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Webmaster : l'homme qui commande aux machines

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Webmaster : l'homme qui commande aux machines
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Indispensable à la bonne marche d'un site d'e-commerce, le responsable technique n'est plus le touche-à-tout bidouilleur informatique des débuts du Net. Son métier s'est complexifié et segmenté pour répondre à l'explosion des volumes d'affaires.


Plus personne n'a le titre de webmaster sur sa carte de visite. Non pas que les sites d'e-commerce se passent d'un responsable technique. Au contraire, la profession est florissante. Mais le titre est tombé en désuétude, une douzaine d'années après son apparition ! «Je ne l'ai jamais eu en dix ans de carrière dans l'internet », confirme Frédéric Chauvat, le Monsieur informatique de Cdiscount, qui se présente comme «directeur organisation et systèmes d'information». Même constat pour Cédric Vuillet, bombardé «ingénieur études et développement» chez Spartoo,un site spécialisé dans la vente de chaussures, et pour Michel Courtade, intitulé plus modestement « responsable informatique » de Wine and Co, l'un des spécialistes de la vente de vin sur le Net.

L'évolution de la titulature en dit long sur celle de la fonction. Réservée il y a une décennie aux bidouilleurs doués en informatique, elle se normalise. «La spécificité du Web se dilue dans l'organisation informatique des entreprises», analyse Frédéric Chauvat qui a vu le métier changer de l'intérieur, depuis sept années qu'il est chez Cdiscount.
 
150 millions de commandes


La jeune corporation des directeurs techniques constate aussi que, en quelques années, la profession a pris une nouvelle dimension. Elle a suivi l'évolution du volume d'affaires des e-marchands.

Il y a dix ans, les responsables des boutiques du Web comptaient leurs commandes quotidiennes sur les doigts des deux mains. En 2007, l'e-commerce totalisera plus de 16 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France et 150 millions de commandes ! L'homme-orchestre des débuts est obligé de déléguer. « Chez les gros cybermarchands, les tâches qui incombaient au webmaster sont aujourd'hui réparties entre plusieurs personnes», confirme Cédric Vuillet. On rencontre couramment, chez les marchands d'une certaine taille, un graphiste pour définir l'esthétique des pages, des développeurs qui connaissent le langage informatique pour programmer de nouvelles fonctionnalités, et des spécialistes pour la maintenance de la machinerie.

Cela fait vite du monde. «J'ai 60 personnes en permanence dans mon équipe», explique Frédéric Chauvat. Et encore. Certaines fonctions sont sorties du périmètre du responsable technique et de son service. Grâce à des logiciels simples à utiliser, le marketing et les achats interviennent directement sur le contenu des pages (produits, prix, fournisseurs...) alors qu'ils ne connaissent rien au langage informatique. «Je crée les pages du site, mais ce sont nos services marketing et achats qui y renseignent les données. Il y a quelques années, un webmaster aurait fabriqué les pages et les aurait alimentées, car seul un informaticien pouvait le faire», explique Michel Courtade, le jeune responsable informatique (27 ans) de Wine and Co. La maintenance des gros serveurs est, elle aussi, souvent externalisée chez des prestataires spécialisés.

Disparus des sites les plus puissants, les webmasters ne se sont pas réfugiés chez les petits e-marchands. Leur chiffre d'affaires ne permet pas l'embauche d'un salarié. « La maintenance et la mise à jour de mon site par la société SMK me coûtent un peu plus de 100€ par mois, cela ne couvrirait jamais le salaire d'un webmaster», constate Philippe Delacroix, fondateur de Lamaingauche.com, qui affiche moins de 40 000€ de chiffre d'affaires par an. Mais La Main gauche peut grandir et avoir besoin d'un responsable technique. Car, sur internet, tout va à vitesse grand V.

Indispensable anticipation

L'anticipation est une qualité essentielle dans ce type de poste. Cédric Vuillet ne démentira pas. Le site dont il est le responsable technique est tombé en rideau entre minuit et midi le 27 juin dernier, jour des soldes, devant l'afflux massif d'internautes. Les serveurs informatiques n'ont pas tenu le choc, plus personne ne pouvait accéder au site. C'est évidemment le cas de figure le plus grave. Car, comme le rappelle Boris Saragaglia, l'un des fondateurs de Spartoo, « le site indisponible pendant quinze minutes un jour de soldes, c'est 3 000€ de chiffre d'affaires en moins ». Le responsable technique se transforme alors en urgentiste.

Chez Spartoo, il a fallu soulager à la hâte la mémoire des serveurs pour les relancer. L'incident surmonté, Cédric Vuillet a optimisé les réglages des serveurs pour leur conférer plus de capacité et en a même augmenté le nombre et la puissance. Toutes ces actions doivent se faire en temps réel. Pas question de fermer l'accès au site le temps des travaux. Sur la Toile, les boutiques sont ouvertes 24 heures sur 24, 365 jours par an ! Et encore, les clients ne sont pas toujours les plus pressants. Les autres services (achats, marketing, comptabilité, logistique...) demandent au responsable technique de leur développer de nouvelles fonctions. Mais très peu ont une idée du temps que cela demande. «C'est vrai qu'il suffit de trois minutes pour mettre un produit en avant sur le site, mais cette fonctionnalité a parfois demandé un mois de développement informatique en amont », explique Frédéric Chauvat. Le plus difficile, pour le responsable technique, c'est encore de faire de la pédagogie autour de son métier.

Olivier Bitoun


«Mes journées se partagent entre le réglage des paramètres techniques du site, la résolution de bogues et la programmation informatique pour créer des fonctionnalités. Quand j'ai fini ma journée, mon travail ne s'arrête pas, car Spartoo est un magasin ouvert 24 heures sur 24. Il m'arrive d'intervenir à distance, même le week-end. »
Cédric Vuillet, 28 ans, ingénieur études et développements chez le vendeur de chaussures en ligne Spartoo.com à Échirolles (Isère)

Son CV
1999 Obtention d'un Deug de maths (Mias) à l'université Joseph-Fourrier de Grenoble (38).
2002 Diplômé de l'école d'ingénieurs Imérir ( Perpignan, 66).
2003 Première expérience professionnelle comme développeur informatique spécialisé réseau.
2004 Emploi en développement informatique et gestion de sites internet dans une web-agency.
Avril 2006 Embauché chez Spartoo.com en tant qu'ingénieur études et développements. Il encadre un stagiaire.
Juin 2006 Il encadre deux personnes depuis l'arrivée d'un graphiste.

L'essentiel de la fonction

La formation
> Une forte majorité d'ingénieurs niveau bac + 4 ou + 5, sortis d'écoles ou titulaires d'un diplôme universitaire équivalent (Miage).
> De moins en moins d'autodidactes, bidouilleurs de génie sur internet.

Les qualités requises
> Le sens des priorités pour faire le tri parmi les demandes de création de fonctionnalités formulées par les services de l'entreprise.
> De la rigueur pour ne pas oublier de connecter une nouvelle application du site à tout le back-office (stocks, comptabilité, achats...).
> De l'anticipation pour faire évoluer l'architecture informatique en fonction des besoins et du développement souvent accéléré du site.

Les missions
> Développer en langage informatique de nouvelles fonctionnalités pour le site.
> Surveiller les performances (temps de chargement des pages, mémoire disponible...) et l'ergonomie du site. Veiller à son intégrité (lutte contre les virus).
> Résoudre les éventuels bogues.
> Faire de la veille technique.

La rémunération
De 25 000 à 50 000€ brut par an dans les sites où le webmaster encadre quelques personnes.
De 80 000 à 120 000€ dans ceux où son équipe compte plusieurs dizaines de personnes.

Les évolutions possibles
> Chef de projets, puis cadre de direction.
> Consultant en organisation.
> Créateur d'un site internet, marchand ou non.

  Cet article est paru dans notre édition magazine du 20 septembre 2007 n°2012. Un numéro que vous pouvez commander en ligne.  
 

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