes tirées de l'activité restent soumises à l'impôt sur le revenu. A 72 ans (!), cet expert en design conseille une société d'exploitation de minerais qui souhaite utiliser ses rebuts pour se diversifier dans le mobilier contemporain. Une mission qui pourrait s'étaler sur deux ans. « Je choisis ce qui m'intéresse et je ne cherche pas à faire du volume », souligne-t-il.

être son propre patron rapporte plus

Plus gourmand, André Prévost, lui, a préféré monter une EURL. Pour 2000 euros par an, il sous-traite ses formalités administratives et comp-tables. « Le prix de ma liberté », dit-il. Comme dans une SARL, il paie l'impôt sur les sociétés. Et il perçoit ses dividendes une fois par an. « Cela peut être un frein pour les habitués du salariat, reconnaît cet ingénieur. La première année est la plus délicate car il faut se créer un fonds de roulement. Ensuite, on peut demander des acomptes. »

Fiscalement, être son propre patron est plus intéressant. Selon les calculs du cabinet Expertconnect, un retraité conserve entre 47 % et 55 % de sa rémunération en créant son entreprise. Avec le cumul emploi-retraite, il touche seulement 35 %. De quoi faire réfléchir.

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