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Zizanie autour du bac pro en trois ans

 | par Par Arnaud Dumas

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Pour augmenter le nombre de diplômés, le gouvernement veut faire passer le bac professionnel en trois ans au lieu de quatre. Une bonne nouvelle pour les entreprises, qui recrutent de plus en plus à ce niveau. Mais lycéens et enseignants font de la résistance.

Malgré ses efforts acharnés, Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale, a bien du mal à calmer la grogne des lycéens. La suppression de 11 200 postes dans l'enseignement secondaire ne passe pas. Descendus dans la rue plusieurs fois au cours des mois de mars et avril, les lycéens prévoient déjà une nouvelle journée de mobilisation le 15 mai.

Au premier rang des cortèges, la filière professionnelle. En cause ? La réforme visant à faire passer le baccalauréat professionnel en trois ans après la troisième, dès 2009, contre quatre ans aujourd'hui. Un moyen, selon le gouvernement, de donner un coup de pouce au bac pro. Le ministère dénombre en effet 50 000 diplômés de niveau CAP et BEP en trop, sans réels débouchés. En leur permettant d'obtenir un bac en seulement un an après leur premier diplôme, il espère inciter ces jeunes, souvent rebutés par des cursus trop longs, à poursuivre leurs études. Dès la rentrée prochaine, l'expérience initiée en 2001 avec 10 000 lycéens, sera ainsi étendue à 40 000 élèves. En corollaire, et bien que le gouvernement s'en défende, réduire le cursus d'un an devrait permettre de réaliser des économies.

Enfin, la réforme correspond aux besoins de recrutement des entreprises. « On constate un glissement du CAP-BEP vers le bac pro, qui est devenu le diplôme de référence pour les grandes entreprises », souligne Alberto Lopez, le responsable du dé-partement des « entrées dans la vie active » du Centre d'étude et de recherche sur les qualifications (Céreq). Preuve que le bac pro a la cote, les enquêtes du Céreq montrent que l'insertion des CAP et BEP devient plus difficile. Pour la génération sortie de l'école en 2004, le taux de chômage atteint 17 % trois ans après l'obtention de ces diplômes, contre 13 % pour la génération 1998. « Le niveau requis pour les techniciens est aujourd'hui le bac professionnel », assène Sylvain Augère, animateur des réseaux de formation de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). « C'est logique, explique Jean-Claude Ri-chard, le directeur de l'usine d'Evo-luprint, spécialisée dans l'imprimerie industrielle, près de Toulouse. Quels que soient les métiers, on utilise de plus en plus d'informatique et le niveau CAP ou BEP n'est pas suffisant pour ces profils qualifiés. »

D'ailleurs, l'UIMM a été la première à tenter l'expérience du bac pro en trois ans, en 2001, via son réseau des centres de formation des apprentis de l'industrie (CFAI). Le syndicat patronal s'est, pour cela, appuyé sur de nouveaux moyens pédagogiques, baptisés îlots de formation technique individualisée, un outil utilisé aussi bien pour la formation continue qu'initiale. « Nous avons réalisé un travail d'individualisation des parcours, explique Sylvain Augère. Cela permet de former des personnes de tous horizons dans une filière donnée. » Et d'adapter la durée de la formation en fonction des connaissances de l'apprenti.

la survie du bep en question

Si l'UIMM est satisfaite de son expérience - la durée plus courte n'a pas dégradé les taux d'obtention du diplôme et d'insertion -, elle reste néanmoins prudente quant à une généralisation du bac pro en trois ans. Pour certains métiers comme le soudage, le maintien de diplômes de niveau inférieur demeure vital. Et, une réduction pure et simple des programmes n'est pas toujours envisageable. Certains bacs pros veulent d'ailleurs déroger à la règle des trois ans. Le CFA des métiers de l'aérien et ses trois bacs de techniciens aérostructure, mécaniciens aéronautique et mécaniciens systèmes de l'avionique, en tête. Et pour cause. Une grande partie de l'apprentissage est consacrée au « savoir être ». « Il y a de fortes contraintes dans l'exercice des métiers sur des plates-formes aéroportuaires, la notion de sécurité y est très importante », explique ainsi Laurent Couppechoux, le responsable des relations entreprises. Réduire la durée du bac le conduirait à revoir son modèle. « Les entreprises se demandent si on pourra faire absorber autant de compétences en moins de temps », s'alarme-t-il.

Une chose est sûre, les syndicats d'enseignants ont réussi à préserver une filière en quatre ans pour les titulaires de CAP qui voudraient poursuivre leurs études jusqu'au bac. Autre concession du ministère aux syndicats, le maintien du BEP. Même si, avec un bac en trois ans (soit seulement un an après le BEP), il risque d'être vidé de sa substance. « Plus il y aura de paliers diplômants, plus les jeunes auront de chances d'avoir un titre qui se monnaie », argumente néanmoins Pascal Vivier, secrétaire national du Snetaa, le principal syndicat des enseignants en lycée professionnel, qui craint une augmentation des sorties sans diplôme. Syndicats et lycéens n'auront cependant plus beaucoup l'occasion de faire valoir leurs arguments. La concertation touche à sa fin. Une dernière rencontre est programmée, le 30 avril, avec Xavier Darcos. Et le protocole d'accord est prévu courant mai. .

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