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Une pénurie de main d’œuvre dans l’informatique ? « Non », précise Pôle emploi

Une pénurie de main d’œuvre dans l’informatique ? « Non », précise Pôle emploi
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Formez-vous dans le secteur de l’IT, on y manque de bras. Pôle emploi remet en doute, dans une étude, cet eldorado. Il n’y a moins une pénurie de main d’œuvre, dans le secteur, qu’une mauvaise gestion de l’emploi. D’où la sensibilité du secteur aux variations conjoncturelles.

Le secteur de l’informatique souffre-t-il d’une pénurie de main d’œuvre ? De nombreux professionnels en font l’amer constat à chaque période de reprise. Mais l’agence Pôle emploi, dans une étude, en doute fortement. Le secteur souffre moins de ce mal que d’une mauvaise gestion de l’emploi qui le rend particulièrement sensibles aux effets de conjoncture. Et voici les recruteurs, et particulièrement les SSII, rhabillés pour l’hiver.

La crise de 2009 en est un flagrant exemple. Quand la récession pointa son nez, alors on coupa les robinets. Les effectifs ont été fortement réduits. Le recueil d’offres, collecté par Pôle emploi, dans le domaine de l’informatique et des télécommunications a alors chuté de 37 %, soit le double de la moyenne. « Dans la mesure où il s’agit d’investissements souvent lourds, nombre de projets informatiques sont abandonnés ou reportés lorsque la conjoncture se dégrade » explique l’étude de Pôle emploi. Et quand la reprise revient, le secteur fort dépourvu peine à réagir rapidement. En 2010, ainsi, la branche informatique a, certes, profité de la reprise, + 15 % des offres d’emplois contre + 11 % en moyenne. Mais ce n’est pas assez, l’amorce laisse subsister un déficit de 27 % par rapport au niveau atteint en 2008.

 

Une logique de satisfaction des besoins immédiats

Bref, tout cela n’est pas le problème d’un marché de l’emploi tendu, mais c’est la faute d’une gestion des effectifs plus cigale que fourmis. En clair, les besoins ne sont pas anticipés. On est sur le court-terme.

Les entreprises font très souvent appel à des sociétés de services détachés pour pourvoir leurs propres postes en informatique. La main-d’œuvre est plus flexible, et l’on est dans une logique de satisfaction de besoins immédiats. Elles investissent moins dans une gestion des compétences à moyen et long terme. Or, « comme en témoignent les données disponibles sur une longue période, ce mode de gestion de la main-d’œuvre implique en retour des difficultés à trouver des candidats lorsque ces besoins s’accroissent » analyse Pôle emploi.

 

Turn-over important dans les SSII

Les SSII, ces sociétés prestataires de services, en concurrence entre elles et soumises aux exigences des donneurs d’ordre, ont une gestion à leur tour « happée par le court-terme ». Pour réduire les coûts, il faut réduire les marges. On embauche pour répondre à un besoin formulé par le client. A cela s’ajoute pour ces sociétés, un turn-over très important en leur sein. 77 % des jeunes diplômés en informatique commencent leur vie professionnelle dans une SSII. Mais c’est juste pour se mettre le pied à l’étrier. La faible attractivité des emplois les pousse à rapidement prendre le large. Seulement 1 % de l’effectif des SSII quitte l’entreprise pour cause de départ à la retraite (contre 10,4 % en moyenne). Du coup, à brève échéance, il faut encore repartir à la chasse aux informaticiens. Les SSII se plaignent régulièrement donc du manque de main-d’œuvre, mais en réalité, elles ont surtout du mal à garder leur personnel et leur gestion en flux tendu les empêche de répondre aux demandes plus importantes lors des reprises.

 

L’informatique off-shore

Il n’y a donc pas de pénurie patente de main-d’œuvre dans le secteur. Et dans les années à venir, le secteur sera-t-il porteur ? « Oui » avaient répondu le Centre d’Analyse et de la Dares anticipant une « nette croissance du nombre des postes à pourvoir à l’horizon 2015 ». « Non » répond Pôle emploi. Ce rapport, estime-t-il, n’a pas suffisamment pris en compte « le développement de la mondialisation et le développement d’une informatique off-shore qui s’est fortement implantée dans le sous-continent indien, et qui se déploie aujourd’hui en Chine ». Pour résumer, le secteur de l’informatique et des télécommunications est moins un eldorado qu’un mirage.

Lucile Chevalier

 

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