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Trop peu d’informaticiennes : « on peut changer la donne »

 | par Marjorie Corcier

Trop peu d’informaticiennes : « on peut changer la donne »
"Quand un métier se valorise, il se masculinise". Htel Vatel - Isabelle Collet, maitre d'enseignement et de recherche la facult de psychologie et des sciences de l'ducation de l'Universit de Genve. Sabine Papilloud/Le Nouvelliste
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Ada Lovelace, Grace Hopper, Margaret Hamilton. Les grands noms qui ont marqué les débuts de l’informatique étaient féminins. Les premiers programmeurs qui ont fait de l’informatique et de l’ordinateur ce qu’ils sont devenus aujourd’hui étaient en fait…des programmeuses. Mais alors, que s’est-il passé pour qu’au fil des décennies, la discipline soit devenue une affaire d’hommes ?

Comment expliquer que le nombre d’étudiantes en informatique en France ait baissé de moitié en 30 ans ? Enseignante-chercheuse sur les questions de « Genre et éducation » à l’université de Genève (Suisse), auteur d’un doctorat sur la « masculinisation des études d’informatique » en 2005, Isabelle Collet travaille depuis plus de 15 ans sur le sujet. Elle décrypte le phénomène.

On parle d’un exode des femmes des métiers de l’informatique, quelle est la situation ?

Isabelle Collet. « Dans les années 1980, certaines écoles d’ingénieurs affichaient 30, 40 parfois 50% d’étudiantes dans les filières informatique. Vingt-cinq ans plus tard, quand j’ai fait ma thèse, ce chiffre a été diminué de moitié. Aujourd’hui, les femmes représentent  10 à 15% des étudiants en informatique alors que le secteur souffre d’une vraie pénurie de main d’œuvre.

Votre thèse décrypte la « masculinisation des études d’informatique ». On découvre qu’à l’origine la discipline était très féminisée.

Oui. Les premiers ordinateurs datent des années 1940-1945. Dans les années 1950, il y a des informaticiens, des programmeurs. Le code n’a pas beaucoup de valeur, il n’y a pas de diplôme. On trouve des femmes autodidactes, mathématiciennes qui devenaient programmeuses. Dans les années 1960, l’ingénieur en génie logiciel, le software engineer, apparaît. Il y a notamment Margaret Hamilton qui a programmé la navette Apollo 11 pour la Nasa.

A quel moment les hommes ont-ils pris le dessus ?

En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, vers les années 1960-1970, les hommes se sont formés et cette professionnalisation des métiers de la programmation a évincé les femmes. En France, c’est différent, il y a eu un pic dans les années 1970-1980. Puis le micro-ordinateur est arrivé dans les années 1980, les garçons sont équipés les premiers et on voit arriver l’image du « geek ». Les garçons sont familiarisés avec cet outil sur lequel ils bidouillent des jeux et des programmes. Les filles vont être exclues. En parallèle, le prestige du métier d’informaticien augmente : et quand un métier se valorise, il se masculinise. Du côté des école d’ingénieurs, on ne voyait pas l’intérêt d’attirer des femmes : on leur envoie tout un tas de signaux pour leur signifier que ce n’est pas pour elles.

Ces signaux existent toujours ?

Une école très connue dans le milieu s’est récemment fait épingler pour des faits de harcèlements contre les femmes. Le mouvement « Me Too » a aussi joué pour une prise de conscience dans les écoles et les entreprises. On s’est dit : on est discriminants, que peut-on faire ? Dans une entreprise, on a beau affirmer : tout se passe bien, dès lors qu’on n’a que deux femmes sur un effectif de 80, c’est nécessairement compliqué ! Il faut une équipe du personnel forte et déterminée, qui sanctionne les propos sexistes et qui crée des alertes si tel manager ne promeut pas de femme. C’est pareil pour les écoles, le but, c’est que les gens s’orientent selon leur choix, libre et ouvert. Si le jeu est fair-play, il n’y a aucune raison qu’on ait 90% d’hommes et 10% de femmes.

Faut-il instaurer des quotas ?

Mettre en place des quotas change les choses instantanément, même si ce n’est pas ma mesure préférée. Pour augmenter le vivier d’étudiantes, il faut aussi mettre en place l’apprentissage obligatoire du code au collège et en seconde pour que tous les élèves testent l’informatique.

Croyez-vous qu’on puisse changer les choses ?

Pour la première fois, dans les trois plus gros master (Miage : méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises), la part des femmes a fait un bond à 30/40% de l’effectif ! Depuis deux ans, il y a eu beaucoup d’incitations à la mixité, avec des actions de communication : « LDigital », « Girls’ Day »… On peut changer la donne et si l’effort se poursuit on pourra voir une vraie transformation. »

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