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Une dose de discrimination positive pour doper l'emploi sénior ?

 | par Nathalie Perrier

Une dose de discrimination positive pour doper l'emploi sénior ?
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L’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) a placé la rentrée sociale 2019/2020 sous le signe de l’emploi des seniors. Pour défendre l’emploi des plus âgés, l'ANDRH prône différentes mesures, et notamment la mise en place d’un Index séniors sur le modèle de l’Index Egalité Professionnelle.

C’est un cri d’alarme. Lors de la conférence de rentrée des DRH en septembre, dans les locaux de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), à Paris, Benoît Serre, le vice-président national délégué n’avait pas mâché ses mots, qualifiant la politique des séniors en entreprise de « fabrique d’exclus ». « Si vous avez 56 ans en France aujourd’hui, bonne chance ! En cas de chômage, c’est le drame », avait-il lancé.

 

Les chiffres ne sont pas rassurants. D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le taux d’emploi des 55-64 ans est de 52,8 % en France, contre 72,2 % en Allemagne et 65,9 % au Royaume-Uni. « La France a quasiment 10 points d’écart avec la plupart des pays européens », constate l’ANDRH.

 

Les DRH demandent aux entreprises d'agir

 

Le sujet n’est pas nouveau et a déjà fait l’objet de législations depuis la loi de 2005 sur la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC). Mais les réformes en cours sur les retraites et l’assurance chômage inquiètent. En novembre, l’ANDRH a été auditionnée dans le cadre de la mission sur l'emploi des seniors confiée par le Premier ministre à Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration de SODEXO, Jean-Manuel Soussan, directeur des ressources humaines du groupe Bouygues Construction et Olivier Mériaux, ancien directeur général adjoint de l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT).

 

Selon l’enquête flash de l’ANDRH menée cet automne, à ce jour, seules 45% des entreprises mettent en place des pratiques pour maintenir l’emploi des seniors. Insuffisant aux yeux de l’ANDRH qui appelle les entreprises à prendre des mesures. Face à la diversité des parcours de carrière, aux inégalités face à l’avancée de l’âge, aux différentes attentes des salariés, les RH estiment qu’un arrêt progressif de l’activité, anticipé plusieurs années en amont, est « une des réponses les plus efficaces à l’enjeu central du maintien en emploi des seniors ».

 

Attention à la santé des séniors

 

Le dispositif de retraite progressive gagnerait, selon eux, à être assoupli en ouvrant cette opportunité aux cadres au forfait jour ou en abaissant la limite des 150 trimestres de cotisation. Les DRH prônent de même le rachat de trimestre grâce au Compte Epargne Temps ou par l’entreprise, les exonérations de cotisations retraite et chômage pour les salariés retraités, un CPF redistribuable contre contrepartie, un temps partiel avec maintien de salaire pris en charge par l’Etat…

 

Attentifs à la santé des séniors, les membres de l’ANDRH mettent en avant des pratiques vertueuses comme la prise en charge de sur-complémentaire santé ou des bilans de santé annuels gratuits. Les DRH proposent aussi d’anticiper les fins de carrière des métiers difficiles (une usure physique ou psychologique importante) en proposant un bilan de compétences dès 45 ans avec accès à la formation facilitée et des passerelles pour une reconversion en cours de carrière.

 

Un Index séniors ?

 

Enfin, pour encourager l’évolution des pratiques au sein des entreprises, l’ANDRH propose de mettre en place un Index séniors, calqué sur le modèle de l’index égalité professionnelle. Mis en place par le gouvernement, ce dernier évalue, sous la forme d’une note sur 100, les inégalités entre femmes et hommes dans les entreprises : 40 points sont attribués aux sociétés ramenant l’écart entre la rémunération des femmes et celle des hommes à zéro, 20 à celles qui accordent les mêmes augmentations aux femmes qu’aux hommes, 15 points aux entreprises qui promeuvent autant de femmes que d’hommes, et 15 à celles qui accordent une augmentation aux femmes revenant d’un congé maternité. Pour obtenir les 10 derniers points, une entreprise devra compter au moins quatre femmes parmi ses dix plus hauts salaires. En dessous d’un total de 70 points, la loi prévoit de sanctionner les entreprises.

 

« L’index nous contraint à adopter des actions, à travailler sur des plans de succession mixtes, sur la formation pour lutter contre les stéréotypes liés au sexe, sur la mise en visibilité de potentiels féminins pour créer des rôles modèles. Un index sur les seniors pourrait avoir un impact positif », estime l’ANDRH. De quoi changer, enfin, le regard sur les seniors ?

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