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Se faire financer une formation quand on est chômeur

 | par Lucile Chevalier

Se faire financer une formation quand on est chômeur
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Chaque année, 4 milliards d’euros sont dédiés à la formation des chômeurs. Et les dispositifs et financeurs sont nombreux. Peut-être trop d’ailleurs… Longueur des démarches, complexité du système, illisibilité des critères, les chômeurs doivent souvent affronter un parcours du combattant pour obtenir le financement d’une formation. Emploi-Pro les conseille.  

En ce premier lundi d’octobre, l’agence Pôle emploi de la rue Stendhal du 20e arrondissement de Paris est bondée. Deux hôtesses d’accueil gèrent le flot d’une quarantaine de chômeurs. Patience. Mon interview, quant à elle, a mis plus de 10 jours avant d’aboutir. « J’ai été étonnée par la formulation de votre demande, confie Sandrine Dumont, coordinatrice formation au sein de l’agence au tout début de l’interview. Expliquer dans un article comment obtenir des financements revient à sous-entendre qu’il est rare et compliqué de les obtenir. Alors que c’est tout le contraire. Il existe énormément de formations financées pour les demandeurs d’emploi. »
Ainsi, Pôle emploi Île-de-France a acheté 30 000 places de formation l’an dernier et a pour objectif d’en acheter 100 000 cette année. De son côté, le conseil régional, premier financeur, est aussi très actif. « Le programme Compétences destiné aux demandeurs d’emploi permet de former chaque année 50 000 personnes », annonce le service de communication. Enfin, dans une étude publiée cet été, la Dares a comptabilisé en 2012 « 688 000 entrées en formation de personnes en recherche d’emploi (9,5% des demandeurs d’emploi), soit une hausse de 6 % du nombre de stages effectués par rapport à 2011. »

La faute au coût
Au-delà de ces chiffres, dans la pratique, le tableau est nettement moins angélique. Selon une enquête de l’Insee publiée en 2013 – « Les défis des demandeurs d’emploi face à la formation » de Johanne Aude et Patrick Pommier –, « 55% des personnes se déclarant au chômage et qui auraient souhaité suivre une formation au cours des 12 mois écoulés, n’ont pas vu leur projet aboutir ». La faute au coût (42%) et au manque de soutien du service public de l’emploi – Pôle emploi, mission locale, Afpa, etc. – (37%). « C’est un vrai parcours du combattant, confirme Bertrand Martinot, économiste, ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle et auteur de Chômage : inverser la courbe, publié aux éditions Mantoba/Les Belles lettres. Car, d’une part, la multitude d’acteurs et de financeurs brouillent le système et, d’autre part, les critères d’éligibilité restent peu lisibles pour le chômeur. » Tâchons donc de démêler tout cela.
Le début du parcours commence à Pôle emploi, dans un bureau face à un conseiller. Mission du chômeur : le convaincre de la « cohérence, de la faisabilité d’un projet de formation porteur d’emploi », insiste-t-on chez Pôle emploi. Le conseiller est « le principal interlocuteur, c’est lui qui oriente vers les dispositifs et financements », pose Mathilde Bourdat, manager offre de formation chez Cegos, l’un des plus gros formateurs français. Il est donc impératif de se concilier le consultant en parlant le même langage, en ayant les mêmes références que lui. « Son objectif est de favoriser un retour rapide et pérenne du chômeur sur le marché de l’emploi, explique Isabelle Dubose, directrice de la relation stagiaire à l’Afpa. Un chômeur exposant clairement son projet professionnel et démontrant que la formation souhaitée est absolument nécessaire pour le réaliser et pour garantir son retour à l’emploi, verra son dossier de financement accepté et les choses iront même assez vite. » Pour donner plus de force à son plaidoyer, il peut être utile d’amener des offres d’emploi, des statistiques d’insertion de la formation visée, voire de dérouler des pistes de financement.

« Des besoins de qualification identifiés sur le marché du travail »
La première action du conseiller est alors de vérifier si la formation demandée est déjà financée. Les conseils régionaux achètent, en prévision des besoins présents et futurs sur le bassin de l’emploi régional, des places de formation. Par exemple, en Picardie, où le nombre de diplômés en formation initiale en secrétariat sature déjà le marché, aucune place ne sera achetée pour ce type de formation. Il existe ensuite d’autres critères propres à chaque conseil régional. Par exemple, certaines régions refusent de financer la formation des chômeurs n’appartenant pas à leur région. « En Picardie, jusqu’à il y a un an et demi, on ne finançait souvent que des formations pour les personnes n’ayant pas de diplôme », a-t-on observé à l’Afpa. Bref, l’important est que toutes ces formations financées soient recensées dans le document Défi métiers afin que le conseiller Pôle emploi puisse le consulter. Le demandeur d’emploi a aussi accès au document par Internet. Cela lui permet donc déjà de préparer une piste de financement. Ce dossier reprend aussi les places de formation achetées par Pôle emploi, et destinées à « répondre à des besoins de qualification identifiés sur le marché du travail. Avec 69 000 entrées en 2012, elles constituent la majorité des formations financées par le Pôle emploi », souligne la Dares.
S’il n’existe aucun financement collectif, alors le conseiller se penche sur les financements individuels. C’est plus long. Il faut le convaincre de débloquer des fonds soit au sein de Pôle emploi (l’allocation individuelle de formation), soit au sein des Opca (préparation opérationnelle à l’emploi collective, Dif portable). Mais, dans les deux cas, l’avis favorable de Pôle emploi est indispensable. « Nous recevons entre 1 et 10 dossiers par semaine, et nous statuons à 3, explique Sandrine Dumont, coordinatrice formation au sein de l’agence Pôle emploi de Paris 20e. Pour avoir notre accord, la formation doit être qualifiante, nécessaire à un retour à l’emploi, et aussi pas trop chère. Le coût horaire des formations que nous finançons tourne autour des 12 euros l’heure. Certes, nous faisons un effort pour les personnes ayant un bas niveau de qualification, mais nous nous concentrons surtout sur la cohérence du projet. »

Le Cif-CDD
Une affirmation qui fait bondir Marie, ex-cadre en charge des partenariats dans une école et souhaitant se faire financer une préparation à l’examen du Toeic. « Je veux devenir responsable des partenariats internationaux au sein d’une institution culturelle. Les employeurs pour ce type de poste exigent un score au Toeic. Ma conseillère ne voulait pas en entendre parler. “ Quand on a été cadre et qu’on a déjà un Bac +5, on n’a plus besoin de suivre une formation ” m’a-t-elle répondu en substance. Il était donc hors de question pour elle que Pôle emploi ou même les Opca financent mon projet à travers mon Dif », relate-t-elle. Les financeurs ont en effet leurs têtes. Seulement 11% des stagiaires du Pôle emploi ont plus qu’un Bac +2 et 63% ont le Bac ou moins. Le stages « financés par Pôle emploi ou les Opca sont courts (respectivement 2,2 et 2,1 mois) car ils cherchent à répondre à des besoins en main-d’œuvre immédiats », note la Dares. Les régions, elles, financent en majorité des stages pour les moins de 26 ans (53% des stages en 2012, selon la Dares) qui durent en moyenne 5 mois et « 83% de ces formations conduisent à des certifications professionnelles (diplôme, titre professionnel ou certificat de qualification professionnelle). Le processus de validation pour un financement individuel, lui, est presque aussi long. Les conseils régionaux réunissent une commission une fois par mois pour statuer. Les Opca mettent un mois à donner leur réponse. Il y a aussi le traitement du dossier par Pôle emploi. Tous les interlocuteurs interrogés conseillent de s’y prendre au moins 3 mois avant le début de leur formation.
Enfin, le candidat à la formation peut utiliser le Cif-CDD. Inutile alors de passer par Pôle emploi. Il faut s’adresser au Fongecif. 1 200 Cif-CDD ont été financés l’an dernier. « C’est un dispositif très sécurisant, car il prend en charge à la fois les coûts pédagogiques d’une formation qualifiante (reconnue au RNCP), longue (de 30 jours à un an et selon un maximum de 18 000 euros ou de 25 euros l’heure) et la rémunération du stagiaire. Pendant la formation, il cotise au chômage et prolonge ainsi ses droits », explique Sandra Le Goascogne, responsable des partenariats au Fongecif Île-de-France. Quelques conditions sont néanmoins à remplir : avoir été en CDD au cours des 12 derniers mois et avoir travailler 2 ans sur les 5 dernières années. La priorité est donnée à un public peu qualifié, mais comme le dispositif créé en 1991 reste peu connu, 80% des dossiers sont acceptés. Enfin, le 1er janvier prochain, il y aura le CPF (Compte personnel de formation). Si le chômeur dispose du nombre d’heures suffisant sur son compte, il n’a nul besoin de l’autorisation de Pôle emploi.
 

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