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Souffrance au travail La fin d'un tabou

 | par Par emmanuelle souffi

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Syndicats, patronat et gouvernement planchent, ce 4 octobre, sur l'amélioration des conditions de travail. Au coeur de leurs travaux : les risques psychosociaux. Des troubles mis en évidence par les récents suicides dans l'industrie, mais qui restent difficile à appréhender pour les entreprises

Un véritable « Grenelle de la santé au travail »... C'est un débat hautement sensible que le gouvernement ouvrait, ce jeudi 4 octobre, avec les partenaires sociaux. Présidée par Gérard Larcher, l'ancien ministre délégué du Travail, cette conférence nationale intervient une semaine après l'émoi suscité par un quatrième suicide chez Renault, et plusieurs mois après ceux chez Areva, PSA, Sanofi ou EdF. « Il faut déterminer s'il existe des secteurs plus ou moins concernés par les suicides, voir ce qui a été fait pour prévenir, confie Xavier Bertrand, le ministre du Travail, à "L'Usine Nouvelle". L'amélioration des conditions de travail est indispensable pour renforcer la relation des Français au travail. » Guide de bonnes pratiques, indicateurs pertinents..., la conférence devrait déboucher sur des mesures concrètes.

Car les risques psychosociaux restent mal appréhendés. Derrière cette expression barbare, on rassemble le stress, le harcèlement, la violence, la souffrance au travail... Tous les troubles qui fragilisent la santé mentale. Ils apparaissent quand l'organisation impose une forte charge (pression, tâches complexes) sans accorder des moyens et des marges de manoeuvre suffisants aux salariés pour répondre aux exigences. « Si on les niait, on passerait au travers de risques émergents », prévient Xavier Bertrand.

Un sujet délicat

Stress, dépression, infarctus... Les maux sont nombreux. 20 % des arrêts de travail de deux à quatre mois résultent de troubles mentaux du comportement, d'après une étude de l'assurance-maladie de 2004. Selon des résultats recueillis par l'Institut national de veille sanitaire auprès de 3 000 salariés, 24 % des hommes et 37 % des femmes reconnaissent souffrir d'un mal-être psychique. 8 % consomment des psychotropes. 13,5 % des femmes et 10 % des hommes avouent avoir subi des intimidations, menaces ou humiliations. Un malaise tel que certains poussent la porte d'une consultation spécialisée (lire reportage page 57). Certes, le lien avec la vie professionnelle est délicat à établir. Ce qui explique en partie l'absence des troubles dépressifs dans les tableaux de maladies professionnelles. En pratique, il est possible d'entamer un recours devant les commissions régionales de reconnaissance des maladies professionnelles. Mais seuls 26 dossiers sur 72 ont été validés en 2005.

Or ces désordres seraient certainement mieux pris en compte par les entreprises s'ils étaient davantage reconnus par les autorités publiques. Car pour l'heure, « peu de sociétés ont évalué ces risques et élaboré des plans de prévention », regrette Dominique Chouanière, responsable du projet stress à l'Institut natio- nal de recherche et de sécurité. L'employeur a pourtant une obligation légale de prévention des atteintes à la santé mentale. Et en cas de non-respect, il peut même être condamné par les tribunaux pour faute inexcusable.

peu de remise en cause des organisations

Cette pression juridique et les débats suscités par les récents suicides commencent à réveiller les consciences. Depuis quelques mois, les caisses régionales d'assurance-maladie sont de plus en plus sollicitées sur le stress. Désorientées, les entreprises peinent à répondre à des phénomènes qui les dépassent. « C'est quelque chose qu'on découvre au jour le jour. Nous ne sommes pas des psy ! », reconnaît Patrick de Coatpont, le directeur des Fromagers de Thiérache. Des entreprises lèvent cependant le tabou et esquissent des solutions. Elle mettent en place un numéro vert d'écoute psychologique (PSA, EdF), proposent des stages de gestion individuelle du stress (Michelin) ou créent un observatoire du stress (Renault). Mais peu s'attaquent à l'organisation du travail, qui est pourtant au coeur du problème.

Valoriser les efforts individuels, développer l'autonomie, informer... Ces petits riens font souvent beaucoup. « Il faut offrir aux salariés de la visibilité sur la stratégie dans les bons comme dans les mauvais moments, pense Christophe Lautray, le directeur général de Fenwick-Linde, féliciter et récompenser ceux qui se sont impliqués. » Des remèdes qu'applique Steelcase pour lutter contre le stress dans ses ateliers alsaciens. Revaloriser le travail passe aussi par une confiance et un sens retrouvés dans sa vie professionnelle. .

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